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IBA fait débat

30 mai 2005, 00:00

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<B>Par Nazim ESOOF</B>

Les paramètres auxquels les radios privées sont appelées à se soumettre sont loin de faire l?unanimité, autant du côté des responsables de ces radios que du côté des politiques. Attendus avec impatience, ces fameuses ?guidelines? se signalent surtout par leur caractère contraignant. Contraignant est un euphémisme. Le terme approprié serait plutôt surréaliste. Les radios privées sont ainsi appelées à informer préalablement l?Independent Broadcasting Authority (IBA) sur le temps d?antenne qu?elles comptent impartir aux différents partis politiques, et cela, sur une base quotidienne. Elles seront également tenues de communiquer à l?IBA, les informations relatives aux publicités politiques payantes, aux éventuels face-à-face et les émissions politiques de manière générale.

L?information politique est devenue, ces jours-ci, une denrée rare. Les politiques sont devenus comme des enfants gâtés qui ont développé une grande susceptibilité. Pourtant, il y a eu une grande attente par rapport aux radios privées. Pour une fois, les Mauriciens se sont dit qu?ils pourront enfin assister à des débats d?idées sur les ondes. Mais ce n?est décidement pas dans la culture de nos hommes politiques et il semblerait que l?IBA ait fait le choix d?un cadre général qui ne favorise pas cette possibilité de débat.

Dans sa quête obsessionnelle de l?équilibre, l?IBA a étrangement versé dans une position radicale. Si ce souci est légitime et juste, il importe aussi de rappeler que c?est la valeur de l?information qui commande une hiérarchie. La répartition équitable du temps d?antenne peut difficilement être atteint. La censure des politiques et des interventions du public n?est pas non plus une solution. Les émissions préenregistrées offrent certes la possibilité d?un contrôle rigoureux, mais elles n?ont pas la spontanéité du direct. Ce contrôle que l?IBA veut exercer, en fin de compte, va à l?encontre du jeu démocratique que veut favoriser cette autorité.

Il y a certes de bonnes choses dans les ?guidelines? émises par l?IBA. Mais ils font entièrement l?impasse sur le sens de responsabilité des radios privées et du public en général. Il existe, à Maurice, une tradition de neutralité politique qui caractérise les médias privés. Malgré ce qu?en pensent les politiques et sauf pour les hommes qui oublient la règle du professionalisme et qui ont des agendas secrets, l?objectivité est de mise dans le traitement de l?information politique. C?est cette même autorégulation qui aura fini par prédominer au sein des radios privées parce qu?elles savent pertinement que toute velléité partisane allait compromettre leur image auprès de leurs auditeurs.

Les radios privées ont beaucoup à apporter. Elles ont un rôle crucial en tant que relayeuses d?information en cette période électorale. Mais si on ne leur laisse pas l?espace nécessaire pour faire leur travail, c?est là tout le principe démocratique qu?on est en train de nuire.

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