Publicité

Hôteliers et transporteurs se concertent sur l?accès aérien

26 septembre 2003, 20:00

Par

Partager cet article

Facebook X WhatsApp

lexpress.mu | Toute l'actualité de l'île Maurice en temps réel.

Air Mauritius n?est pas au diapason des hôteliers. Ils s?en plaignent depuis toujours. Le transporteur national manque de capacité sur l?Europe à la pointe de la saison touristique. Et ses tarifs restent élevés durant la basse saison hôtelière. Une énième tentative de régler cette apparente discordance sera amorcée au retour, en début de semaine prochaine, du ministre du Tourisme de France, où il assiste à la grand-messe du tourisme français, le Top Résa.

Le ministère du Tourisme a commandé une étude pour voir comment concilier les intérêts des hôteliers avec ceux, plus commerciaux, des transporteurs. Une première ébauche du rapport du consultant a déjà fait l?objet de discussions. Ce document est en voie d?être finalisé. Il sera l?outil de travail du comité tripartite (ministère, hôteliers, Air Mauritius) qui se penchera sur la question en vue de trouver une solution durable.

La fin de l?année, qui est le temps des vacances d?hiver pour les Européens, est la plus importante pour l?hôtellerie. Elle réalise le plus gros de son chiffre d?affaires durant cette période. Or, se plaint-elle, il lui est impossible d?optimiser son potentiel faute de places dans les avions en partance d?Europe. La compagnie nationale, elle, affiche complet.

Dans la pratique, il a été constaté que ce problème ne se pose que pendant une très courte période, généralement entre fin décembre et début janvier. Le plus difficile demeure en fait d'obtenir une réservation pour le retour.

«Les touristes veulent tous rentrer au même moment, autrement dit durant les premières semaines de janvier. La vie économique reprend à cette période. L?école aussi. Et de ne pouvoir confirmer la date de retour les contraint à revoir leur choix de destination», explique un officiel du ministère.

Un avion vide au retour

Les transporteurs aériens ont trouvé une astuce. Depuis quelques années, ils proposent des vols additionnels sur l?Europe pour cette période. Une solution qui ne les enchante cependant pas trop car, le plus souvent, l?avion doit faire le voyage de retour vers Maurice vide.

Les hôteliers sont à leur tour invités au compromis. Le ministère leur suggère d'offrir des packages plus attrayants, c'est-à-dire moins chers, pour la période suivant les fêtes de fin d?année. L'objectif est d?inciter les vacanciers qui le peuvent à différer légèrement leurs vacances. De cette manière, les compagnies aériennes n?auront plus à se plaindre d?avions vides au retour d?Europe.

La disharmonie entre transporteurs et hôteliers est également apparente en basse saison. Le tourisme, à Maurice, a en effet un caractère très saisonnier. L?industrie est très indexée sur les vacances en Europe : avril, août et décembre. Entre ces périodes de pointes, le taux de remplissage des hôtels est généralement bas.

L??Ethnic Travel? en question

Les hôteliers pourraient adapter leurs stratégies de marketing pour améliorer le taux d?occupation en basse saison. Ils pourraient ainsi offrir des packages plus attrayants à une clientèle ciblée dont la décision de voyager ne dépend pas des vacances, comme c'est par exemple le cas des très riches et des retraités.

Mais cette stratégie ne pourrait marcher que si l?accès au pays est également moins coûteux, relèvent les opérateurs. Or, les tarifs d?Air Mauritius restent élevés durant la basse saison hôtelière. Le ministère du Tourisme est d?avis que les deux partenaires devraient arriver à un compromis. Tout le monde y gagnerait, la destination en premier, fait-on remarquer.

L?Ethnic Travel est perçu comme un handicap par les hôteliers. Ce terme s?applique aux Mauriciens, vivant ou travaillant à l?étranger, qui viennent retrouver leurs familles. Ce Ethnic Travel est particulièrement important en décembre et en août. Il explique pourquoi les avions au départ d?Europe sont remplis alors que les hôtels le sont moins.

Le ministère suggère aux hôteliers de changer d?approche envers cette catégorie de voyageurs.

Plutôt que de s?en plaindre, il serait opportun de leur proposer des packages qui les inciteraient à venir passer une partie de leur séjour à l?hôtel. Car ces visiteurs ont un certain pouvoir d?achat, fait-on remarquer.

Il ne fait aucun doute que, pour résoudre ce sempiternel problème d?accès aérien, chaque partenaire devra se résoudre à mettre un peu d?eau dans son vin. Le problème requiert une approche globale et pratique avant tout.

Maurice double la miseà la foire de Deauville

Si le mois d?août indique une reprise avec une croissance de 10 % dans les arrivées, la performance du marché français est sujet d?inquiétude dans l?industrie du tourisme. Gouvernement et opérateurs doublent donc d?efforts à la foire de Deauville, le Top Résa, en espérant confirmer la tendance pour les vacances d?hiver.

Le Top Résa est le plus important rendez-vous des professionnels du tourisme opérant entre jeudi et aujourd?hui, jour de fermeture, elle a affiché le plein d?exposants avec deux nouveaux venus de taille : Tui et Thomas Cook.

Maurice y est représentée par le ministre du Tourisme, Nando Bodha, le directeur de la Mauritius Tourism Promotion Authority (MTPA) Karl Mootoosamy, les principaux groupes hôteliers et Air Mauritius. Il occupait un stand de 60 mètres carrés avec sept écrans plasma et des espaces de travail fonctionnels. Un passage incontournable à la foire.

Pour sa nouvelle stratégie de marketing en France, la MTPA préconise une campagne médiatique à travers la presse écrite et parlée. Le Raid Vittel Amazones, qui se tient à Maurice dans quelque deux semaines, devrait attirer l?attention. La promotion a déjà démarré.

La MTPA mettra en évidence les nouveaux produits du tourisme vert avec pas moins de quatre nouveaux parcs. Un CD rom sur les spas de l?île sera aussi présenté, question de souligner le côté bien-être de la destination. La France est le premier marché émetteur pour Maurice. Cette année, les arrivées françaises ont stagné avant de piquer du nez, suscitant une certaine préoccupation chez décideurs et opérateurs. La situation a même fait l?objet d?une interrogation parlementaire peu avant les vacances d?été.

Raison : la morosité économique et psychologique de la planète et particulièrement de l?Occident. Les Français optent désormais soit pour des destinations moins chères, soit pour des séjours chez parents ou amis. Au moins un Français sur trois a revu ses choix pour cause d?un pouvoir d?achat en baisse. Mais même si le marché est gagné par le phénomène d?achat de dernière heure, le Français a aussi tendance à fractionner ses vacances. C?est-à-dire qu?il voyage autant sinon plus, mais moins longtemps à chaque fois.

La MTPA, toutefois optimiste, prévoit une bonne fin d?année sur le marché français. Selon elle, la balle est maintenant dans le camp des opérateurs. A eux de capitaliser sur la reprise amorcée !

Publicité