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Humeur hivernale
Matins difficiles, nuits capitonnées. Rien du picotement, tout de l?engourdissement. C?est l?hiver. C?est l?évidence. Pratiquement fin juin. Il s?agit donc d?être pratique.
Pas de subir la saison. Mais de s?en accommoder. S?adapter ou mourir. Loi immuable de la Nature. Dehors, il vente, il bruine. Dedans, le c?ur frissonne. Autour, tout fonctionne normalement.
Alors on superpose les couches de laine, on jette un pashmina par-dessus, on enfouit ses oreilles sous un bonnet. Et on aborde autrement ces nuits plus longues.
«Oui, il y a un changement dans les habitudes de la clientèle», note Anand Manraj, Operations manager du Shooters Pub à Port-Louis. «Les gens viennent presque tout de suite après le travail et dînent plus tôt vers 18 h 30-19 heures, alors qu?en été ils ne sont pas pressés; ils commencent à arriver vers 20 heures-20 h 30. Et à 22 heures c?est pratiquement vide.» Petite exception faite en ce moment à cause ou plutôt grâce aux matches d?Euro 2008, diffusées sur grand écran dans le pub, ce qui contribue à la fois à l?ambiance et l?affluence.
Avec son confrère Kesaven Cuniappen, directeur des opérations au restaurant Le capitaine du port, au Caudan Waterfront ? qui lui estime la baisse d?affluence à environ 25 %, à cause «de la brise glaciale qui balaie le front de mer» ? ils ont noté la préférence pour les plats chauds. Les soupes plutôt que les salades. Surtout si elles sont aux fruits de mer ? les bouillons de crabe notamment ? ou encore celle aux asperges. Mieux encore quand elles sont bien relevées.
<B>De la biere au vin</B>
Et pour faire passer tout cela, moins de bière bien fraîche mais hors saison, et moins de boissons gazeuses. À la place, on fait sauter davantage de bouchons en liège et «les clients consomment plus de vin, du rouge plus que du blanc», indiquent nos interlocuteurs. Qui proposent également pas mal de liqueurs pendant ces mois de froidure.
Justement, question gosier, «s?il faut organiser une foire aux vins, c?est mieux de le faire en hiver», explique Ignace Lam, directeur du groupe de supermarchés Way, qui ajoute : «En hiver nous vendons plus de vin rouge, 20 % de plus qu?en été.»
Cela dit, pour bien faire la part des choses, il y a ceux qui trouvent que la fraîcheur ambiante n?a pas d?impact sur leur business. Pascal Hoffman, propriétaire des Enfants terribles à Pointe-aux- Canonniers est de ceux-là. «Si les gens ont envie de sortir, hiver ou pas, ils vont le faire. Je crois que les clubs ont des espaces intérieurs bien conditionnés. Et il suffit de mettre un petit pull. Au contraire, cela fait marcher le business du textile.»
Mais qu?en pensent les gens ? Ceux qui comme nous subissent les cycles climatiques. Vijay Mootoosamy, 32 ans, marié sans enfants et cadre dans une firme privée de la capitale, qui habite la rue Lees à Curepipe raconte comment ses invités ? assidus en été ? se font plus rares en cette saison. «Si en été sur une trentaine de week-ends, je reçois des amis chez moi dix week-ends, là, les soirées conviviales se font plus rares ? quatre ou cinq sur trois mois.» Selon Vijay, les convives sont littéralement plus frileux dès qu?il s?agit de quitter les régions côtières ou Beau- Bassin-Rose-Hill pour les hauts de Curepipe.
André Ah-Pew, 27 ans et commerçant, a constaté que son pub préféré, à Beau-Bassin est déserté en hiver. À tel point que le billard, attraction qu?il a du mal à pratiquer en été, tant les lieux sont pris d?assaut, est à lui tout seul dès que les nuits s?allongent.
Pour sa part, Stéphanie Salomon, 28 ans et free-lance dans le marketing, fêtarde qui, durant les beaux jours ne passe pas un week-end à la maison, s?est offert depuis que le mercure a chuté, des soirées de visionnage. «On s?est passé les DVD des six saisons de Sex & the city, en attendant d?aller voir le film qui est à l?affiche actuellement. On a vraiment tout vu depuis le début.»
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