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Hulk
«?Sa chemise éclate en lambeaux mais cette enflure soudaine s?arrête jusqu?au nombril, la pudeur lui défendant de faire exploser ses blue jeans, au grand chagrin de la gent féminine qui, les yeux rivés sur le poste, attend une manifestation de virilité un peu mieux localisée. Sans succès, hélas ! Car le pantalon de Hulk ne cède à aucune pression.» Yvan Lagesse, dans Comment vivre à l?île Maurice en 25 leçons.
Voilà une observation on ne peut plus pertinente et dont les échos seront probablement parvenus jusqu?aux oreilles de Zack Penn, scénariste de L?Incroyable Hulk. Le temps d?une brève séquence, la clé du mystère du pantalon nous est livrée : prévoyant une future transformation, Bruce Banner / Edward Norton achète son pantalon plusieurs tailles au-dessus, de préférence taille «mémère». C?est tout bête, mais ce sont précisément ces attentions pour les petits détails insignifiants qui sont une des joies de ce film. Là où d?autres auraient pris l?adhésion du public pour argent comptant, les auteurs de ce film, eux, tiennent à tout justifier. Par exemple : de quoi vit Bruce Banner qui s?est enfui au Brésil ? Il travaille dans une usine. Dans quelle langue communique t-il avec ses collègues et les habitants de la favela qu?il habite ? En portugais, évidemment. Un portugais hésitant, avec des fautes de vocabulaire, mais néanmoins la langue que parlent les autochtones avec des sous-titres. Ce qui fait un peu plus vrai que de l?entendre s?exprimer en français (dans la version doublée), les autochtones lui donnant la réplique dans la même langue mais avec un accent comme celui du général Alcazar.
Le fait qu?une histoire comme celle-ci soit invraisemblable ne justifie aucunement les invraisemblances dans la narration. Zack Penn ayant ainsi compris les choses, L?Incroyable Hulk est un film cohérent, au scénario rigoureux et dont les éléments s?emboîtent les uns dans les autres de la manière la plus naturelle qui soit. Ce n?est pas du grand art, mais tout simplement du beau travail qui convient parfaitement à ce deuxième épisode réalisé par le Français Louis Leterrier. Le film se tourne d?avantage vers l?action que vers le drame humain et cette ré-orientation par rapport au premier film ne manquera pas de séduire les inconditionnels de la bande dessinée originale. Cette fois, le héros ne se pose pas de questions shakespeariennes sur ce qu?il est ou sur le sens de sa vie. Il n?en a pas vraiment le temps, vu qu?il est tout occupé à essayer de survivre face à des soldats d?élite équipés d?un matériel de guerre impressionnant et même d?armes futuristes. Il doit aussi faire face à un ennemi à sa mesure : un monstre nommé l?Abomination, résultat de transformations génétiques chez un mercenaire (Tim Roth) qui s?est infligé le fameux traitement afin de devenir plus performant.
Certains ont trouvé que l?apparition de ce monstre dans la bande-annonce gâchait la surprise de la bagarre finale. En fait, on s?y attend plus ou moins, tant ce deuxième film est dans l?esprit de la bande dessinée originale. De plus, bien qu?étant sans grande inspiration, les scènes de poursuites et de combats sont tournées avec assez de savoir-faire pour être spectaculaires et même jouissives par moments. Ceci d?autant plus que les nouveaux interprètes sont convaincants, surtout le couple Edward Norton - Liv Tyler, même si leurs personnages n?ont pas l?ampleur de ceux du premier film. Et, cerise sur le gâteau, les fans apprécieront toutes ces références dont le film est parsemé. Celles-ci portent haut la marque de la maison Marvel Comics, tout en annonçant un prochain épisode prometteur. Devinez qui apparaît dans la toute dernière scène.
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