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Houllier prêt à relever le défi lyonnais

31 mai 2005, 00:00

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Gérard Houllier a connu les extrêmes du monde du football. L'opprobre, quand la France ne se qualifiait pas pour la Coupe du monde 1994, et la gloire, quand Anfield chantait son nom après que Liverpool eut décroché cinq titres en une année.

Après une année sans club, revoilà Houllier, prêt à relever le défi que lui a proposé le président de l'Olympique lyonnais : reprendre le flambeau de Paul Le Guen et emmener les Gones vers la victoire finale en Ligue des champions au stade de France la saison prochaine, qu'il verrait bien se conclure par un cinquième titre national d'affilée.

Son expérience et son poste de consultant à l'UEFA font de Houllier un candidat a priori capable de tenir les rênes de l'OL. Aulas voulait un coach avec une grande expérience européenne, il l'a. Même si le parcours de Houllier n'a pas débuté sur un terrain de football.

Professeur et assistant d'anglais, il a commencé à goûter au football en 1969. Du mythique Kop d'Anfield, il assiste à la victoire 10-0 des Reds contre Dundalk, ce qui laisse des traces.

<B>Une honte au goût bulgare</B>

Sa carrière de joueur est brève. De 1973 à 1976, il joue au Touquet, dont il est également l'entraîneur. Il parcourt ensuite quelques kilomètres pour rejoindre Noeux-les-Mines, l'ancien club de Raymond Kopa, qu'il fait passer de la troisième à la deuxième division.

Il se voit ensuite offrir le poste d'entraîneur du RC Lens, qu'il qualifie pour la Coupe de l'UEFA. Houllier remporte son premier trophée en 1986, lorsqu'il offre, au terme de sa première saison au club, son premier titre de champion de France au Paris Saint-Germain.

Sa passion pour le football, son travail sont récompensés en 1988 lorsqu'il entre à la Direction technique nationale (DTN) et qu'il est le préparateur physique de l'équipe de France de Michel Platini avant l'Euro 1992.

Après le fiasco danois, Houllier remplace l'ancien meneur de jeu des Bleus. L'expérience s'achève dans l'amertume et la douleur. Battue 2-1 au Parc des Princes par la Bulgarie et un but d'Emil Kostadinov à la 90e alors qu'un nul lui suffisait, la France ne se qualifie pas pour la World Cup américaine.

David Ginola, qui a perdu un ballon crucial en toute fin de partie et permis aux Bulgares de mener leur contre meurtrier, est traité d??assassin? par Houllier, qui quitte son poste quelques jours plus tard.

Revenu dans le giron fédéral, il permet aux juniors de devenir champions d'Europe en 1996. Et en juillet 1998, le natif de Thérouanne devient manager de Liverpool avec Roy Evans, qui démissionne quatre mois plus tard, laissant Houllier seul à bord.

<B>Le héros de Liverpool</B>

Les trois premières années sont difficiles mais le technicien français jouit de la confiance de ses dirigeants, qui prolongent son bail de cinq ans en 2000.

Et l'année 2001 est faste. Les Reds gagnent leur premier trophée depuis six ans, une Coupe de la League contre Birmingham City. Mais le plus beau est à venir. Le 12 mai, deux buts de Michael Owen offrent une victoire 2-1 à Liverpool face à Arsenal en finale de la Cup. Quatre jours plus tard, les Merseysiders gagnent la Coupe de l'UEFA à l'issue d'une finale épique contre Alaves (5-4 après prolongation).

Et en septembre, l'armoire à trophée se garnit d'un Charity Shield et d'une Supercoupe d'Europe. Houllier est un héros.

La suite des événements est dramatique. En octobre 2001, le manager des Reds doit subir une opération du coeur qui l'écarte du banc pendant cinq mois. Phil Thompson assure l'intérim et Liverpool se qualifie pour la Ligue des champions.

Eliminés au premier tour de la compétition, les partenaires de Steven Gerrard ratent également le titre. La chute de Houllier devient de plus en plus inexorable et il est remercié à la fin de la saison 2003/04.

Personnage discret, décrypteur du jeu moderne, Houllier pense que seule la victoire compte. Quelle que soit sa forme. C'est précisément la philosophie de Lyon.

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