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Houellebecq défraie encore la chronique
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Houellebecq défraie encore la chronique
L?événement littéraire, cette année, c?est bien évidemment Michel Houellebecq. Il est sur toutes les chaînes, sur toutes les ondes, dans toutes les émissions littéraires, sur tous les rayons, sur toutes les couvertures? Bref, c?est un auteur contemporain qui rentre dans les classiques inoffensifs au même titre qu?un Céline. Pour cause, avec son dernier roman, La Possibilité d?une île (chez Fayard), il vient de lancer un pavé dans la mare littéraire.
Et à juste titre, les magazines Le Nouvel Observateur (n°2129) propose une spéciale rentrée littéraire centrée sur la sortie en librairie de ce roman polémique, et L?Express (n°2825) dévoile l?identité de l?auteur, à travers des extraits de Houellebecq non autorisé, enquête sur un phénomène par Denis Demonpion (chez Maren Sell).
On connaît Houellebecq pour ses révoltes contre les Arabes, les Noirs et les Pygmées, son plaidoyer en faveur de la prostitution, son goût pour le tourisme sexuel et les partouzes. On le connaît pour sa critique sévère contre la religion musulmane ? dans ce roman, on retrouve son ?ton de burlesque islamophobe léger?.
Pas étonnant donc, et comme il le reconnaît lui-même, que les lecteurs de l?Extrême-Orient restent ?imperméables? à ce qu?il écrit. On le connaît aussi pour avoir été un enfant surdoué au niveau mental et sous-doué sur le plan affectif, selon les termes mêmes de sa mère. Et on le connaît également pour avoir posé, il y a deux ans, avec le gourou Claude Vorilhon (Raël), plaidé en faveur du clonage et fréquenté les raéliens. Il avait alors défrayé la chronique.
En effet, Michel Houellebecq est l?écrivain qui prophétise la mort de toutes les grandes religions monothéistes. Son expérience en l?Irlande (où il vit actuellement) et en Espagne, deux pays très catholiques, le pousse à croire que la tradition catholique a totalement disparu. De la même manière, il pense que l?islamisme, tout comme le mouvement punk, actuellement très en vogue chez les jeunes, disparaîtront aussi. De tout ça, il ne restera, selon lui ?qu?une esthétique?.
Par contre, là où il place l?espoir, c?est dans la secte des raéliens, qu?il trouve adaptée au temps moderne. Ce qui l?attire chez elle, c?est l?idée de l?immortalité. Il s?est beaucoup documenté sur le clonage. Cependant, s?il croit dans la possibilité de créer l?être humain à partir d?un schéma de l?ADN, il émet des réserves quant à la reproduction de la personnalité. C?est trop douteux.
Aujourd?hui, il est tout de même l?un des écrivains français le plus traduit dans le monde : dans pas moins de 36 langues étrangères. Cet agronome, devenu aussi l?écrivain le plus plagié et le plus exporté, Michel Thomas de son vrai nom, est né à l?île de la Réunion un 26 février de 1956.
Avec son dernier roman, il s?annonce mutant idéologique et confirme sa pleine adhésion avec l?humain génétiquement modifié. Du même signe astrologique que Ben Laden, il n?a pas hésité à affirmer, ?je suis un messager de la mort. Je suis venu apporter la destruction? et à se déclarer ?prophète amateur ?.
La Possibilité d?une île, roman à succès, mais aussi roman à scandale. Sorti le 31 août en France chez Fayard (un transfert estimé autour de 1,5 million d?euros), prône le droit à la vie éternelle à travers le clonage. Dorénavant, le troisième type appartiendra à l?espèce ?néo-humaine? et viendra au monde par le clonage.
Dans la nouvelle littérature hybride, le héros sera antipathique, et l?héroïne, déformée et vieillie, n?hésitera pas à réclamer 500 euros pour une pipe. Bref, l?hédonisme est bien parti pour être présent au rendez-vous de toute littérature houellebecquienne : ?le plaisir est la seule loi, vivre l?amour à plusieurs? ?
Ce roman lui a néanmoins coûté deux ans de travail, ?surtout la nuit et le matin, sans rien faire d?autre.? À l?origine, il y a la rencontre à Berlin avec la journaliste allemande Harriet Wolff, venue l?interviewer. ?Elle m?a raconté une fable dans laquelle elle m?imagine enfermé dans une cabine téléphonique après la fin du monde. Je téléphone, mais on ne sait pas si je parle à des survivants ou si je monologue. Le voilà, le vrai point de départ de La Possibilité d?une île. La vie éternelle dans une cabine téléphonique? ?, confie-t-il à Jérôme Garcin dans Le Nouvel Observateur.
Si son engagement en faveur de la secte de Raël a suscité une polémique, il pense que cela doit être très certainement passager. Car, ce qu?il importe de voir dans son nouveau roman, c?est le travail de style et la recherche de technique. D?ailleurs, c?est sur ces détails qu?il souhaite être jugé par ses lecteurs, comme il le fait comprendre à Garcin : ?Ce qui compte, c?est le style. Et j?aime vraiment La Possibilité d?une île. Je crois que c?est mon meilleur roman. Il y a un signe qui ne se trompe pas. Quand je relis des pages à haute voix, j?en suis content. Pour la première fois, j?ai réussi ici à intégrer de la poésie au milieu de la prose. Ça fait sens. Je suis satisfait de ce livre??
Partez à la découverte de cet écrivain des temps modernes qui s?autoproclame ?romancier kantien? dans l?Express (n° 2825) et Le Nouvel Observateur (n° 2129). Disponibles à la Librairie Le Cygne, Rose-Hill, à Rs 115 et Rs 159 respectivement.
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