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Hors de portée

22 août 2007, 20:00

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Les statistiques sont implacables. Maurice prend du retard en termes de sensibilisation à l'informatique. Le constat du Bureau central des statistiques (BCS) sur l?évolution des Tics révèle des lacunes inquiétantes bien que les autorités affirment que nous avons bien négocié le virage de l?ère informatique.

Pratiquement deux Mauriciens sur trois âgés de douze ans et plus n?ont aucune notion de l?informatique. L?année dernière, seulement 18 % de la population a utilisé l?Internet. 24,2 % des foyers possédaient un ordinateur et un nombre encore plus limité de ménages étaient connectés à l?Internet. Moins de jeunes se lancent dans des études d?informatique. En une année, le pourcentage de candidats ayant opté pour cette discipline au SC est passé de 25,9 % à 25,4 %. De même, tandis que 14,3% des étudiants inscrits à l?université en 2005 avaient choisi une filière informatique, ce chiffre est descendu à 12 % l?année suivante. Même la croissance du secteur est ralentie : ?The growth rate in 2006 was 11,2 % compared to 18,0 % in 2005.?

Elles sont nombreuses les raisons derrière l?échec que constate le BCS. Les dirigeants n?ont pu favoriser l?éclosion d?une culture informatique. Les formulaires administratifs qui devaient être disponibles en ligne ne le sont toujours pas. C?est le développement des activités dans le secteur des Tics qui est compromis.

La faute revient, en premier lieu, au précédent gouvernement qui n?a pas su tenir ses promesses de doter chaque école primaire d?un ordinateur et d?un accès à l?Internet.

Un timide programme d?initiation à l?informatique a démarré dans certaines écoles sous l?actuel gouvernement, mais l?effort est insuffisant.

Quant au projet de l?homme d?affaires indien Appu Kuttan, il est permis de s?interroger sur le rapport qualité/prix de ses services. Ce prestataire de services se propose d?inculquer des notions de base de l?informatique à quatre cent mille personnes en quatre ans. Le stage qu?il organise et qui aboutit à un Internet and Computing Core Certification (IC3) est comparable au cours d'alphabétisation numérique que le NPCC dispensait autrefois. Sauf que le nouveau cours coûte très cher aux contribuables et qu?il n?est pas adapté au contexte local.

La question des coûts demeure primordiale. Beaucoup de nos écoliers n?auront jamais l?occasion de voir un ordinateur sauf dans les vitrines des magasins. En outre, les tarifs de connexion demeurent excessivement élevés. L?ancien gouvernement avait annoncé une révision de l??ICTA Act? pour contrer la position dominante de Mauritius Telecom et ainsi ramener les coûts de la connexion à des niveaux acceptables. Il n?a pas eu l?occasion de le faire. Les fournisseurs d?accès continuent à acheter de la bande passante à des tarifs prohibitifs et, à leur tour, répercutent ce prix sur les factures de leurs abonnés.

Le rapport complet du BCS peut être consulté sur son site web. Mais hélas, seulement 10,9 % des Mauriciens sont abonnés à l?Internet.

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