Publicité

HorribIlis

18 août 2006, 00:00

Par

Partager cet article

Facebook X WhatsApp

lexpress.mu | Toute l'actualité de l'île Maurice en temps réel.

Il y a un peu plus d’une dizaine d’années (très longtemps, donc), dans une de ses allocutions du Nouvel An, la reine Elizabeth II d’Angleterre déclarait l’année 1995, “annus horribilis” pour elle et les siens. Quelques malins interprétèrent cette déclaration comme signifiant que durant le courant de l’année mentionnée, cette brave dame et sa royale famille avaient beaucoup souffert des hémorroïdes.

Outre l’association des mots qui sert d’introduction, ce genre de plaisanterie pas très fine et pas du meilleur goût reflète plus ou moins l’esprit dans lequel un film comme Horribilis devrait être abordé. C’est un film d’horreur, certes, mais il s’agit d’un genre d’horreur tout à fait à part et pour lequel le nom de James Gunn à la réalisation dira peut-être quelque chose à une poignée d’initiés. En fait de genre, nous parlons d’horreur “trash”, façon Troma, cette petite maison de production réalisant des films d’horreur avec quelques bouts de ficelle, un peu de caoutchouc mousse, beaucoup de ketchup ou de coulis de groseille, un prétexte de scénario, une poignée d’acteurs pas nécessairement convaincus et un savoir-faire des plus basiques. Ces mêmes initiés susmentionnés sauront que des films réalisés dans de telles conditions contiennent un humour au deuxième degré qui fait tout le charme d’une fin de vendredi soir lorsqu’on a entre 23 et 33 ans.

Il y a donc un public pour ce genre de cinéma et James Gunn ayant été scénariste pour les productions Troma (L’Armée des Morts, Tromeo et Juliette), Horribilis se veut du fond du coeur destiné à ce public. Un organisme venu de l’espace vient contaminer les habitants d’une bourgade endormie du fin fond des USA et les transformer en zombies mangeurs de chair humaine vivante.

La petite ville ressemble à ce qu’on voit dans les séries que diffusent certaines chaînes grand public l’après-midi et les personnages ont pour unique intérêt d’être caricaturaux. Ainsi, il y a le maire (Gregg Henry) qui est grossier, le sheriff (Nathan Fillion) qui est le héros américain par excellence, l’homme d’affaires le plus riche de la ville qui a épousé la plus belle femme de la région (Elizabeth Banks) qui est toujours amoureuse du sheriff, son amour d’enfance ; et, il y a également une jeune fille (Tania Saulnier).

Peu importe les noms des personnages qu’interprètent ces acteurs, l’important c’est le funeste sort qui attend certains d’entre eux. Et le spectacle ne manque pas d’intérêt, tout bancal qu’il soit : Michael Rooker transformé en masse gélatineuse munie de tentacules et dans laquelle viennent se “fondre” ses victimes, Brenda James, son amour d’une nuit, transformée en une monstrueuse boursouflure qui finit par exploser (comme Monsieur Créosote dans Le Sens de la Vie, des Monty Python ) dans un déluge d’hémoglobine pour libérer des milliers de grosses limaces très rapides qui iront habiter les autres habitants de la ville.

Horribilis n’est pas un film qui fera sursauter les spectateurs – même pas ceux qui n’ont jamais vu de film d’horreur auparavant. On peut même parler d’un film sans surprises, puisque tout, ou presque, a été dit dans la bande annonce. Il reste l’horreur guignolesque, et le fait qu’elle soit attendue vient ajouter à l’aspect caricatural de toute l’histoire. C’est une série Z, reproduisant ce qui se faisait il y a trente ans, mais avec une lourdeur voulue qui tout au long du film crée une complicité entre le réalisateur et son public. Pour quiconque voudrait être initié(e) à ce genre de cinéma, voilà une bonne occasion.

Publicité