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Historique

1 décembre 2005, 20:00

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Le jugement des magistrats Feckna et Hamuth-Laulloo offre un voyage effarant dans les arcanes de la corruption. Il révèle des procédés tellement sinistres qu?on se demande s?ils font partie de la réalité ou d?une fiction. Mais on doit bien se rendre compte que les faits allégués ont été examinés par les magistrats avec toute la rigueur exigée par la justice. Ce jugement fera date dans l?histoire du combat pour la moralisation de la vie publique car il est le premier à épingler un ancien ministre.

Vishnu Bundhun, condamné à six mois de prison, a annoncé son intention de recourir contre le jugement mais cela n?atténue en rien la portée de l?événement. Pour la première fois dans les annales judiciaires, un procès contre un dignitaire politique a abouti à une condamnation. Nous commençons enfin à ressembler aux grandes démocraties où le ?beau monde? aussi peut se retrouver derrière les barreaux.

Le mérite de cette avancée revient d?abord à l?ex-ECO, dirigée par Indira Manrakhan. En dépit des cafouillages qui lui valurent son démantèlement, cette institution aura réussi à mettre à son actif une importante percée dans la lutte contre la corruption.

Dans l?affaire des molletons, l?enquête n?était pas facile à mener. Les deux hauts fonctionnaires considérés comme les principaux témoins à charge avaient initialement donné une version exonérant leur ministre. Il a fallu toute la science des enquêteurs pour amener les deux témoins à se souvenir de la manière précise dont les choses se sont déroulées.

Le jugement d?hier bouleversera les certitudes des politiciens véreux qui se croyaient à l?abri de la justice. Il y a des cas de corruptions avérées qui n?ont jamais fait l?objet de poursuites judiciaires. Les conclusions accablantes de deux commissions d?enquête sont restées sans suite donnant aux notables un sentiment d?impunité.

?We believe that witness Dabeesingh spoke the truth and that the Minister did ask for a commission? écrivent les magistrats qui ont analysé dans les détails les témoignages dans l?affaire Bundhun. C?est un constat limpide. L?ancien ministre travailliste n?a eu droit à aucune indulgence de la part de la justice. La sentence qui lui a été infligée servira d?exemple.

Les magistrats s?appuient sur de nombreux faits pour établir l?existence d?une entente entre Vishnu Bundhun et son homme de confiance, Sookdeo Rambaruth. Ils voulaient forcer l?homme d?affaires Dabeesingh à verser des commissions de Rs 10 sur chaque molleton livré au ministère de la Sécurité sociale. L?élément le plus accablant dans le dossier demeure les témoignages concordants sur ce qui s?est passé le 5 avril 1999 dans le bureau du ministre lors de la signature du contrat. ?All four witnesses ( B. Doolhur, J. Ramsurn, S. Alleck and I. Dabeesingh) gave a more or less similar account of the events.?

Le mécanisme imaginé par Vishnu Bundhun était élaboré. Une fois que les soumissionnaires sont désignés par le CTB, ils sont convoqués au bureau du ministre pour signer le contrat. Celui-ci leur demande alors des commissions et menace d?annuler tout l?exercice s?il n?est pas satisfait. Il demande à être payé à travers son homme de confiance. Finalement, le coup est déjoué. Le pot-de-vin n?est pas versé. Les hommes d?affaires sollicités dénoncent le corrompu à l?ECO. Le reste de l?histoire constitue désormais un chapitre de l?Histoire du pays.

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