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Hillary Clinton à son tour consacrée «comeback kid»

10 janvier 2008, 00:00

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Comme Bill Clinton en 1992, Hillary Clinton est devenue à son tour avant-hier dans le New Hampshire une comeback kid de la vie politique américaine.

La sénatrice de New York avait perdu la semaine dernière dans l?Iowa son statut de favorite inéluctable de la course à l?investiture démocrate pour l?élection présidentielle du 4 novembre.

Largement devancée par Barack Obama, contrainte à une humiliante troisième place par John Edwards, Hillary Clinton ne pouvait pas plus mal entamer les primaires démocrates et les sondages la donnaient tous battue de nouveau dans le New Hampshire.

Puis le scrutin a commencé. D?après les premières données disponibles, une forte mobilisation de l?électorat féminin de cet Etat de la côte est expliquerait ce retournement inattendu. Et le New Hampshire, comme il l?avait fait en 1992 avec son mari, pourrait bien offrir à la sénatrice de New York la dynamique et l?effet d?entraînement décisifs pour l?emporter au final sur Obama.

«Donnons ensemble et maintenant à l?Amérique ce come-back que vous venez de m?accorder», a lancé Clinton à ses partisans réunis à Manchester, N.H., visiblement émue et soulagée d?avoir évité une seconde humiliation.

Mais pas plus que l?Iowa, le New Hampshire ne clôt la course à l?investiture démocrate. Tout juste peut-on avancer que John Edwards, l?ex-sénateur de Caroline du Nord, aura du mal à se relever. «C?est désormais un duel. C?est Hillary Clinton contre Barack Obama», résume Terry McAuliffe, ancien président du comité national du Parti démocrate qui fait campagne pour la sénatrice.

Obama, qui ambitionne de devenir le premier président noir des Etats-Unis, n?est lui pas rayé de la carte. En 1992, c?est du reste une simple deuxième place qui avait permis à Bill Clinton de se relancer. Déstabilisé par des révélations sur une liaison extraconjugale et sur la manière dont il avait évité la conscription militaire, le futur président était alors au plus mal. Il s?était alors proclamé comeback kid de la politique américaine (le gamin qui revient de loin). La suite est connue.

Dans les jours qui ont précédé la primaire d?avant-hier, Hillary Clinton, qui avait habitué à contrôler ses émotions et à suivre un scénario soigneusement écrit, a donné à voir dans le New Hampshire un aspect quasi inconnu de sa personnalité.

Les larmes de Hillary</B>

Lors d?un débat télévisé par ABC samedi soir, elle s?en est prise avec colère à Obama et à sa prétention d?incarner le changement lorsqu?elle serait un symbole du statu quo à Washington. Cela fait trente-cinq ans que je me bats pour le changement, lui a-t-elle répondu en substance.

Et au présentateur d?ABC News lui déclarant que le sénateur de l?Illinois semblait plus apprécié qu?elle, elle répondait : «Cela blesse mes sentiments. Il est très aimable. J?en conviens. Mais je ne pense pas être mauvaise.»

Puis est venue la séquence des larmes de lundi. En plein meeting, à une femme lui demandant comment elle faisait face à cette pression, Hillary Clinton a dit, les yeux embués : «Ce pays m?a offert tellement de chances, je ne veux pas nous voir retomber en arrière.»

Faut-il voir dans ces instants rares les raisons de son comeback ? Faut-il les chercher aussi dans la présence de Bill Clinton à ses côtés ? L?ex-président a été particulièrement mordant à l?encontre de la couverture médiatique offerte à Obama. «Lâchez-moi. Cette histoire est le conte de fée le plus énorme que j?aie jamais entendu», a-t-il dit.

Le New Hampshire enfin a la tradition de déjouer les pronostics. En 1972 déjà, Jimmy Carter puis, huit ans plus tard, Ronald Reagan y avaient retourné des situations compromises.

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