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Hernie : ce nerf qui coince
Notre colonne vertébrale est, comme son nom l?indique, faite de vertèbres qui s?intercalent les unes sur les autres. Elle commence au bas de notre crâne et va jusqu?au coccyx.
«Une vertèbre s?articule avec la vertèbre au-dessus et au-dessous, un disque s?interposant entre les deux», explique Baboo Servansingh, chirurgien orthopédiste. En d?autres mots, «un disque est un matériel présent entre deux vertèbres. Constitué de tissu mol, il agit comme un amortisseur qui permet à l?homme de faire des mouvements».
Sans sa collection de disques, notre colonne, qui nous garantit la position debout, serait rigide. Telle quelle, elle est un ingénieux compromis de souplesse et de sécurité ? «elle protège les nerfs spinaux, émergeant de la moelle épinière qui assurent la transmission des informations du cerveau et contrôlent ainsi l?essentiel de nos gestes et articulations» ? la motricité, la sensibilité des membres, des sphincters et du périnéeen dépendent.
Hélas, comme tous les tissus du corps, les disques prennent des rides. C?est cette dégénérescence ? parfois précoce ? qui provoque une hernie discale. «La hernie était autrefois un problème qui n?affectait pas les patients avant l?âge de 50 ans.»
Mais l?essor d?une société mécanisée s?est fait aux dépens de l?activité physique de l?homme. «Celui-ci faisant de moins en moins d?exercices, il court le risque d?un vieillissement prématuré des tissus. Je viens d?opérer mon plus jeune patient : il a 18 ans.» L?obésité et certaines postures sont un facteur aggravant.
Douloureuse, allant jusqu?à s?exprimer par une souffrance intolérable, la hernie traduit une efficacité moindre du disque à absorber les chocs. «Au lieu de cela, il aura tendance à sortir de son emplacement initial et à se loger dans un endroit où il va coincer les nerfs». On parle de saillie du disque.
La hernie est malheureusement très courante, comme on le constate à la clinique du Nord. «Je la dépiste chez un malade sur 40, ce qui équivaut à une dizaine par semaine», indique encore le docteur Baboo Servansingh.
Unilatérales ou bilatérales
Son diagnostic est simple. «Avec des instruments de radiologie, particulièrement avec l?IRM, il se dépiste avec une précision quasi absolue». On observe également que des douleurs au dos subsistent jusqu?aux membres inférieurs (jambes). Ces douleurs peuvent être unilatérales (d?un côté du corps) ou bilatérales (des deux côtés).
En effet, à chaque nerf rachidien est associé un segment vertébral qui désigne le territoire anatomique d?influence de ce nerf ? la zone du corps innervée par ce nerf.
Mais elles sont comme erratiques : «Avec le temps, la souffrance au dos peut disparaître. Mais parallèlement, celle ressentie aux mollets peut persister et s?intensifier.» Toutefois, dans des cas plus graves, ce n?est pas un, mais une série de muscles qui sont endoloris par la hernie.
Cette hernie se produit surtout au niveau des dernières vertèbres lombaires, à l?occasion d?un mouvement de force ou d?un traumatisme pouvant entraîner une compression des racines du nerf sciatique. «60 % des cas de hernie discale apparaissent entre deux niveaux précis de la colonne vertébrale. Dans la région lombaire entre les cinq nerfs spinaux, cinq vertèbres et les cinq disques qui la composent, soit entre le niveau L5-S1 et le niveau L4-L5, ?L?désignant un nerf lombaire et «Ses cinq vertèbres sacrées sacrum), au bas de la colonne.»
Lors de l?examen clinique, le patient sera donc soumis à une série de tests dont le but est de déterminer quelle est la région de sa colonne vertébrale où s?est logée la hernie. «Ce sont essentiellement des tests qui portent sur les réflexes moteurs. Je rappelle que chaque groupe de muscles est innervé par le nerf lombaire.» On peut constater que certains muscles sont paralysés car la région de la colonne qui les innerve est affectée par la hernie.
Reste que l?examen clinique doit impérativement être suivi d?un examen radiologique. «Les tests cliniques comportent toujours une marge d?erreur. Il est essentiel de les confirmer par une radiographie ou un IRM avant d?opérer».
Dans le cas où les deux examens ne corroboreraient pas, le docteur Baboo Servansingh recommande de ne pas opérer. « Il faut tout reconsidérer.»
Cigarette contre-indiquée
Mais avant même la chirurgie, un traitement conservateur, à base de médicaments, est nécessaire. «Il s?agit essentiellement d?administrer des anti-inflammatoires, des relaxants musculaires, de préconiser le repos au lit et des séances de kinésithérapie.»
Les anti-inflammatoires sont soit administrés en comprimés ou dans des cas où cela ne marche pas, sous forme de piqûres intra musculaires ou de piqûres épidurales (pratiquées directement dans la hernie).
«Si les douleurs atroces persistent ou ne peuvent être contrôlées par les méthodes conservatrices, si cette souffrance nuit à la vie du patient, si un lourd déficit neurologique est constaté, on opère. Tout dépend de la souffrance du patient.» L?opération a en effet pour but d?alléger cette souffrance et de rendre la personne fonctionnelle.
Et elle ne réussit pas à tout le monde : «Une étude reconnue à travers le monde a établi que la cigarette, à travers la nicotine absorbée par le corps, compromet le succès d?une intervention chirurgicale.»
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