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Henri Wilden, ?when the crowd goes wild?
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Henri Wilden, ?when the crowd goes wild?
A l?entracte, au début ou à la fin de la soirée, difficile de l?approcher. Tant les gens se pressent autour de lui. S?empressent de lui serrer la main. Il n?y a qu?à voir comment ils ont applaudi avec enthousiasme ce concert avec les bravos sur l?écran.
Tous veulent une part d?Henri Wilden. Lui, pas du tout ?on the wild side?, se prête de bonne grâce à ces marques de sympathie. Il faut dire que parmi la petite foule venue assister à la projection de Lakmé (contribution aux efforts de sauvetage du Plaza), nombreux sont ceux à avoir vu Henri Wilden sur scène à Maurice.
C?était à la fin des années 1960. Du temps où ?Henri était tout comme vous le voyez à l?écran, beau garçon?, témoigne cette spectatrice venue emprunter notre programme, ?pour voir s?il aura sa Lakmé à la fin?.
C?est à qui veut lui tourner un compliment. Lui dire qu?à part les cheveux blancs, ?to pareil mem?. Il y aussi ceux qui veulent l?inviter chez eux, qui pour visionner un opéra, qui pour lui demander des conseils pour ce fils qui étudie à l?Ecole normale supérieure en France. Henri, d?un pas sûr, l?air parfois un peu perdu, mais le sourire jamais loin, répond à toutes les sollicitations. Explique qu?il a tellement de rendez-vous durant sa visite de deux semaines. Et signe volontiers des autographes sur le programme. Tout en faisant jouer sa mémoire : ?To frer ki ti dan mo klas non ?
Son Maurice à lui, c?est celui de 1935, année de sa naissance à Beau-Bassin. C?est celui de ses années d?études au collège Royal de Port-Louis. C?est celui de la saison 1956, où le ténor d?une troupe lyrique qui visite l?île, est indisponible. C?est Henri Wilden qui le remplace. Si bien qu?il rejoindra la troupe pour une tournée en Algérie. Au retour, le ténor fera vibrer le Plaza notamment dans le rôle du prince Sou Chong dans Le Pays du Sourire.
Le changement de décennie sonne le changement de pays pour Henri Wilden. En 1971, il quitte Maurice pour l?Australie. Là-bas, un de ses premiers petits boulots est d?être commis aux écritures chez Esso.
Jusqu?à ce que s?ouvrent, pour lui, les portes de l?opéra de Sydney. ?Il y avait 15 ténors, j?étais le dernier à passer.? Ravalant son trac, le Mauricien se lance. Pour être attrapé au vol. Mon premier opéra fut Rigoletto de Verdi. On m?a donné trois mois pour apprendre un rôle secondaire en italien. Quinze jours avant la première à Melbourne, sir Edward Downes, le directeur musical, m?a appelé en disant : ?Je n?aime pas le ténor? et c?est moi qui ai eu le rôle.?
Départ pour l?Australie en 1971
Passant dans une même phrase de l?anglais au français, puis au créole, c?est avec émotion qu?Henri Wilden se souvient d?avoir fait l?ouverture de l?opéra de Sydney en 1973, d?avoir ?chanté devant la reine Elizabeth II?.
Sa collaboration avec la soprano australienne Joan Sutherland débute la même année. ?A l?époque, il ne restait plus que sept ténors à l?opéra?. Tous se préparent pour passer l?audition qui le verra sur scène aux côtés de celle qui deviendra Dame of the British Empire en 1979. ?Ankor enn foi, pa dormi pandan troi semenn?, se souvient Henri Wilden. Insomnie payante car il décroche le rôle.
De 1972 à 1986 suivra une carrière fructueuse, où notre compatriote chante dans 18 opéras. ?Je faisais tous les Mozart?, précise-t-il avec fierté. Tamino dans La flûte enchantée, Ferrando dans Cosi Fan Tutte ou Idomeneo, dans l?opéra éponyme, avec Joan Sutherland, c?est encore lui. Don José dans Carmen, c?est lui. Le comte Almaviva dans Le Barbier de Séville, c?est encore lui. Hoffmann dans Les contes d?Hoffmann d?Offenbach, toujours avec Joan Sutherland, c?est lui.
Mais un soir, au troisième acte, Henri Wilden est pris d?une violente douleur. C?est une angine qui a nécessité 15 jours à l?hôpital. ?Le docteur m?a dit que chanter, c?était un stress pour mon c?ur, il m?a conseillé de tout arrêter.? Le ténor l?a écouté.
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