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Harper?s, la chemise s?habille classe
La vitrine mauricienne n?est plus à sa taille. Spécialiste dans les vêtements pour homme, les boutiques Harper?s cherchent la reconnaissance hors des rives locales. Elles envisagent d?entrer de plain-pied dans les marchés réunionnais et sud-africain.
Avec ses boutiques situées à Grand-Baie, Port-Louis et Rivière-Noire, l?enseigne Harper?s s?est taillé une bonne clientèle tant sur le plan local que sur le plan touristique. Débourser entre Rs 500 et Rs 1 300 pour une chemise n?est pas à la portée de tout le monde. C?est un luxe. ?Non?, s?en défend le directeur général des boutiques, Romain Demon. ?Nous vendons de la qualité. Et la qualité a un prix?.
?L?homme moderne prend soin de son look. Il s?habille avec goût. Et aujourd?hui, nous notons que les jeunes dépensent mensuellement une partie de leurs salaires en vêtements ou accessoires?, commente le jeune directeur général.
L?enseigne Harper?s est née après le rapprochement de deux hommes d?affaires, Pascal Demon et Olivier Baron. Ils ouvrent d?abord une boutique vendant des chemises haut de gamme à l?entrée de Grand-Baie. Avec l?ouverture du Sunset Boulevard, ils créent la marque Harper?s, chemisier. Et petit à petit, le nom se fond dans le paysage touristique et local. Harper?s étend sa gamme de produits vers des pantalons, bermudas, polos, cravates et autres accessoires. Fin décembre 2003, Pascal Demon décède. Et c?est le fils, Romain, 26 ans, qui prend les rênes. Les affaires marchent bien. Mais une restructuration s?impose.
La réputation de chemisier étant acquise, la direction, offre maintenant un service à valeur ajoutée à la clientèle : celle de proposer un ensemble chemise, pantalon et cravate assortis. Et la vitrine est réaménagée régulièrement pour éveiller l?intérêt des clients. N?empêche que les chemises, quelque 10 000 vendues chaque année, représentent toujours 70 % du chiffre d?affaires de l?entreprise.
Dans les années 90, l?entreprise subit la concurrence déloyale de la contrefaçon, le fameux Ralph Lauren. Le chiffre d?affaires chute. ?Ce n?est que récemment qu?on a remonté la pente?, précise Pascal Demon. Cependant, la concurrence de la contrefaçon ne s?est pas effacée pour si peu, car d?autres marques essaient d?avoir la mainmise dans ce créneau.
Qui dit qualité, dit aussi tissu de classe. L?origine italienne du tissu utilisé explique la cherté de la chemise. Par deux fois, chaque année, Romain Demon se rend chez le fournisseur pour la sélection. Ce rendez-vous bi-annuel lui permet de se mettre au diapason des tendances tant en termes de coloris que des motifs ? uni, rayure ou à carreaux. Romain Demon soutient : ?Le tissu en provenance de l?Inde ou de la Chine n?est pas de la même qualité. Et la façon dont le coton est tissé est très importante.?
Rude concurrence
Le revers reste le taux de change. L?euro n?a cessé de grimper au cours de l?année écoulée. A ce bémol s?ajoute le coût galopant du fret. ?Les coûts de production augmentent. Nous coupons drastiquement dans les bénéfices pour maintenir un prix à la portée des clients?, fait ressortir le directeur général de Harper?s.
Dans la nouvelle politique de l?État à transformer le pays en duty-free island, il estime que l?implémentation prendra au minimum deux à trois ans. Mais, sur l?ensemble, l?enseigne haut de gamme estime que ?le hors taxe serait peut-être un risque? pour les boutiques de sa catégorie.
La concurrence est rude. Les boutiques ne se désemplissent pas mais ne sont pas autant remplies tel que Romain Demon l?aurait souhaité. Contrainte ou nouveau moyen de marketing, il compte sérieusement solliciter l?aide des partenaires de l?industrie du tourisme.
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