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Harish Boodhoo, Mauricien de l’Année 1979
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Harish Boodhoo, Mauricien de l’Année 1979
Numéro spécial de l’express qui décrète qu’Harish Boodhoo est le Mauricien de l’Année 1979. Ce dernier regrettera par la suite sa nomination, quand il se rapprochera du PTr et de SSR, pour contrer, avec l’aide de Jugnauth et de Duval, le Paul Bérenger de l’après-mars 1983. Nous ne sommes pas encore là et revenons aux lauriers du 31 décembre 1979 : “ Devant ce charnier de conscience qu’est devenue la politique, si l’on conserve encore la conviction d’un renouveau possible après cette année rétrograde, c’est parce qu’un homme simple, aux accents sonnant vrai, a repris des mots devenus rares : moralité, devoir, travail, simplicité, responsabilité “. L’express dit traduire un “ sentiment d’approbation sans calcul, jailli des poitrines et par une forêt de mains levées à la place du Quai, le 27 mai 1979 “. Il était alors la “ conscience populaire “ de Maurice. Grâce à lui, la moralité retrouve une place prioritaire dans la politique. L’écoute de sa conscience remplace la discipline du parti et l’aveuglement imposé par les chefs politiques. L’hymne national est davantage respecté. Le rapport Glover a pu stigmatiser la corruption et a renforcé notre confiance dans le judiciaire. La désobéissance civile, dont il est l’initiateur discret, a atténué certaines divisions antérieures. Le politicien reprend contact avec la masse. Il n’a plus besoin de s’entourer de tapeurs.
Harish Boodhoo salue pour sa part l’influence bénéfique qu’ont exercée sur lui sa mère, une veuve de 28 ans, et son épouse, née Sarita Makam. Il raconte les trois kilomètres à parcourir, deux fois par jour, pour se rendre à l’école de Camp-Fouquereaux et rentrer chez lui, ses études secondaires au collège Mauritius de la famille Roy, l’anéantissement de la paillote familiale pendant le cyclone Carol, son entrée dans le monde du travail, comme laboureur le matin, vendeur de légumes dans la journée, commis de boutique en fin d’après-midi, sa formation au Training College, ses années d’instituteur de 1965 à 1976, son apostolat au sein du Seva Shivir, ses tournées dans les villages où il apprend les valeurs immuables. Thundev Bahadoor de Lalmatie, pauvre comme Job, lui apprend ainsi à ne jamais mentir.
Il sait que les prochaines législatives seront remportées par les politiciens qui sauront le mieux redonner confiance au peuple. Ce sera une bataille d’alliances. Son PSM aura un rôle à jouer.
La rédaction sportive de l’express décerne le titre d’athlète de l’année 1979 à Annabelle Nairac. Adolphe Parfait est le grand gagnant des quinze étapes du concours Cerveau-Express 1979.
L’express distribue aussi des New Year Dishonours aux Parlementaires pour avoir nommé un comité restreint pour “ corriger les erreurs du Rapport Glover blâmant Badry et Daby “, au ministère des Travaux pour son incapacité à contrôler les compagnies d’autobus et leurs subsidiaires, à la CWA incapable d’établir un tarif de consommation d’eau rationnel, juste et performant, au ministère des Finances pour ses quatre budgets, ses déficits, sa dévaluation, ses incitations à la désobéissance civile, aux syndicats pour leur aptitude à paralyser aussi facilement l’économie nationale, au ministère de la Jeunesse et des Sports pour ses aptitudes à plagier le travail intellectuel d’autrui, à la police pour son incapacité notoire à entretenir la plus importante flotte automobile de l’île et pour les gaspillages notés dans l’achat des pièces de rechange.
Volcy prédit comment vivra le Mauricien moyen en 1980. Il propose cette salade pour quatre personnes, composée d’une feuille de laitue, d’une pelure d’oignon, d’un grain de sel et de poivre, d’une goutte d’huile, d’un nuage de vinaigre, d’un souffle de moutarde, d’un godet d’eau de pluie. Le Mauricien moyen se vêtira de la feuille de vigne gréco-romaine classique. Les vantards recourront, bien sûr, à la feuille de latanier. Pour ses déplacements, on lui recommande, à défaut de transport d’allégresse, la trottinette de l’enfant du voisin. Le radeau et la mousson permettront les voyages à l’étranger, sans devises ou presque. Les ministres espaceront leurs voyages. Le Mauricien moyen ira au cinéma en group tour. Les jours de fête, il aura droit à des salves de 21 coups de B.S.A. Il votera pour le PTr (Pas Tracas). Il sait que Labour ne signifie pas “ travail “ et qu’il ne sert à rien de mettre à la porte un politicien car, imposteur, il peut revenir par l’imposte. Enfin, le Mauricien moyen plantera en 1980, le drapeau blanc.
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