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Happy World Foods étend ses activités à Maputo

7 septembre 2004, 20:00

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Happy World Foods (HWF) continue à diversifier ses activités et s’intéresse aux marchés régionaux. Elle compte installer une ferme à Maputo, Mozambique, pour la production de poulets de table. La ferme sera opérationnelle à partir de mars de l’année prochaine. Outre la ferme d’élevage, un abattoir et une chaîne du froid seront mis sur pied.

L’investissement effectué dans Mozambique Farms Ltd (MFL), compagnie nouvellement créée pour la réalisation de ce projet, est estimé à Rs 112 millions. HWF sera actionnaire majoritaire à 51%. Elle aura deux partenaires, notamment Bourbon AXA, filiale du groupe Bourbon de la Réunion et le groupe Ramphul. HWF travaille déjà avec le groupe Ramphul pour la commercialisation d’une marque de poulet de table sur le marché local.

Dans la phase initiale d’opération, la production sera de 30 000 poulets de table par semaine, soit environ 2 000 tonnes par an. MFL a obtenu le bail à long terme d’un terrain de 100 hectares du gouvernement mozambicain pour ce projet.

“Le marché est à créer au Mozambique car le poulet y est vendu chaud. C’est-à-dire que c’est vendu aussitôt tué. Nous allons donc introduire le poulet frigorifié au Mozambique”, explique Mubarak Sooltangos, Managing Director de HWF, désormais compagnie membre du nouveau groupe Altima.

<B>Soutien du gouvernement</B>

Le gouvernement mozambicain, dit-il, a donné tout son soutien à ce projet. Cela va permettre au pays de réduire sa dépendance de l’Afrique du Sud. Outre le rapatriement des bénéfices, HWF va toucher un management fee pour la gestion de MFL, un moyen pour elle de monayer son savoir-faire.

MFL emploiera une centaine de personnes, dont quatre à cinq cadres mauriciens. Le General Manager de MFL a déjà été désigné. Ce sera Ali Noordally, qui a passé dix ans au sein des départements de production et de l’administration de HWF.

Deux raisons ont poussé HWF à s’implanter au Mozambique. D’une part, le marché mauricien du poulet, qui connaît une croissance annuelle de 4 % seulement, est arrivé à saturation. D’autre part, dit Mubarak Sooltangos, cette implantation à Maputo a été motivée par l’expérience de 30 ans du groupe dans l’élevage de poulets à Maurice.

Selon une étude, le marché de Maputo a un potentiel annuel de 20 000 tonnes. Cet objectif peut, à son avis, être atteint dans quatre à cinq ans, si l’on considère que la consommation dans la capitale mozambicaine, avec sa population de 2,6 millions d’habitants, peut atteindre 50 % de la consommation par tête d’habitant, qui est de 17 kg à Maurice.

“C’est notre première opération en Afrique. Si c’est un succès, nous allons exploiter les marchés du Botswana et de la Namibie”, ajoute Mubarak Sooltangos.

Mais HWF a aussi d’autres visées sur le Mozambique. Une étude est réalisée sur les possibilités d’y produire le yaourt et l’empaquetage et possiblement, le jus de fruit.

HWF occupe actuellement 40% du marché du poulet à Maurice. La consommation de cette volaille s’est stabilisée autour de 20 000 tonnes annuellement au cours des cinq dernières années.

Parallèlement à ses investissements au Mozambique, HWF a aussi investi Rs 70 millions dans une rizerie, Peninsula Rice Milling Ltd (PRM). La rizerie, sise à Trianon, commencera ses opérations dans quinze jours.

“Tous les consommateurs de riz ont une rizerie. A la Réunion, la consommation est de 50 000 tonnes annuellement, et il y a quatre rizeries. Du point de vue stratégique, c’est pour nous un investissement sûr car le riz va rester pour longtemps encore l’aliment de base des Mauriciens”, ajoute Mubarak Sooltangos.

Le riz sera importé tout décortiqué de l’Inde. Il sera blanchi et poli. La rizerie va se concentrer sur le riz Basmati. Les sous-produits, tels que le son de riz et les brisures seront utilisés comme des aliments pour animaux à travers Meaders Feed Ltd, une compagnie associée de HWF.

Depuis un an, HWF a importé et mis sur le marché les mêmes marques de riz sous lesquelles elle va commercialiser ses produits. Ce sont elles qui seront produites à Maurice. HWF se propose aussi de revendre le riz à d’autres négociants dans leurs propres marques s’ils le désirent. Les équipements pour la rizerie ont été importés du Japon.

“Nous ne voulons pas monopoliser le marché. Mais nous voulons mettre les facilités à la disposition des importateurs de riz. Nous allons garantir la qualité, la disponibilité et le prix compétitif”, soutient Mubarak Sooltangos.

La possibilité d’exporter le riz vers Madagascar est même envisagée. Mais il existe une taxe de 40% sur le riz importé par ce pays. HWF essaiera d’obtenir un certificat du Common market for Southern and Eastern Africa (COMESA), ce qui facilitera l’accès duty-free sur le marché malgache.

<B>Économie de Rs 120 millions</B>

La capacité de production de PRM sera de 40 000 tonnes annuellement, si elle travaille 24 heures sur 24, ce qui représente la moitié de la consommation à Maurice.

“Si nous arrivons à produire 30 000 tonnes de riz annuellement, cela va représenter une économie annuelle de Rs 120 millions en devises”, dit Mubarak Sooltangos.

HWF a aussi investi Rs 80 millions cette année dans une unité de production de yaourt et de glaces à Phœnix. Cette unité emploie 100 personnes. Elle occupe 25 % du marché de yaourt. Son objectif est d’atteindre 50 % dans les deux ans à venir. L’usine mettra sur le marché dans les prochaines semaines de nouveaux produits à base de lait et de yaourt.

“Les investissements de HWF dans la ferme d’élevage à Maputo, dans la rizerie et dans la production de yaourt, de lait aromatisé et de glaces totalisent Rs 262 millions. Nous pensons que le commerce de gros a eu ses beaux jours et que les perspectives de progression sont limitées dans ce secteur, surtout avec l’implantation de grandes surfaces”, estime Mubarak Sooltangos.

“Pour ces raisons, nous voulons diversifier, dit-il, dans la manufacture afin de positionner la compagnie pour faire face à l’avenir. Notre activité dans le gros va rester mais il y aura des développements dans le détail à travers Super Cash qui va continuer de grandir. Avec ces investissements, notre rentabilité a quelque peu souffert ces deux dernières années. Ça a été deux années de transition mais nous croyons fermement qu’il y aura une amélioration dans la rentabilité pour 2004-2005. Nous pouvons dire que HWF s’est mieux positionnée pour faire face à l’avenir et à la conjoncture qu’elle ne l’était cinq ans auparavant.”

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