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Gérald torturé et tué pour son code bancaire

23 octobre 2004, 20:00

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C?est un crime d?une rare cruauté que celui qui a été commis dimanche dernier dans le vieux Quatre-Bornes, un des quartiers chic et bourgeois de la Ville des fleurs.

Gérald Auguste, 33 ans, employé de la Mauritius Commercial Bank attaché à la succursale du Trianon Shopping Park, a connu une fin atroce dans la maison où il vivait avenue Gladstone.

Cette partie de la ville est une zone dortoir. Ici, pour la plupart, c?est chacun pour soi et les voisins sont bien souvent cloîtrés chez eux.

Gérald a sans doute été surpris en fin d?après-midi, de dimanche, par au moins trois personnes qui l?ont traîné dans sa salle de bains pour le torturer. Sans nul doute dans le but de lui faire avouer le code de sa carte bancaire.

Le jeune homme est frappé à la tête et, pour le faire taire, ses agresseurs lui fourrent une serviette dans la bouche, retenue avec du ruban adhésif médical.

Ses tortionnaires l?attachent également de façon à le faire souffrir. L?un des sévices consiste à lui plier une des jambes qu?ils ligotent ensuite.

Tout est bon pour le garrotter. Du fil de coton, le cordon du téléphone, du fil électrique et le fil de l?antenne intérieure du téléviseur. L?antenne était pliée sur lui lorsque la police et sa famille ont découvert son cadavre.

Peut-être que Gérald serait encore été de ce monde si ses proches avaient forcé sa porte lorsqu?ils sont venus le chercher vers les 20 heures dimanche.

D?habitude, Gérald est un garçon très ponctuel. À la mi-journée, il avait pris son déjeuner chez sa mère qui habite à quelques mètres de chez lui.

Il devait repasser chez elle dans la soirée pour le dîner, mais à 19 h 30, il ne donne pas signe de vie. Vingt heures sonnent et il n?est toujours pas là. Sa mère s?inquiète. Ce n?est pas dans ses habitudes. Il appelle toujours s?il se décommande. Sa mère et sa s?ur, accompagnées d?un voisin, se rendent à son domicile pour s?enquérir de son absence inexpliquée.

Fait anormal : les pièces sont toutes allumées et la radio joue très fort chez Gérald, lui pourtant si discret. Le trio fait alors appel à la police qui débarque. Mais les policiers ne veulent pas forcer les serrures en l?absence du propriétaire. Les officiers conseillent à la famille d?attendre jusqu?à 8 heures lundi matin avant de faire de nouveau appel à eux.

<B>Pris à la gorge par une forte odeur de kérosène </B>

Vers 6 heures, sa mère reçoit un appel du cellulaire de Gérald. C?est un homme qui lui parle. Il lui dit de ne pas s?inquiéter pour son fils, qu?il se porte bien et qu?il est avec des amis à Flic-en-Flac.

Comme Gérald est introuvable à 8 heures, sa mère et des proches vont à nouveau chez lui avec la police.

Ils enfoncent la porte de sa cuisine et sont pris à la gorge par une forte odeur de kérosène. Un désordre indescriptible règne à l?intérieur. La maison est toute retournée.

Les policiers et les proches passent les pièces au peigne fin. Un oncle de la victime s?approche alors d?une pile de vêtements sur le sol de la salle de bains, sur laquelle sont posées des coussins en maroquin du canapé. Il repousse le linge du pied et c?est l?horreur. Il aperçoit une paire de mains liées sous la monticule de vêtements.

La police boucle immédiatement les lieux, demande aux proches de sortir vant d?alerter la brigade criminelle.

L?autopsie pratiquée par le médecin légiste Satish Boolell révèle que Gérald a été torturé, frappé à la tête. Il est mort par strangulation entre 19 et 20 heures, dimanche.

Ses agresseurs ont sans doute trop tiré sur les cordes qui la garrottaient ou ont placé une barre de bois ou de fer sur la gorge pour lui couper la respiration lorsqu?ils le torturaient.

La thèse de la Criminal Investigation Division (CID) de Quatre-Bornes est confirmée par la suite. Ses assassins ont fait un retrait de Rs 18 000 sur les Rs 85 000 qu?il avait sur son compte à la MCB de Stanley.

L?absence de caméras de surveillance à l?extérieur de cette succursale est un handicap pour la police. Mais elle travaille sur l?appel effectué à la mère de la victime pour retrouver les assassins.

Les limiers des CID de Bambous et de Rose-Hill ainsi qu?une équipe de la Major Crime Investigation Team (MCIT) sont aussi sur le coup. Toutes les pistes imaginables sont explorés.

Entre autres, ils se demandent si ce crime n?a pas un lien avec le braquage d?un salon de coiffure et l?agression d?un jeune - ces deux victimes ayant le même train de vie que Gérald - dans la région de Rose-Hill en juin et juillet dernier.

Gérald connaissait-il ses agresseurs ? Peut être, compte tenu de l?absence de traces de lutte et d?effraction à son domicile. Victime de cambrioleurs qui ont tenté de mettre le feu à sa maison en début d?année, il avait changé toutes ses serrures. A vendredi, la police recherchait un homme que Gérald fréquentait pour voir plus clair dans cette sordide affaire.

Des préposés des stations services avoisinantes sont interrogés car les agresseurs ont acheté, au détail, de l?essence, du diesel et du kérosène pour incendier la maison après leur crime.

Ce qui expliquerait pourquoi des vêtements étaient empilés sur le cadavre. Les assassins tentaient sans doute de faire disparaître les traces de leur forfait. Mais qu?est-ce qui les a empêchés d?aller de l?avant avec leur entreprises? Les proches de Gérald frappaient-ils à la porte à ce moment-là?

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