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Génération mi-temps
Fasciné. Comme le serait un enfant à qui on propose un jouet. Akritesh Sunyasi n?arrive pas à décoller ses yeux du stand de la Mauritius Broadcoasting Corporation (MBC) installé pratiquement à l?entrée de l?auditorium Octave-Wiehe.
C?est à peine s?il nous regarde en répondant aux questions. Tellement il fixe le petit local aménagé, où se tient l?animatrice Shirley Chamroo, entourée des organisateurs du Job Fair qui s?achève aujourd?hui.
Etudiant en première année de Marine Science and Technology (Akritesh précise fièrement qu?il fait partie de la première cuvée), il se voit animateur radio. Pour un temps seulement. A mi-temps de préférence. De quoi obtenir un petit pécule pour «devenir financièrement indépendant». Pallier les dépenses non prises en charge par les parents comme les sorties et les téléphones portables dernier cri.
Dans un sursaut, comme s?il se souvenait de quelque chose qu?il avait totalement oublié, Akritesh ajoute : «Cela va aussi servir pour acheter certains livres qui sont chers.» Le travail à mi-temps, Akritesh connaît bien. Car entre le moment où il a eu ses résultats de Higher School Certificate (HSC), en février, et la rentrée universitaire d?août, le jeune homme a roulé sa bosse du côté de Infinity BPO comme télé-agent.
«Se enn lavi byen lib, enn travay ki depann lor ou prop kapasite.» Avec un salaire de base de Rs 7 000. Mais Akritesh a d?autres visées. «Quand j?aurais mon diplôme, je me vois comme Environmental Scientific Officer ou dans la land based oceanic industry.»
Qui sont les exposants ? Citons Accenture, Teleforma, la MBC, la Barclays ou Airmate, la centrale de réservation d?Air Mauritius. Justement, à l?heure de notre visite, le jour de l?ouverture du Job Fair, le stand d?Airmate est l?un de ceux où les étudiants s?arrêtent le plus. Bhavna, en première année de BA (Hons) Hindi cherche un emploi à mi-temps. Pour la simple et bonne raison que quatre jours de la semaine, «mes cours finissent à midi».
Bhavna aussi rêve d?audiovisuel. Elle se voit bien «présentatrice du Samachar». Alors que par ailleurs, elle envisage de poursuivre jusqu?au Masters. Et le telemaketing ? Même si elle s?est arrêtée au stand d?Airmate, Bhavna lance : «C?est cut off de mon domaine.»
Sheetal Gya a décidé de tenter sa chance. D?une main pressée, elle remplit tout de suite le formulaire à en-tête de Airmate. Avant de prendre rendez-vous pour un entretien d?embauche lundi à 11 heures. Avec son BSc Hons in Tourism & Hospitality management en poche, elle grimace quand elle pense aux perspectives d?avenir.
Pour le moment, elle est stagiaire à la Mauritius Tourism Promotion Authority. Une employée potentielle qui a le sentiment que dans son secteur, «on préfère les élèves de l?Ecole hôtelière parce qu?ils ont plus d?expérience de travail».
Sheetal a décidé de tenter sa chance auprès de Airmate situé au premier étage de la cybertour. Les emplois proposés au Job Fair : téléphoniste, superviseur du service client, agent de service client, Soft Skill Trainer, Process Trainer, Workforce Management Coordinator et Quality Assurance Officer.
Le préposé au stand d?Airmate explique : «Comme on est à l?université, on s?attend à ce que les étudiants cherchent des emplois à mi-temps. S?ils acceptent de travailler au moins 10 heures par semaine, cela nous convient. Nous embauchons avec un minimum de HSC et par la suite ils suivront une formation de huit semaines sur les systèmes de réservation.»
L?univers du centre d?appels n?est pas totalement méconnu sur le campus. Kerina Vengaroo et Pooja Panchoo, inscrites en première année de sociologie, y ont déjà goûté aussi. Rencontrées devant le stand de Teleforma où on parle anglais, elle tourne le dos à la personne qui les accueille quand celle-ci répond «non» à la question «est-ce qu?il y a des emplois à mi-temps ?» «Je n?ai pas vraiment besoin de travailler durant les vacances car mes parents sont là pour financer mes études», explique Kerina.
Amit Rumjeet, lui, grimace. Un tour des stands et il doit faire face à la dure réalité. Ce sera plus dur pour lui de trouver un «bon» emploi que pour tous les autres. Il a beau jouer un peu des coudes avec les étudiants de l?université qui font le tour de l?entrée et du couloir de l?auditorium Octave-Wiehe mais il n?est pas rassuré.
En poche, lui n?a «que» le School Certificate. «Le plus souvent, le minimum qu?on demande, c?est le HSC», constate ce jeune homme actuellement apprenti serveur à Plantation Resort. Sa formation durera 10 mois. Il en a fait deux jusqu?à l?heure. C?est «dan pe fer enn letour Rose-Hill» que cet habitant de Beau-Bassin a entendu parler du Job Fair. Pour son avenir, il devra repasser.
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