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The guy is gone !
Le divorce, grandement souhaité par une partie du kop, était somme toute inévitable. Il a finalement été prononcé hier. Gérard Houllier n?est donc plus l?entraîneur de Liverpool. Ainsi en a décidé la direction du club d?Anfield, visiblement désireux de repartir sur de nouvelles bases, histoire d?oublier une saison désastreuse qui a vu les mythiques Reds, dix-huit fois champions d?Angleterre, terminer quatrièmes, mais à trente points d?Arsenal.
Annoncée dans un premier temps par BBC Sport, la nouvelle a ensuite été confirmée par la direction du club lors d?un point de presse improvisé en début d?après-midi. ?Après avoir beaucoup réfléchi et après avoir beaucoup discuté, Liverpool a décidé de se séparer de son manager. Gérard Houllier a accepté notre décision de bonne grâce?, a confié le directeur exécutif Rick Parry, mettant ainsi un terme aux nombreuses spéculations entourant l?avenir du technicien français en Angleterre.
Visiblement mal à l?aise par la tournure qu?ont prise les événements, cela eu égard, notamment, à sa proximité établie avec Gérard Houllier, Rick Parry a néanmoins sur trouver les mots qu?il fallait pour justifier la décision de son conseil d?administration. Contrairement aux idées préconçues, a-t-il souligné, la qualification de Liverpool pour les préliminaires de la Ligue des champions ne pouvait, en aucune façon, constituer une fin en soi : ?C?était un résultat minimum, pas un objectif?, a-t-il dit.
Gérard Houllier, de son côté, a joué la carte des sentiments : ?Je suis arrivé il y a six ans dans la peau d?un supporter. Je m?en vais plus supporter que jamais. J?ai peut-être quitté Liverpool mais Liverpool ne me quittera jamais. Je retournerai à Anfield pour supporter le club.? Des mots qui viennent sans doute du coeur mais qui, de toute évidence, visaient davantage à séduire son auditoire même si certains ont remarqué qu?Houllier a failli craquer en pleine conférence de presse.
L?ancien mentor de Noeux-Les-Mines, de Lens, du Paris Saint-Germain et de l?équipe de France, aujourd?hui âgé de 56 ans, avait intégré le staff technique de Liverpool en juillet 1998. D?abord nommé co-entraîneur, aux côtés de Roy Evans, il fut ensuite invité, quatre mois plus tard, à prendre seul les commandes de l?équipe.
Sous sa tutelle, Liverpool donna l?impression de vouloir renouer avec son glorieux passé. En 2001, Houllier mena les Reds à un inoubliable quintuplé : Coupe de l?UEFA, FA Cup, Coupe de la Ligue, Charity Shield et Super Coupe d?Europe.
Mais 2001 ne fut pas l?année tremplin, comme suggéré et espéré par les nombreux fans de Liverpool. Il marqua, au contraire, le début des malheurs de Gérard Houllier. Opéré du coeur en octobre de la même année, le Français fut contraint de céder pendant six mois sa place à son fidèle adjoint, l?ancien défenseur Phil Thompson.
La saison qui vient de s?achever a été, d?un point de vue purement sportif, l?une des plus désastreuses de toute l?histoire de Liverpool, cela malgré une fin de saison encourageante marquée par une belle victoire à Old Trafford, la pelouse de l?ennemi juré Manchester United, et une qualification pour la Ligue des Champions.
L?écart qui a séparé le club d?Anfield du champion d?Angleterre Arsenal a atteint, cette saison, des proportions surréelles, pour ne pas dire humiliantes : 30 points, c?est en effet l?équivalent de dix victoires dans un championnat qui ne compte que 38 journées ! Cela est d?autant plus inacceptable que Liverpool a été sorti plus tôt que prévu par Portsmouth en FA Cup, Bolton Wanderers en Coupe de la Ligue et Marseille en Coupe de l?UEFA, trois équipes qui, sur papier, étaient largement à la portée des Reds.
D?anciens joueurs du club, notamment Alan Hansen et Ian St-John, ne se sont pas fait prier pour condamner les errements répétés de Liverpool. Et, bien entendu, Houllier est devenu, malgré le souvenir inoubliable de l?épopée de 2001, la cible préférée d?un certain nombre d?observateurs, des observateurs dont on a l?obligation de penser, dans ces colonnes, qu?ils sont crédibles.
Curbishley à 10/11
Les détracteurs de Gérard Houllier ont fort judicieusement mis en avant certains faits troublants, soit ignorés, soit volontairement oubliés par la plupart des supporters de Liverpool. Le plus évident de ces faits étant qu?il a réussi l?exploit de ne pas qualifier la France pour la Coupe du monde 1994 bien qu?il disposât, à l?époque, d?une pléiade de stars. Houllier avait ensuite, sans le moindre scrupule, fait porter le chapeau à un de ses joueurs, David Ginola en l?occurrence.
Autres arguments mis en avant par ses détracteurs : son échec total sur le marché des transferts où il a dépensé en six ans £ 128 millions.
Parmi ses principales acquisitions : Jean-Michel Ferri, Frode Kippe, Rigobert Song, Djimi Traoré, Titi Camara, Sander Westerveld, Vladimir Smicer, Bernard Diomède, Nick Barmby, Christian Ziege, Gregory Vignal, Daniel Sjolund, Igor Biscan, Chris Kirkland, Abel Xavier, Emile Heskey, El Hadji Diouf, Salif Diao, ou encore Bruno Cheyrou pour ne citer que quelques noms.
Aucun parmi eux n?avait évidemment les qualités requises pour jouer à Liverpool. Bon, c?est vrai, il y a aussi eu Sami Hyypia, Stéphane Henchoz, Dietmar Hamman et Harry Kewell, des garçons qui ont tenu leur rang, mais un club de la dimension et de la stature de Liverpool ne méritait-il pas de voir plus grand à une époque où Rivaldo ou Ronaldhino étaient libres sur le marché des transferts ? La question restera longtemps posée?
La course à la succession de Gérard Houllier, en tout cas, est déjà ouverte. Plusieurs noms sont cités. Chez le bookmaker William Hill, l?entraîneur de Charlton Alan Curbishley est donné grand favori pour poser ses valises à Anfield à 10 contre 11. Il devance ses collègues de Valance Rafael Bénitez et de Celtic Martin O?Neill. Le ?magicien? de Porto, José Mourinho, ne trouve lui preneur qu?à 13/2. Suivent dans l?ordre l?ancien coach de Southampton Gordon Strachan, coté lui à 7/1, et celui de Middlesbrough, Steve McLaren, offert à 14/1. Claudio Ranieri, Phil Thompson, Kenny Dalglish, Kevin Keegan et David O?Leary sont également cités à des cotes extrêmes.
À bien voir, Curbishley pourrait s?avérer un choix logique. Il a relevé, cette saison, l?incroyable défi de faire de Charlton un prétendant en force à l?Europe. Cette équipe n?avait pour seule vedette que le vétéran Paolo Di Canio, ce qui ne l?a pas empêché de finir la saison à une étonnante septième place. Curbishley aurait le soutien du capitaine de Liverpool, Steven Gerrard, lequel a admis, hier, qu?il appréciait son style.
Mais cela pourrait ne pas se produire. À en croire le directeur exéctutif Rick Parry, qui s?entretenait hier avec Soccernet, le prochain mentor des Reds sera quelqu?un qui possède des trophées. Parlait-il de Mourinho ?
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