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Grippe aviaire: la menace s?étend
Une souche mortelle de la grippe aviaire a été détectée lors d?examens effectués auprès de plusieurs porcs vietnamiens, a fait savoir hier l?organisation des Nations unies pour l?agriculture et l?alimentation (FAO), mais un responsable du gouvernement vietnamien a dit ne pas être au courant de cette information. Cette découverte, si elle est confirmée, est potentiellement alarmante dans la mesure où les porcs constituent un vecteur de virus efficace, le système immunitaire des porcs étant semblable à celui de l?homme. Les porcs recèlent ainsi des maladies transmissibles aux humains.
Selon Anton Rychener, représentant au Vietnam de la FAO, agence de l?Onu, «le virus H5N1 se trouvait dans les cavités nasales des porcs». Il a ajouté que des échantillons sanguins prélevés effectués sur les porcs avaient été envoyés à Hong Kong, et que les résultats des analyses n?étaient pas encore disponibles.
Les porcs, quoique porteurs du virus, ne sont toutefois pas atteints par la maladie, qui a déjà entraîné la mort d?au moins 18 personnes et l?abattage de millions de volailles en Asie.
Selon des experts, le virus, une fois logé dans l?organisme d?un porc, peut muter en se mêlant à une souche humaine de grippe, et devenir ainsi plus dangereux pour l?homme. L?OMS craint qu?une telle situation n?entraîne l?avènement d?une nouvelle catégorie de virus contre laquelle l?homme ne serait pas immunisé.
Selon Rychener, la grippe aviaire a été détectée chez trois ou quatre porcs. Il a dit ne pas se souvenir du nombre total de porcs soumis à ces examens. Prié de commenter l?annonce faite par la Fao, un responsable des services vétérinaires a déclaré : «Nous n?avons pas été informés de cette découverte. Nous savons que le H5N1 est absent des porcs soumis à des examens au Vietnam.»
Les autorités de Hanoï ont confirmé hier deux nouveaux décès dus à la grippe aviaire sur le territoire vietnamien, ce qui porte à 13 le nombre de morts depuis le début de l?épidémie. Les deux nouvelles victimes sont une fillette de six ans, de la province de Dong Nai, et un homme de 24 ans, originaire de la province de Lam Dong sur les plateaux du centre. Tous sont décédés à Ho Chi Minh-Ville.
CONDITIONS D?HYGIÈNE INSUFFISANTES
Cinq autres décès sont officiellement dus à la grippe dite «du poulet» en Thaïlande. Ce bilan pourrait cependant s?alourdir, Bangkok ayant fait état de deux nouveaux cas, ce qui porte leur nombre à 10. Neuf morts sont aussi soupçonnés d?avoir été porteurs du virus.
Les autorités ont également annoncé cinq nouveaux foyers de contamination, présents dans 40 des 76 provinces thaïlandaises. 25,9 millions de poulets ont été abattus, sur un total de 50 millions dans l?ensemble des dix pays d?Asie touchés.
Au Cambodge, les autorités sanitaires ont annoncé deux nouveaux foyers de contamination concernant une cigogne ainsi que des cygnes et d?autres oiseaux. Phnom Penh n?avait pas signalé de cas depuis le 23 janvier, laissant espérer une première victoire sur la maladie.
La Thaïlande caresse le même espoir : «Le gouvernement est satisfait du fait que l?épizootie a été contenue», a déclaré le porte-parole du gouvernement. Le directeur du département de contrôle des maladies a estimé «probable que le nombre de malades baisse».
Bangkok continuait cependant à être accusé d?avoir dissimulé la maladie, notamment au commissaire européen à la santé, David Byrne, qui se trouvait dans le pays fin janvier. «Il est choquant que le gouvernement thaïlandais ait mal informé le commissaire», a dit son directeur de cabinet dans un message diplomatique cité par le journal Nation. La Thaïlande, 4e exportateur mondial, avait notamment été critiquée pour avoir longtemps soutenu que les poulets étaient atteints de bronchite et de choléra. Bangkok envisage néanmoins des mesures de rétorsion contre l?Union européenne après la prolongation jusqu?au 15 août de son embargo sur les poulets thaïlandais, a menacé le ministre du commerce Watana Muangsook.
En Chine, le Jiangxi, province située dans le sud-est du pays, est touché par le virus H5 N1, souche la plus virulente de la maladie, a annoncé jeudi soir la télévision chinoise. Le nombre des provinces chinoises infectées est désormais de 13 sur 31. Pékin, également soupçonné de dissimuler la vérité, a rejeté les critiques des nombreux journalistes étrangers interdits de reportages dans les zones touchées, tandis que les médias chinois contrôlés par le pouvoir affirment que le pays maîtrise la situation.
Jeudi 5 février, le groupe d?experts vétérinaires mondiaux, réunis au siège de la FAO à Rome, a préconisé une vaccination «ciblée» des volailles dans les pays touchés, afin d?établir un cordon sanitaire pour enrayer la progression du virus. Le directeur général de la FAO, Jacques Diouf, a appelé à une «réaction urgente» et demandé à «tous les pays de prendre des mesures de précaution et de renforcer leurs services de veille vétérinaire». Les experts critiquaient ainsi les pays asiatiques, accusés d?avoir tardé à rendre publique l?apparition de l?épidémie.
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