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Globe-trotter bénévole
Bijoux clinquants, pommettes fardées, yeux brillants? Difficile à croire que Laurence Fatus a 71 ans. Et pourtant ! 71 ans, cela en fait des histoires à raconter. Laurence Fatus en a plusieurs. Ce sont ses petits-enfants qui doivent être gâtés. Comme une grand-mère, elle va nous les conter aussi.
François Mitterrand, Nicolas Sarkozy, Gilbert Bécaud, Edith Piaf, Kofi Annan? Ce sont là quelques-unes des rencontres que Laurence soutient avoir faites. Ah bon ! Tout ce beau monde ? Anecdotes à l?appui pour étayer ses dires, nous voilà complètement pris au jeu.
Cela fait presque 50 ans qu?elle a quitté Maurice. A 21 ans, elle était partie pour l?Angleterre pour compléter ses études pour devenir infirmière. Pendant ses études, elle cherche un emploi à mi-temps. Histoire d?envoyer quelques sous à ses parents et ses quatre frères et s?urs restés à Maurice. C?est ainsi qu?elle fera la rencontre du célèbre réalisateur français, Roger Vadim, en répondant à une annonce pour devenir professeur d?anglais à Paris. «Il tournait Les liaisons dangereuses à cette époque. Quand j?ai eu le poste, il m?a emmené en Ferrari de Paris à Saint-Tropez dans sa maison de vacances avec toute sa famille. C?est là-bas que se trouvaient les enfants auxquels je devais enseigner l?anglais.» Elle reste à Paris deux mois jusqu?à la fin des vacances.
De retour en Angleterre, elle termine ses études et se marie avec un anglais avec lequel elle aura deux fils, Yves et Steven. Entre-temps, elle a trouvé un emploi à la British Broadcasting Corporation dans les relations publiques. Ce domaine l?attire. Elle s?inscrit alors à un cours en psychologie, sociologie et relations humaines. Se fait embaucher chez les inventeurs des Smarties, Rowntree Macintosh.
Ensuite, elle sera directrice adjointe des ressources humaines à l?hôtel Hilton Paris-Orly. Là-bas, elle rencontre l?ex-président français, François Mitterrand. «Il descendait toujours à cet hôtel. Ainsi, chaque année, j?avais une invitation pour le 14 juillet au Palais de l?Elysée. Je pouvais assister à la cérémonie de la loge officielle», se remémore-t-elle.
«Parmi ces enfants qui au début étaient non scolarisés, aujourd?hui, plusieurs sont à l?université. Certains suivent des cours de médecine, d?autres de droit? C?est ça notre récompense.»
La culture étant «son violon d?Ingres», à 45 ans, elle abandonne son emploi rémunéré pour faire du travail non-rémunéré. Elle est responsable de la culture chez SVP, une compagnie s?occupant de la relation clientèle. «Je devais commenter sur les menus des restaurants gastronomiques, écrire des comptes-rendus de la performance des artistes au théâtre, de celle des chanteurs à l?Olympia, ? » Pour ce faire, elle interviewe les Gilbert Bécaud, Edith Piaf, Sacha Distel, Daniel Delors?
Cela lui fait plaisir de parler de ses souvenirs. C?est ce qu?elle est venue faire à Maurice. Chercher ses souvenirs. C?est pourquoi elle est partie dans chacune des écoles qu?elle fréquentait quand elle était petite. L?école C?ur Sacré de Jésus, l?école du gouvernement Abdool Rahman Abdool, le couvent de Lorette de Port-Louis?. L?entreprise Taylor-Smith & Com- pany Ltd. au Quai D à Port-Louis. Son père y travaillait comme charpentier. Elle y tient, au passé. «Je voudrais pouvoir rencontrer toutes mes amies d?école. Pensez-vous que si vous mettez mon nom de jeune fille, on me reconnaîtra mieux ?» Elle est née Laurence Narainen.
Depuis 2002, elle fait partie du Pattaya International Ladies Club en Thaïlande. Un groupe qui réunit près de 200 femmes venant du monde entier pour partager leur diversité. Un club dont elle a été la présidente pendant une année. Un club qui fait beaucoup dans le caritatif également. En offrant repas, bourses, éducation, abri, à des centaines d?individus à Pattaya. «Parmi ces enfants qui au début étaient non-scolarisés, aujourd?hui, plusieurs sont à l?université. Certains suivent des cours de médecine, d?autres de droit? C?est ça notre récompense.»
Après cette escale chez nous, Laurence partira pour « le Japon, la Birmanie, la Thaïlande, la Chine, l?Australie, la Nouvelle-Zélande, la Malaisie, l?Indonésie?»
Bénévole ? Globe-trotter avide de découvertes, oui ! Et bien, on peut faire les deux. D?abord, ses billets d?avion, elle les obtient à tarif réduit, ayant épousé il y a 36 ans, Denis, alors chef de cabine à Air France. Ensemble, ils ont une fille, Virginie.
Et Maurice dans tout cela ? «Si je n?avais pas fondé une famille en Europe, je serais revenue à Maurice pour faire du social ? et de la politique Mais je reviendrai.»
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