Publicité

Gita : le maillon des affaires Deelchand et St.-Paul

6 septembre 2004, 20:00

Par

Partager cet article

Facebook X WhatsApp

lexpress.mu | Toute l'actualité de l'île Maurice en temps réel.

Nouveau développement dans l?enquête concernant la macabre découverte de dix cadavres à St.-Paul le 27 août dernier. Une femme, connue sous le nom de Gita, qu?Antoine Chetty, le chauffeur du notaire Deelchand avait souvent cité, serait sur le point d?être appréhendée par la police. Ses deux fi!ls et sa fille seraient ses complices.

Deux autres suspects, le constable Bhupendra Auckhaj et Jeetendra Jhungee, arrêtés vendredi ont été présentés en cour de district de Port-Louis, hier matin, devant le magistrat Raj Seebaluck. Ils sont maintenus en cellule policière jusqu?au 13 septembre.

Le premier répond d?une accusation de ?forgery?. Le second, répond d?usage de faux dans le cadre d?une vente frauduleuse d?un terrain à Quatre-Bornes en novembre 2003. La bande voulait en effet déposséder un certain Franck Marion de son terrain. Il a aussi fait part de trois autres cas de ventes frauduleuses dans lesquelles Hervé Janvier aurait imité la signature du notaire Joson.

Le constable Bhupendra Auckhaj, 37 ans, était affecté au poste de police de Moka et Jeetendra Jhungee, 44 ans, est un sans domicile fixe. Ils ont été appréhendés dans un bungalow à Flic-en-Flac sur la base des informations divulguées par un informateur.

Lors d?une perquisition au domicile du constable Auckhaj, à Camp-Thorel, la police a saisi plusieurs documents. Les enquêteurs tentent actuellement d?établir le lien entre des transactions illégales foncières et le notaire Vinay Deelchand.

Jeetendra Jhungee, un ancien clerc à l?étude du notaire Marcel Joson, a été longuement hier matin par les officiers de l?Anti Drug & Smuggling Unit menés par l?inspecteur Tuyau. Il a expliqué qu?il a souvent rencontré Hervé Janvier ces deux dernières années. Ce dernier qui est le dixième cadavre a avoir été identifié.

Jeetendra Jhungee a aussi raconté qu?il avait pour tâche d?enregistrer des documents relatifs à la vente frauduleuse de terrains après la falsification des signatures du notaire Marcel Joson par Hervé Janvier. Il était rémunéré d?une somme de Rs 50 000 pour chaque cas d?enregistrement.

Rs 10 millions pour sauver le monde

De son côté, le notaire Joson a expliqué : ?Jeetendra Jhungee était mon employé pendant deux ans mais je l?ai renvoyé en 1996 car il prenait de l?argent avec les clients sans déposer de contrats.? Il a consigné une déposition à cet effet.

Les enquêteurs, qui comptent entendre le notaire cette semaine, espèrent obtenir des informations utiles pour le déroulement de l?enquête. Jeetendra Jhungee devra également s?expliquer sur un déplacement à l?étranger entre le 6 avril et le 17 août. Il s?était envolé pour Afrique du Sud avant de rallier la Grande-Bretagne alors qu?Antoine Chetty avait commencé ses révélations. Il était rentré dès que les choses s?étaient calmées.

Rajesh Dhayam, l?ancien cadre du MGI, et Critikha Mawooa, qui serait, selon la police, le cerveau du drame de St.-Paul, étaient connus de Hervé Janvier, de Jeetendra Jhungee du constable Auckhaj et de la dénommée Gita. Tous complices dans des affaires de fraudes de terrains, selon Jeetendra Jhungee. Dans sa déclaration faite à la police, il a affirmé que Crithika Mawooa avait réclamé entre Rs 7 et 10 millions pour faire des prières afin de sauver le monde.

Vagues informations

L?officier de police Auckhaj se refuse, pour l?instant, à donner sa version des faits. Il se chuchote aussi que la police enquêtera sur une affaire de faux passeports et fausses cartes d?identité dont il serait un maillon. Les enquêteurs souhaitent aussi réclamer un ordre de la Cour suprême pour examiner les transactions bancaires de Rajesh Dhayam.

Le nom de Gita n?est pas inconnu des policiers responsables de l?enquête autour de l?affaire Deelchand. Déjà en avril, Antoine et lors de ses dépositions à la police, Antoine Chetty avait parlé d?une femme et donné une adresse en ajoutant qu?elle serait, selon lui, intimement liée au notaire Deelchand.

Il avait aussi mentionné le nom de Hervé Janvier. Mais les informations étant trop vagues, les enquêteurs n?avaient pas approfondi ces deux pistes.

Erreur monumentale ou manque de perspicacité ? On ne peut s?empêcher, dans les milieux de la police, de penser que le drame de St.-Paul aurait pu être évité si les investigations avaient été plus poussées. L?arrestation imminente de Gita pourrait faire avancer les choses...

Publicité