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Giovani et Giovano,les petits prodiges du saxo
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Giovani et Giovano,les petits prodiges du saxo
Un, deux, trois et quatre. le tempo est donné. En quelques secondes, le jazz s?empare du Caudan Waterfront où l?Atelier Mo?Zar organise un concert chaque samedi. Parmi une horde de musiciens, deux enfants. Vêtus d?une chemise kurta bleu turquoise à rayures vert pomme, de jeans, de baskets et coiffés d?un béret noir, Giovani et Giovano Émile prennent une grande respiration.
Un rapide coup d??il sur les partitions, bouches fixées au bec du saxo pour jongler du souffle, doigts pianotant les touches de l?instrument, le pied tapotant le sol, et c?est parti ! Des notes s?échappent, grondent furieusement, agrémentées d?une contrebasse, d?un clavier ou d?une trompette. Du Ray Charles en passant par Charlie Parker ou encore Sony Rollins, le répertoire des petits prodiges est impressionnant ! Bercés depuis leur tendre enfance par les mélodies de Georges, le papa chanteur qui grattait sur sa guitare classique et de Thérèse, la maman douceur, Giovani et Giovano ne pouvaient échapper à cet héritage : la musique. Chaque recoin de leur maison à Batterie-Cassée en est d?ailleurs imprégné.
À sept ans, Giovano est fasciné par une chanson de Charlie Parker ? Night and Day. Elle reste gravée dans sa mémoire, tant et si bien, qu?il ne peut pas s?empêcher de se gaver de l?album. Très vite, il commence à apprendre à jouer de la guitare avec son père.
De son côté, Giovani, intrigué par les interprétations de son père, l?observe mais ne franchit pas tout à fait le pas. « Papa jouait souvent de la guitare et d?autres instruments de musique à la maison. Nous étions curieux de savoir comment ces instruments fonctionnaient. Nous avions envie de jouer à notre tour », explique Giovani. Il ne croyait pas si bien dire !
Quelques années plus tard, le hasard frappe à leur porte. En mai 2002, une tante qui vit en Amérique, envoie un cadeau au père des enfants : un saxophone. Ne sachant pas encore en jouer, Georges Émile, musicien depuis plus de treize ans, décide de l?offrir à Giovani. Fou de joie, l?adolescent décide d?apprendre à en jouer. « Ce n?était pas très facile au départ. Il fallait apprendre les notes, et surtout les accords. J?avais surtout du mal à retenir le sol. En fait, je l?oubliais à chaque fois », confie ce dernier. Deux mois plus tard, son jumeau lui emboîte le pas. Pour cela, Georges Émile doit acheter un saxophone pour son fils et un autre pour lui. « Je connaissais bien José Thérèse, de l?Atelier Mo?Zar et je me suis renseigné auprès de lui pour savoir si mes enfants pouvaient s?inscrire. Il a tout de suite accepté. »
Peu de temps après, les choses sérieuses commencent. Il ne faudra pas plus de deux semaines pour que les jumeaux maîtrisent les notes. Persé-vérance, patience, dévotion et amour pour la musique y contribuent beaucoup. Le père, qui apprend également à jouer du saxo, n?hésite pas à les épauler.
À peine rentrés du collège Bhujoharry à Port-Louis, voilà que les frères sont déjà en route pour les répétitions de l?Atelier Mo?Zar qui ont lieu de 15 à 19 heures Et leurs efforts portent leurs fruits.
À 14 ans, Giovani et Giovano cartonnent avec leurs saxos dans les fêtes scolaires et les concerts. De temps à autre, les jumeaux se produisent aussi dans les hôtels. « Il y a un an, nous avons interprété des chants de Noël. En 2003, nous nous sommes produits à l?hôtel Trou-aux-Biches, et à Paul et Virginie », confie Giovano.
À quoi attribuer ce succès ? « La détermination joue un rôle clé dans l?apprentissage de la musique. C?est une qualité essentielle pour tous les instruments. Mais ces enfants sont très doués pour jouer du saxophone à leur âge. Ils sont très prometteurs », soutient José Thérèse. La réussite vient aussi de leurs parents. En particulier de leur père, qui les aide lors des répétitions à la maison, et de leur mère qui confectionne leurs vêtements de scène.
« La musique est pour nous une raison de vivre. Je crois que c?est dans notre sang ! J?ai toujours préféré faire quelque chose que j?aime, et je sais que c?est aussi ce que ressentent mes enfants vis-à-vis de la musique. C?est pour cela qu?ils arrivent à s?investir à fond et donnent le meilleur mais il faut bien sûr bien équilibrer les choses », souligne Georges Émile.
Pendant leur temps libre, Giovani et Giovani font des activités, telles que la natation et le football. Ils ont d?ailleurs constitué une équipe avec les amis du quartier. Mais la musique reste leur violon d?Ingres. Cette passion qui les lie à la musique les conduira sans doute vers de nouveaux horizons. Ainsi, après leurs études, les jumeaux caressent un rêve commun : entrer à l?école de Berkley, en Amérique, un établissement spécialisé dans le jazz. Souhaitons que leur v?u soit exaucé.
« Bercés par leur papa chanteur qui grattait sur sa guitare, ils ne pouvaient échapper à cet héritage »
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