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Giorgio Napolitano élu président en Italie
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Giorgio Napolitano élu président en Italie
L’Italie s’est dotée d’un nouveau chef de l’Etat en la personne du sénateur à vie Giorgio Napolitano, un ancien communiste de 80 ans qui était le candidat de Romano Prodi, lequel va désormais être chargé de former son gouvernement, plus d’un mois après la victoire du centre-gauche aux législatives.
Napolitano, qui prendra ses fonctions lundi, le jour même où le président sortant Carlo Azeglio Ciampi remettra sa démission, a recueilli 543 voix au sein du collège des grands électeurs - sénateurs, députés, conseillers régionaux, soit 38 de plus que la majorité absolue suffisante à partir de ce quatrième tour de scrutin.
L’élection de Napolitano “s’est faite contre la volonté du peuple”, a affirmé le président du Conseil sortant Silivo Berlusconi, en prenant acte de la défaite de la droite après trois jours de bataille pour une fonction surtout protocolaire, mais prestigieuse, et à l’occasion politiquement cruciale.
“Nous sommes toujours convaincus que la moitié du pays a été exclue”, a ajouté Il Cavaliere, qui avait déjà mis trois semaines pour finir par admettre, de mauvais gré, la défaite, certes d’un cheveu, mais la défaite quand même de son camp aux élections des 9 et 10 avril. A l’inverse, l’accession à la présidence de la République de son candidat après celles de deux autres de ses alliés de la gauche unie aux présidences de la Chambre des députés et du Sénat comble Prodi, que Napolitano va désormais pouvoir charger de former le gouvernement, ce que Ciampi avait décliné de faire.
Prodi, qui a déclaré s’attendre à ce que son gouvernement soit en mesure de prêter serment dès mercredi prochain, s’est félicité de l’élection de Napolitano, “un homme qui démontrera l’unité de notre pays et sera apprécié de tous”, a-t-il confié à Reuters Television.
Aujourd’hui membre des Démocrates de la Gauche, principal parti de l’“Unione”, Napolitano a déjà présidé la Chambre des députés, mais il est la première personnalité issue du Parti communiste italien, le plus important PC d’Europe occidentale durant la Guerre froide, à occuper la magistrature suprême dans la Péninsule. Prié de dire s’il était ému par son élection comme 11e président de la République de l’après-guerre, l’ancien militant communiste a répondu sobrement: “A votre avis ?” Si sa victoire récompense l’opiniâtreté de Prodi, qui avait résolument soutenu sa candidature face à une opposition hostile, Berlusconi peut se consoler en constatant que la Maison des libertés, son alliance de droite, ne s’est pas fissurée au cours de cette épreuve de force. Face à une telle opposition, l’expérience d’économiste, d’ancien président du Conseil et d’ex-président de la Commission européenne de Prodi ne sera pas de trop pour mener à bien la nécessaire bataille du redressement économique de l’Italie à la tête d’une coalition hétéroclite allant des néo-communistes aux catholiques centristes.
“L’Italie a besoin d’un gouvernement qui la sorte de la crise. J’ai besoin de l’aide de tous les Italiens et je vais faire en sorte de la mériter”, a-t-il promis.
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