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G. Duval : J?avais raison d?être contre l?Indépepdance

20 mars 2008, 00:00

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En mars 1983, quinze ans après le 12 mars 1968 et quinze décennies avant la première victoire de l?alliance Bleu-Blanc-Rouge (PMSD-MSM-PTr), Gaëtan Duval maintient sa totale hostilité des années 1960 contre l?indépendance de Maurice. Il confie à la presse : J?avais parfaitement raison d?être contre l?indépendance en 1967 ». A la même époque, Anerood Jugnauth, un des derniers survivants de la conférence constitutionnelle de 1965, affirme le contraire de Gaëtan Duval et soutient que l?alternative, à Londres, en 1965, était, nullement Indépendance versus intégration de Maurice à la Grande Bretagne, mais bien Indépendance ou statu quo, autrement dit Maurice refusant l?indépendance restait tout simplement colonie anglaise.

Les affirmations 1983 de Duval et de Jugnauth ne sont pourtant pas totalement incompatibles. Jugnauth maintient, en mars 1983, que le Bureau britannique des Colonies fait clairement comprendre, en 1965, aux participants de la conférence constitutionnelle que si le courant indépendantiste se retrouve minoritaire c?est le statu quo qui prévaudra, autrement dit Maurice demeure colonie anglaise jusqu?à ce que le courant indépendantiste devienne majoritaire. Cela fait toutefois l?affaire du PMSD qui veut bien de l?Indépendance mais après l?entrée de la Grande Bretagne dans le Marché Commun majoritaire, en supposant qu?elle puisse et surtout veuille s?encombrer de ses dernières colonies pour négocier son entrée dans le Marché Commun. N?oublions pas que le Grand Charles (de Gaulle) veille au grain alors. Il veut bien de la Grande-Bretagne mais toute nue, autrement dit sans ses oripeaux colonialistes ni sa servilité aux Etats-Unis via l?OTAN. On peut se contredire tout en s?entendant comme larrons en foire. La victoire de l?alliance Bleu-Blanc-Rouge n?est-elle pas celle des indépendantistes ennemis (Jugnauth et Ramgoolam) et de l?anti-Indépendance par excellence (Duval) ?

De là croire avec Duval que les Anglais accepteront que nous, Mauriciens, français zé conne, anglais zé débrie, deviennent un jour des sujets britanniques à part entière et que notre île Maurice devienne une division territoriale du Royaume Uni, serait faire preuve de la plus grande naïveté qui soit. Nous connaissons que trop la devise anglaise : East is East and West is West. Les Mauriciens, vivant en Angleterre, pendant les années 1960, savent combien les Anglais se gaussaient de l?irrelevant prétention de ces Mauriciens pro-PMSD voulant devenir Anglais

Mais même Seewoosagur Ramgoolam n?arrive pas à croire, en 1965, que ce n?est pas Maurice qui réclame son Indépendance, mais c?est l?Angleterre qui nous la donne de bon c?ur tant immense est son désir de se débarrasser à jamais de sa colonie francophone et francophile de Mauritius. Cela est d?autant plus incontestable que nous courions tout droit vers l?abîme économique, au dire du triste tandem Titmuss/Meade, tout Prix Nobel qu?ils peuvent être. Ramgoolam est assez naïf pour tomber dans le piège que lui tend ses british old friends et, sur un plateau de naïveté et d?étonnante candeur, il leur offre nos Chagos pour éviter un référendum, pouvant démontrer la minorité du courant indépendantiste, même au sein de my people.

L?Angleterre nous prouve depuis et sans conteste qu?elle se préoccupe davantage du renforcement de sa servilité avec les Etats-Unis (ex-colonie rebelle) et avec l?Europe continentale que de la consolidation de ses liens avec ses anciennes colonies en Afrique, aux Antilles, en Asie et dans le Pacifique. Il n?est pas question pour Whitehall, par exemple, de mettre fin à cette hémorragie financière, au gaspillage de l?envoi de soldats en Irak pour plaire à George W. Bush de la Boucherie et offrir l?argent ainsi économisé aux moins développées des anciennes British Colonies. Nous ne pouvons quand même pas oublier le projet Thatcher de mettre un terme à la présence culturelle du British Council à Maurice.

En mars 1983, Gaëtan Duval croit toujours dans ses rêves intégrationnistes. Il ne peut pas se rendre à la Réunion (plusieurs fois par an) sans pleurnicher sur la chance (?) qu?auraient les Réunionnais d?être des Français à part entière et même des citoyens de l?Europe mais non des zoreilles privilégiés dans leur propre île, tandis qu?ils sont traités, en France, de « singes » par des lepénistes enragés.

Duval concède que l?adhésion de Maurice à la Convention de Yaoundé, obtenue en grande partie par lui, permet à Maurice d?obtenir une part appréciable des avantages que nous aurions obtenus si, en août 1967, une majorité d?entre nous, avait, à son appel, préféré le collier du chien de garde de la fable et de l?intégration, à la liberté de man?uvre du loup affamé mais indépendant et libre comme l?air. Et Duval de s?extasier platement sur les bienfaits financiers que la France déversent sur nos frères et s?urs réunionnais, faisant d?eux des assistés chroniques et même des adeptes de l?argent-braguette. A chacun, ses fantasmes.

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