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G. Duval à Sirius : votre MMM n?est pas impeccable
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G. Duval à Sirius : votre MMM n?est pas impeccable
Nos réminiscences, d?il y a un quart de siècle, poursuivent, aujourd?hui, la contestation duvalienne du parallèle qu?établit, en mai 1983, le chroniqueur journaliste Sirius entre la situation, prévalant après la cassure du MMM du 22 mars 1983, suivie de la constitution embryonnaire de l?alliance Bleu-Blanc-Rouge ou anti-Bérenger et celle de la coalition PTr-PMSD, voulue, patronnée et bénie par Michel Debré, de 1970 (voir l?express de vendredi dernier).
Avant d?essayer de tordre le cou à certaines assertions de Sirius, concernant son MMM, Gaëtan Duval tient à rétablir certaines de «ses» vérités, concernant son agrément à la coalition gouvernementale de 1970, espérant river ainsi le clou à l?UDM si chère à Sirius, qui parle effrontément, selon lui, de «coalition coûte que coûte» . Duval affirme que l?exécutif du PMSD approuve, à une forte majorité, la formation de ce gouvernement d?unité nationale. Des opposants quittent alors le PMSD, forment l?UDM et siègent en opposants à l?Assemblée législative. Non seulement Guy Ollivry ne s?oppose pas à cette coalition gouvernementale mais encore accepte d?en être le ministre du Plan et du Développement.
Choisir l?opposition coûte que coûte plutôt que d?accepter le rameau d?olivier, sinon la perche (et même un morceau du gruyère gouvernemental) que lui tend charitablement le PTr de SSR aurait pu avoir des «conséquences incalculables», prétend Duval. Il cite, en vrac, bagarres raciales, stagnation économique, chômage généralisé, exacerbation du communalisme, et même un gouvernement à l?africaine (SADC et COMESA apprécieront). En revanche, tangibles sont d?après lui les résultats de la coalition gouvernementale (comme, par exemple, l?abolition antidémocratique des législatives de 1972, le règne des tapeurs de la rue Derby, l?IRA, le POA, les tentatives de musellement de la presse écrite, le règne des play boys, la démocratie plus d?une fois violée). Duval en veut à mort à Sirius d?écrire ceci : «On peut faire tous les reproches que l?on veut au MMM mais pas cet opprobre-là, pas ce crime-là».
A cela, Duval répond (mais sur un point seulement) et non sans raison ni bon sens que, pendant neuf mois de gouvernement 60-0 ou presque, le MMM n?a pas trouvé une seule minute pour abroger le POA. Pire encore, il s?est prévalu de cette loi «scélérate» pour que notre police matraque Ilois, gradués-chômeurs, ouvriers et ouvrières de la zone franche, parfois même quand Bérenger pose son séant, pendant cinq jours, sur le fauteuil de Premier ministre et qu?Harish Boodhoo joue les personnes alitées à la Belle-Terre que voilà.
Sirius parle des agissements dictatoriaux de la coalition gouvernementale PTr-PMSD. Duval l?invite à tourner d?abord ses regards sur le MMM qu?il vénère, sur le MMM qui rejette au départ la «farce électorale» (pour prétendre, en 2008, au titre de «champion de la réforme électorale»), le MMM qui ambitionne de prendre le pouvoir grâce à la grève générale et à la révolution permanente. Duval ne regrette pas d?avoir emprisonné Bérenger et consorts, une année durant, les privant, du même coup, de leur « steak quotidien». Il rappelle qu?il fallait débarquer les navires afin que la population ait de quoi manger (rappel salutaire en ces jours de menaces de crise alimentaire d?une gravité sans précédent). Il fallait mettre un terme aux incendies criminels dans les champs de cannes à sucre (à ne pas confondre avec les futurs caro cannes accueillant les candidats dépités). Il fallait procurer un moyen de transport en commun (si possible pas embouteillé) à l?île Maurice opérante et laborieuse.
Le MMM, que défend et vénère Sirius, fulmine Gaëtan Duval, est aussi l?inventeur de l?opération lève paquet allé (Hervé Duval, Jean Delaître, Kanti Banymandhub et autres), un chasseur de sorcières. Ce parti, accuse encore Gaëtan Duval, est responsable du renvoi d?employés d?ambassade, au bas de l?échelle (chauffeurs, plantons, dactylos, garçons de bureau surtout ceux proches de la basse-cour bleue). Il facilite la nationalisation des biens et des propriétés privées, en étalant, dans le temps, la compensation due par l?Etat, faisant fuir d?autant les investisseurs étrangers. Il divise et irrite la population avec une « stupide politique de langues (les partisans du créole et de l?hymne national en cette langue apprécieront).
Bref, conclut Gaëtan Duval à l?intention de Sirius : «Ton MMM est peut-être sans peurs mais non sans reproches». Encore que tout dépend de quel bout de la lorgnette se sert-on pour procéder à l?examen de conscience, sinon à l?autocritique, de ce parti, parfois mauve de colère.
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