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G. Duval à Sirius : l?opposition plus pépère que la coalition, en 1970

23 mai 2008, 00:00

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Le leader incontesté de ce qu?il reste du PMSD, en 1983, Gaëtan Duval, conteste, à la mi-mai de cette année, une analyse par le chroniqueur Sirius de la situation politique, après la cassure du MMM du 22 mars 1983, alors que sont en cours les tentatives d?une grande alliance anti-Bérenger, composée du PTr de Seewoosagur Ramgoolam, du MSM d?Anerood Jugnauth et du PMSD de Duval, soit les ingrédients de la future alliance Bleu-Blanc-Rouge. Sirius, que Duval soupçonne être André Masson, trouve que la situation politique, en mai 1983, lui rappelle étrangement celle qui prévaut avant ces législatives du 7 août 1967 qui nous permettent d?accéder à l?indépendance politique. Il rappelle également les années de formation du MMM, en 1969-71, quand une coalition totalitaire ou presque, du moins sur le plan parlementaire, composée du PTr, grossi par la transfugion des députés IFB, ayant trahi leur leader, Sookdeo Bissoondoyal, et du PMSD, amoindri par le départ des udémistes de Guy Ollivry, que le chef des Coqs bleus considère comme des renégats à la cause duvalienne.

Ledit Duval s?insurge contre le parallèle qu?établit Sirius entre la situation politique, prévalant en mai 1983, et celles des années pré-1967 et 1970-72. Il commence par définir Sirius : un petit bourgeois de la population générale, anti-ramgoolamiste invétéré, devenu udémiste par anti-duvalisme, en attendant de devenir bérengiste inconditionnel, malgré la présence de Jugnauth et de Boodhoo, encadrant sa nouvelle idole politique.

Duval rappelle que, aux législatives du 7 août 1967, le PMSD, avec 44% des voix, est le premier parti politique de Maurice mais que défait l?alliance de ses trois adversaires, le PTr, le CAM et l?IFB. Argument stupide car avec notre système électoral, le seul résultat qui compte est celui du nombre majoritaire des sièges remportés, le First Pass the Post System pouvant permettre, à un parti ou à une alliance, d?avoir même une majorité de sièges parlementaires, sans avoir pour autant la majorité des voix exprimées validement.

Sirius parle de la «coalition coûte que coûte» de 1970. Duval s?en explique. Le PMSD pouvait alors demeurer pépère dans l?opposition (attitude chère au MMM, craignant la chaleur excessive du poêlon) et attendre qu?un pouvoir gouvernemental pourri échappe aux mains travaillistes incompétentes et incapables. Le PMSD aurait alors hérité d?une économie exsangue et d?une population peut-être irrémédiablement désespérée. Il prétend avoir eu alors le courage de relever le défi de relancer une économie sans ressort, pressé, il est vrai, par un secteur privé des plus inquiets et par certaines puissances occidentales, dont la France ou plutôt La Réunion de Michel Debré.

Duval rappelle ce que fut la situation en 1970, au lendemain des bagarres raciales de janvier 1968, ayant durablement opposé les minorités musulmanes et créoles, sinon chrétiennes pour faire plaisir à Luc. Le chômage atteint son niveau le plus haut. Les campements sont vides, leurs propriétaires n?osent plus traverser Port-Louis pour s?y rendre. L?émigration et l?exode des cerveaux sont à leur apogée (N.B. : Vivement encouragés d?ailleurs par des ténors du PMSD). Un découragement profond étreint la population. Les deux blocs adverses d?avant l?indépendance acceptent d?oublier leurs vieilles querelles pour assurer ensemble la relance du pays (et permettre à quelques coqs de la basse-cour bleue d?occuper des maroquins ministériels). La confiance s?installe. Hôtels et usines textiles poussent comme des champignons. Les touristes affluent (quelques dizaines de milliers par année). Le pays renaît. Les propriétaires de campements peuvent retrouver leur plage préférée et même leurs chevaux et leurs cochons à Poste-Lafayette. Le secteur privé proteste. Il n?y a plus de homards. Les hôtels les accaparent pour leurs clients. Il n?y a plus de nénènes ni de servantes. Les usines textiles les accaparent pour assurer la production, la productivité, la compétitivité et tutti quanti.

Il ne reste plus rien de cette relance en mai 1983. Après que Seewoosagur Ramgoolam eut bouté Gaëtan Duval et son PMSD hors de son gouvernement à la fin de 1973, la bicyclette de l?économie mauricienne a pu poursuivre sa route, grâce à l?élan initial prodigué et aux années, non pas de vaches grasses ni de boom sucrier, mais de descente facile. Le faux plat prend fin en 1982/83, et comme font alors défaut les indispensables coups de pédale de la relance, ce vieux vélo fait du surplace, zigzague et menace de choir. Duval estime qu?on compte de nouveau sur son PMSD pour assurer la relance (et retrouver des maroquins ministériels perdus depuis 1973).

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