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Gérard Bisasur : un homme discret sous les projecteurs
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Gérard Bisasur : un homme discret sous les projecteurs
Le bras de fer entre Roshi Bhadain et l?Independent Commission against Corruption (Icac) prend une nouvelle tournure. Dans un affidavit soumis dans le cadre de sa demande de Judicial Review de sa suspension, qui sera appelée demain en Cour suprême, Roshi Bhadain, le directeur de la Corruption Investigation Division (CID) de la commission anti-corruption rend Gérard Bisasur, l?un des deux adjoints au commissaire de l?Icac, responsable de l?humiliation qu?il a subie le 3 décembre dernier.
Mais qui est Gérard Bisasur ? Ce sexagénaire, avoué de profession, a été nommé adjoint au commissaire à l?Icac à la dernière minute. Il avait été appelé pour assumer ses fonctions quand le gouvernement est revenu sur sa décison de nommer Harold Munso, ancien adjoint au commissaire de police, à ce poste. Gérard Bisasur a fait sa carrière au parquet. Il y a quelques années, il part à la retraite et rejoint le cabinet de Me Patrick Balmano, une personnalité respectée de la profession légale. Le seul fait de travailler chez Me Balmano est aux yeux de ses confrères un gage de sa compétence. « N?importe qui ne va pas travailler chez Patrick Balmano» , laisse entendre un avoué d?expérience.
Toutefois, cette même personne se montre plus réservée quand il s?agit de commenter la performance de Gérard Bisasur . « C?est un garçon intelligent et serviable. Il est honnête mais peut-être n?a-t-il pas la carrure pour porter les responsabilités qui lui ont été confiées à l?Icac. Toujours est-il qu?il jouit du respect de tous dans la profession ».
L?honnêteté de Gérard Bisasur est défendue par ceux qui le connaissent. Ils disent ne pas comprendre pourquoi Roshi Badhain devrait s?interroger sur les relations professionnelles qui existaient jadis entre l?adjoint au commissaire de l?Icac et Advance Engineering Ltd, une firme faisant l?objet d?une enquête dans le cadre de l?affaire MCB-NPF.
Opinions partagées
Roshi Badhain avait, dans une correspondance, fait remarquer que Gérard Bisasur ne l?avait pas informé qu?il avait agi comme conseiller de cette entreprise. « On fait beaucoup de bruit pour rien. Ce n?est pas parce que Gérard Bisasur a perçu des fees de cette firme qu?il faut dire qu?il est impliqué dans ce scandale. Combien d?hommes de loi perçoivent des Retaining fees de plusieurs entreprises ? » se demande un juriste travaillant dans une institution d?Etat.
A l?Icac, les employés ont choisi leur camp et leurs commentaires sont révélateurs de la nature de leurs rapports avec leurs supérieurs. Les opinions sont partagées sur les reproches que le directeur de la CID suspendu fait à l?adjoint au commissaire de la commission. «Bhadain se demande pourquoi Bisasur ne lui a pas révélé ses liens avec Advance Engineering Ltd dans le cadre de l?enquête sur la fraude à la MCB. On peut lui retourner la question. Pourquoi n?a-t-il pas déclaré qu?il était actionnaire de Quartet ?» lance un ancien officier de la commission anti-corruption. Manifestement c?est un partisan de Gérard Bisasur et il ne cache pas son appréciation. « L?adjoint au commissaire est un homme qui sait se comporter vis-à-vis de son staff. Il fait preuve de souplesse, à l?opposé de Roshi Bhadain qui se montre autoritaire.»
Pour d?autres employés de l?Icac, Gérard Bisasur est un proche de Navin Beekharry, le commissaire de l?Icac. « Zot couma caleçon simiz », confie un enquêteur de la commission. D?autres officiers ne cachent pas leur hostilité à l?égard de l?adjoint au commissaire et n?hésitent pas à lui trouver des travers. « Il laisse plusieurs dossiers dormir sur sa table », disent certains; d?autres trouvent qu?il est « froid et hautain » et lui attribuent la responsabilité de la mutation d?un premier groupe d?enquêteurs ayant travaillé sur le scandale MCB-NPF.
Cela doit être dur pour Gérard Bisasur de se retrouver sous les feux de l?actualité, lui qui a toujours privilégié la discrétion. aujourd'hui, des éléments de sa vie privée font l?objet de commentaires à voix basse, de même que son supposé penchant pour les fêtes et les grosses cylindrées.
La seule fois de sa carrière où Gérard Bisasur avait été sous les projecteurs, c?était lors des élections générales de 1991. Il était Returning Officer à Rodrigues et le Parti travailliste avait soulevé un tollé après que des urnes vides furent retrouvées dans la nature. Gerard Bisasur avait alors la même attitude qu?il adopte aujourd?hui : silence complet.
Halkharee engage des poursuites contre l?Icac
Devanand Halkharee peut dormir sur ses deux oreilles. Jeudi dernier, le Central Criminal Investigation Department l?a enfin invité à participer à une reconstitution de la soirée du 4 décembre. Il allègue avoir ce soir-là été séquestré à l?Icac par deux de ses supérieurs afin qu?il porte de fausses accusations contre Roshi Bhadain. L?exercice s?est toutefois déroulé sans les protagonistes impliqués par l?officier Halkharee : les enquêteurs Vikash Peerun et Sanjay Dawoodharee. Flanqué de son avocat, Me Siddhartha Hawoldar, l?officier a montré aux enquêteurs la pièce où il dit avoir été forcé de consigner une « damning statement » contre Roshi Bhadain. Comme dans sa première déposition au poste de police de Moka dans la nuit du 4 décembre, le policier raconte, dans l?affidavit juré en Cour suprême la semaine dernière, avoir été « invité » par Vikash Peerun et Sanjay Dawoodharee à consigner, par écrit, une déposition contre Roshi Bhadain sur une soi-disant fuite d?informations à la presse. Les deux hommes, déclare Devanand Halkharee, disaient agir au nom du commissaire Navin Bheekarry qui avait réclamé « that I put a damning statement against Bhadain ». Une telle accusation aurait lavé le commissaire de tout blâme devant le comité parlementaire qui allait se réunir à ce sujet. L?enquêteur déclare qu?il ne voulait pas consigner une fausse déposition mais qu?il a été forcé d?écrire ce que lui dictaient les deux officiers car ils voulaient le détenir au quartier général de l?Icac et le renvoyer avec une « Letter of discredit » à la force policière. En fin de compte, Devanand Halkharee a fait les frais de son « indiscrétion » car il a été informé de sa « suspension » lorsqu?il a repris le travail lundi dernier, après une semaine de congé de maladie. L?Icac lui reproche d?avoir enfreint le code de confidentialité de l?établissement. « Je ne vois pas comment il a violé ce code, car il n?a fait que dénoncer des actes criminels perpétrés contre lui », déclare Siddhartha Hawoldar. Comme Roshi Bhadain, Devanand Halkharee va entamer des poursuites contre l?Icac pour protester contre sa suspension. De son côté, l?enquête de la CCID progresse. Vendredi, elle a interrogé les enquêteurs Peerun et Dawoodharee. Halkharee, lui, est au bord de la déprime. « Li genuine. Faudé so fusible ine sauté pou li alle de l?avant kumsa. », commente une source de la Drug Commission où il travaillait récemment.
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