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Fustiger la «négativité»
Sur une compilation de dix titres, portant le label Meli Melo, Blakkayo, Dagger Kkilla et Ultimatum prêtent main forte à de nouveaux venus de l?underground music. Ensemble, c?est une communauté qui naît et qui dénonce l?inégalité et ses travers. Edifiant. On ne naît pas artiste, on le devient. Aujourd?hui qu?ils ont accédé à la cour des grands, Blakkayo, Dagger Kkilla et Ultimatum jouent aux mécènes. C?est à leur tour d?encadrer des nouveaux venus, des amis chers, qui s?élèvent, comme eux, contre l?injustice. Et de cette communauté d?amis, d?artistes engagés, des mwadkka et des solda, naît un disque. Un album qui sent le coaltar, pour fight le système.
L?infernal bruit de la violence. Les réalités qui naissent du quotidien. Tout est cri du c?ur, véhémence, colère. Puis naissent des sensations, les couleurs, les paysages, la musique. Les bas reliefs d?une négativité qu?il faut à tout prix noyer. Solda Mwadkka, l?album des «militants coaltar », l?album des frères de sang, des frères que le rap, le ragga et le hip-hop ont réuni, pourrait être un ovni pour beaucoup.
A chaque morceau, l?humeur change, la tonalité happe des bouts de vie. Au bout de quelques secondes, vous voilà plonger au c?ur d?une sonorité vibrante, que les initiés décortiquent instantanément. C?est de l? «underground ». Cette musique longtemps cataloguée, souvent méprisée. Blakkayo, Dagger Kkilla et Ultimatum, c?urs de cible des Otentik Street Brothers et de Monaster, en sont les porte-drapeaux.
<B>Musique rageuse</B>
Il faut donc décoder les double sens, pénétrer dans une ?uvre féconde, qui offre une certaine vision de la société. Les mots scandent, traduisent, torturent, sifflent. Ils parlent de l?humain, de ses bétises, de ses faiblesses, de sa nature. Point de répit. L?homme n?est pas forcément bon. Il ne peut avoir une conduite exemplaire. Il ne peut s?empêcher de boire, de gueuler. C?est le portrait du nouveau Mauricien. C?est le retour à Sodome. Le retour à l?infidélité, à l?ignorance, à l?immoralité. Ils mixent joyeusement, le ragga au hip-hop, le rap au seggae. Ce cocktail détonnant, a la prétention de ne laisser personne indifférent. Ils ne suivent aucune règle. Ils s?auto-organisent une créolité qui sied à leurs revendications. Dans les coins dits défavorisés, naît ainsi une musique rageuse, pleine d?un créole réinventé, revu et corrigé. Et ces nouveaux venus qui débarquent, se sont choisis des patronymes éloquents : Panik, Ras Minik, Tofer, Quikk, Lion Kklash ou encore Real Fass. Ils nagent avec aisance dans des eaux profondes, sans filet, avec comme atout majeur, leurs plumes alertes, leur verbe qui fait mouche et leurs «vibes», inspirés de leurs maîtres à penser : Bob Marley, Pierpoljak, Alpha Blondy et tous les autres. Ils sont donc des symboles d?espoir et de paix. Ces poètes de l?ère moderne, veulent transmettre un message philosophique et mystique. A coup de refrains militants, ils tentent, à leur manière, un «get up, stand up » tonitruant. n Martine Luchmun
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