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Funérailles déchirantes pour Dass Ramdin

8 mai 2006, 00:00

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Des pleurs et des cris de douleur ont accompagné la levée du corps de Soondrassengeer Ramdin, hier, à Hollyrood 2, Vacoas. Ils étaient nombreux, membres de la famille et amis, présents dans le cortège se rendant sur le lieu de la crémation. Ce maçon de 51 ans, très apprécié de son entourage, a été retrouvé gisant dans une mare de sang devant sa maison.

?Koup sa pie la. Mo pa le trouv sa pie la. Anba la mem zonn pik li?, répète inlassablement Sambawtee, épouse de Soondrassengeer Ramdin. Vendredi, elle se trouvait déjà à la foire de Vacoas, où elle travaille, quand un voisin l?a sommée de remballer sa marchandise parce qu?il avait appris que son mari était grièvement blessé. Une fois chez elle, elle devait apprendre qu?il avait succombé à ses blessures lors de son transport à l?hôpital.

?J?habite non loin de là?, explique Nadia, une voisine venue assister aux funérailles, ?Dass, c?est son surnom, buvait comme tout le monde, à certaines occasions. C?était un homme gentil, de bonne humeur, toujours prêt à aider les autres. C?était facile de se lier d?amitié avec lui.? Et c?est justement un ami habitant la localité, Oomarduth, 27 ans, qui lui a porté un coup de tournevis à la poitrine. Coup qui s?est avéré fatal. Arrêté par la Major Crime Investigation Team, dirigée par le surintendant Prem Radhooa, il est passé aux aveux.

?Ce n?est pas l?oeuvre d?une seule personne?

?Zonn pik li. Lotopsi finn dir perforasion leker. Mem blese linn resi trene ziska lakaz?, raconte la veuve. ?C?est vrai que nous avons un sabre que mon mari utilisait pour élaguer les arbres mais je me demande pourquoi il ne s?en est pas servi pour se défendre s?il l?avait vraiment à la main?, poursuit Sambawtee.

Cet après-midi-là, ce qui devait n?être qu?une petite réunion entre amis chez le voisin d?en face dégénère en vive altercation. Il semblerait que l?alcool y ait beaucoup contribué. Des propos injurieux ont fait place à la violence physique. ?A voir les blessures qu?il a reçues, je peux dire que ce n?est pas l??uvre d?une seule personne. Bizin ena ankor lame dan sa krim la. Ils ont pris la vie d?un être humain, pas celle d?un oiseau. J?espère que le coupable ne va pas bénéficier d?une liberté sous caution comme on a pu le voir ces derniers temps.?

Ce drame plonge également les deux filles du couple, Reshmi, 23 ans, et Reshma, 28 ans, dans une totale affliction. Arrivées d?Angleterre et de France le matin même des obsèques, elles ne comprennent toujours pas comment un père au si grand c?ur a pu connaître une fin aussi tragique. Abattue, tout comme sa s?ur, Reshma ne cache pas son sentiment de révolte.

?Une moitié de ma vie est partie avec lui. Au téléphone, pour me ménager, on m?a dit que mon père était juste blessé mais une fille, ça sent les choses. J?avais compris que je ne le verrais plus jamais. Il n?a pas réussi à connaître son dernier petit-fils, Atish, qui a deux mois. Comprenez ma peine. Je devais venir à Maurice ces temps derniers mais il m?en a empêché à cause du chikungunya. Il craignait pour le bébé. Ce sera mon éternel regret. J?espère que le ou les coupables qui ont détruit une famille vivront très longtemps mais souffriront jusqu?à leur dernier souffle.?

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