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Frères des îles
Cela sent bon les îles. Cela sent bon l’amitié et la dualité musicale. Séga Maloya est donc le premier album qui scelle l’amitié Maurice-Réunion. «C’est une vision dualiste de la musique de nos deux îles, il y a un peu de tradition, un peu de modernité et un peu de fusion,» explique Bruno Escyle, l’alter ego de Gérard Louis.
Cet album est né d’une complicité musicale. Les deux artistes se sont longuement appréciés, avant de se décider à tenter l’aventure océan Indien. Et comme le séga mauricien se porte comme un charme à la Réunion et que tel n’est pas le cas de la musique réunionnaise ici, Gérard Louis dont le flair artistique ne cesse de croître, a voulu ainsi populariser le maloya chez nous. «En mem temp nou donne enn ti coup de main la mizik reunionnaise pou bann morisyen decouvert li,» explique Gérard Louis.
<B>Coup de génie</B>
Depuis sa séparation du groupe Cassiya, Gérard Louis, sans doute l’un des producteurs les plus prolifiques du pays, n’a pas cessé de peaufiner son art. Inventif, décidé, prêt à prendre des risques, il ne se ménage aucun effort pour la musique. Et celle-ci la lui rend bien. Séga Maloya marque un autre de ses coups de génie. Le mélange des genres lui va bien. Chanter en réunionnais lui a ouvert un autre horizon et son sens artistique continue à s’épanouir. C’est que le talent, ne s’invente pas. Il peut en revanche se réorganiser et se ré-orienter. Il suffit pour cela de posséder le flair et un goût inné du risque.
Après avoir fait bifurquer Sandra Mayotte du séga d’ambiance au profit des rythmes afro-cubains, Gérard Louis s’offre un petit plaisir. Il a de la chance, le séga mauricien l’aime, le maloya l’accueille à bras ouverts. Et dans le restaurant Coco des îles, où il a décidé de réunir ses amis artistes pour lancer son CD, Gérard Louis est détendu. Il a bonne mine, même si ses yeux s’assombrissent lorsqu’il évoque la mémoire de Sylvio Ravina. «C’est dernier album kot Sylvio, mo frer, mo kamarad serye, fine laisse so l’empreinte. Album la fine definitivement mark mo carriere.»
Et parlant de postérité, Séga Maloya y figure déjà. En avant donc Maurice-La Réunion ! Gérard Louis et Bruno Escyle aiment l’authentique. En fins connaisseurs de la musique de leurs îles, ils réussissent à marier les deux genres avec justesse. C’est définitivement un mariage d’amour, un mariage réussi.
Alliance culturelle</B>
Aux premières notes, quand les rythmes ondulent que les pieds commencent à remuer, le pari est rapidement gagné. Il faut pour cela aimer le séga d’ambiance, lui reconnaître sa faculté à mettre de bonne humeur. Il est sobre et pétillant. Du séga alalila ! Plus que de simples curiosités musicales, ces compositions signées Gérard Louis et Bruno Escyle, sonnent à la fois mauriciennes, africaines, réunionnaises.
Il y a parfois un swing hypnotique, une ambiance locale et des îles qui mettent du baume au cœur. Et quand une once de mélancolie tend à poindre son bout de nez, on tend l’oreille, sans pour autant être mal dans notre peau. Avec une incomparable fraîcheur, Séga Maloya célèbre les îles sœurs. Les frères artistiques qui l’ont permis de voir le jour, ont réussi leur mission : divertir les deux îles sur un même CD. Qui mieux que Gérard Louise, le président de la MASA, pour résumer cet album : «C’est l’alliance culturelle de deux pays, chacune dans sa langue.»
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