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?Francofffonies?, cultures francophones à l?infini

20 mars 2006, 00:00

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<B>Un horizon universel</B>

Le concept est éprouvé. Cerner la francophonie en exposant clairement tout ce qu?elle n?est pas. C?est l?exercice auquel s?est livré Fred Constant, conseiller de coopération et d?action culturelle à l?ambassade de France, en guise de préambule à la série d?activités organisées pour marquer la Journée internationale de la francophonie. ?Ce n?est pas la défense de la pureté ou de la supposée pureté de la culture française?, a-t-il déclaré.

Conscient que la francophonie donne lieu à des malentendus, voire des contresens, il devait souligner que ?contrairement à ce qui est dit, ce n?est pas une invention française, c?est une démarche de pays du Sud, tels le Sénégal et le Niger?. Occurrence particulière cette année : la célébration de la francophonie coïncide avec le centenaire de la naissance de Léopold Sédar Senghor, ?qui s?est illustré dans la défense des cultures francophones du Sud. L?horizon de Senghor est celui de l?universel et pas celui d?arpents territoriaux identitaires.?

Fred Constant n?a pas manqué de rappeler que le 21 octobre 2005, l?Unesco a adopté la Convention sur la protection et la promotion de la diversité des expressions culturelles. Un document dont le but est de renforcer la notion que la diversité culturelle est l?héritage commun de l?humanité.

<B>Senghor n?est pas mort</B>

Son nom est immanquablement associé à la négritude. Mais qu?est-ce donc cette notion ? Justement, il s?agit de ne pas l?enfermer dans les limites d?un ?mot-concept? (terme forgé par cet autre chantre de la négritude qu?est Aimé Césaire). Ensemble des valeurs culturelles et spirituelles des Noirs ; prise de conscience de l?appartenance à cette culture spécifique, la négritude est pour Senghor un combat.

Celui issu du frottement des cultures, dans son sens le plus constructif. Il y a deux Léopold Sédar Senghor. Celui né à Joal au Sénégal en 1906. Son enfance inondée d?amour maternel est rythmée par les traditions rurales et animistes. L?autre Senghor, c?est l?élève des pères Spiritains.

Et se forge un nouveau corps.

Le Senghor que nous connaissons. Celui qui sera de tous les combats pour ?vaincre le mépris pour la culture africaine et en réhabiliter les spécificités.? Le tout exprimé dans une langue où sonne le respect : le français.

C?est à Paris, ?capitale de la diaspora noire? que Senghor entreprend ses études supérieures en 1928. C?est en terre française que naît la ?négritude? et sa dynamique emmenée par Léopold Sédar Senghor, Aimé Césaire et Léon-Gontran Damas. Du phénomène, la ?négritude? deviendra un mouvement culturel et politique.

En 1935, Senghor est le premier Africain reçu à l?agrégation de grammaire. Il se fait enseignant. Son engagement politique le mène dans les rangs du parti socialiste, ce qu?il ne dissocie pas de sa foi chrétienne.

Mobilisé en 1939, Senghor est fait prisonnier en 1940, passe deux années en captivité. Temps de réflexion, dont le fruit est que ?les grandes civilisations sont «métisses» et qu?il existe une poésie spécifiquement négro-africaine.?

En 1945, naissance de l?homme politique. Appelé par le leader socialiste sénégalais Lamine Gueye, Senghor est élu député du Sénégal. La même année paraît son premier recueil de poèmes, ?Chants d?ombre?.

Dès lors, Senghor ne cessera de porter une double casquette, celle de poète et d?homme politique.

Parlementaire français de 1945 à 1960, il crée son propre parti. Après l?éclatement de la Fédération du Mali, Senghor est élu le 5 septembre 1960, premier président de la République du Sénégal. Réélu quatre fois, il se démettra volontairement de ses fonctions fin 1980.

Il instaurera les valeurs de la république française au sommet de l?Etat sénégalais, cherchant une ?voie africaine du socialisme?, s?employant à faire du Sénégal une ?Grèce noire.? Pour Senghor, ?la culture prime sur toute idéologie politique parce qu?elle seule porte les valeurs de l?humanisme intégral.? Léopold Sédar Senghor aura à c?ur la ?civilisation de l?universel?, celle qui rejoint les idéaux de la francophonie.

<B>Francophonie, festival de sensibilités</B>

Des activités échelonnées de mars à octobre. Tel est le programme proposé pour célébrer la francophonie sur le plan local.

<B>Mars : </B>

? Aujourd?hui débute l?exposition Senghor au Mauritius Institute. Des panneaux conçus par l?Organisation internationale de la francophonie pour retracer la vie et l??uvre du poète-chef d?Etat.

Rendez-vous ensuite, à 17 h 15 au centre Culturel Charles Baudelaire (CCB) pour une table ronde avec trois auteurs mauriciens : Carl de Souza, Alain Gordon Gentil et Sedley Assone et la plume réunionnaise Axel Gauvin. Ils diront leurs sentiments sur ?Ecrire dans l?océan Indien à l?heure de la mondialisation.?

? Demain, Mario Canonge, pianiste martiniquais à la palette jazz, zouk et salsa, sera en concert au conservatoire François Mitterand à Quatre-Bornes. A son répertoire brillent des noms tels que Dee Bridge water, Ralph Tamar, Jocelyn Beroard de Kassav ou encore Nicole Croisille. Chez nous, le musicien sera accompagné de Horacio ?El Negro? Hernandez à la batterie et Etienne Mbappé à la basse. Prix des places : Rs 200.

? Vendredi, trois rendez-vous. D?abord, de 9 h 30 à 15 heures, le groupe de recherche francophone de l?université de Maurice (dont le responsable est le chargé de cours Arnaud Carpooran) organise une table ronde. Thème discuté par les participants : Tradition orale et pratiques populaires en espace francophone. Parmi eux, les chargés de cour et Emmanuel Richon, conseiller culturel au ministère du Tourisme.

En soirée : Soirée Zistoir, au siège de l?Alliance française (AF) à Bell-Village avec la gouaille de Fanfan et ses fables peuplées d?animaux, au comportement étrangement humains. A ses côtés, le rythme typique mais pas typé de Michel Legris et Cyril Ramdoo. Et celui, rodriguais, du conteur Rosange André.

L?exposition Sirandanes accrochée aux murs de la salle polyvalente de l?AF ouvrira ses portes à la même occasion. Elle sera visible jusqu?au 7 avril.

Le dernier jour du mois, vendredi 31 mars sera consacré à la ?Nuit de la pub francophone?, au CCB à partir de 19 heures.

<B>Avril : </B>

? Mercredi 5 : concert de Mathieu Boogaerts, artiste de la nouvelle chanson française, inspiré de sources aussi diverses que Bob Marley, Alain Souchon, Michel Fugain et Dick Annegarn. Rendez-vous au conservatoire François Mitterand à 20 heures. Prix des places : Rs 200.

? Visite attendue de Jean-Marie Le Clézio, dans le cadre de la proclamation des résultats du Prix Jean Fanchette.

? Concert d?Ousmane Touré, ex-chanteur du groupe Touré Kounda.

<B>Mai : </B>

? Pierrette Dupoyet, une habituée des planches locales est annoncée avec une adaptation de ?Le Petit Prince?.

<B>Juin : </B>

Ananda Devi est annoncée pour un double événement. D?abord la présentation de son dernier roman, Eve de ses décombres, ainsi que pour l?adaptation au cinéma de sa nouvelle, La Cathédrale. Un film réalisé par Harrikrishna Anenden.

? Maurane, la différente est aussi attendue chez nous.

Le début du mois consacré à un colloque portant sur L?appropriation du français et pédagogie convergente dans l?océan Indien. Evénement organisé par le réseau d?Observation du français et des langues nationales de l?Agence universitaire de la francophonie et l?université de Maurice.

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