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France : Dominique Strauss-Kahn en garde à vue dans l''affaire lilloise

20 février 2012, 20:00

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France : Dominique Strauss-Kahn en garde à vue dans l''affaire lilloise

Dominique Strauss-Kahn a été placé en garde à vue mardi dans une affaire de proxénétisme. L''''ancien patron du Fonds monétaire international est arrivé ce mardi matin  dans une caserne de gendarmerie de Lille à bord d''une voiture, sans faire de déclaration.

La police judiciaire peut le garder jusqu''à 48 heures. L''interrogatoire peut déboucher sur une présentation à des juges d''instruction, dit-on de sources proches du dossier. L''enquête porte sur un réseau de prostitution organisé autour de l''hôtel Carlton de Lille, dont Dominique Strauss-Kahn aurait bénéficié en 2010 et 2011 en France et aux Etats-Unis.

"Recel d''abus de biens sociaux"

Il est susceptible d''être poursuivi non comme client de prostituées - ce qui est légal en France - mais pour "recel d''abus de biens sociaux", car les rémunérations des jeunes femmes ont été assurées par deux amis entrepreneurs du Nord, qui les ont présentées à leurs sociétés sur notes de frais.

Huit personnes sont poursuivies dans ce dossier de Lille, parti d''une affaire de proxénétisme en Belgique où un Français, Dominique Alderweireld, surnommé "Dodo la saumure" a été arrêté. Proche de Dominique Strauss-Kahn, le commissaire divisionnaire lillois Jean-Christophe Lagarde, poursuivi pour proxénétisme aggravé en bande organisée et recel d''abus de biens sociaux, est soupçonné d''avoir organisé des déplacements de prostituées à Paris et aux Etats-Unis pour Dominique Strauss-Kahn en 2010 et au printemps 2011, quand il dirigeait le FMI.

David Roquet, employé d''une filiale du groupe de BTP Eiffage et un autre ami de Dominique Strauss-Kahn, Fabrice Paszkowski, gérant d''une société de matériel médical et militant PS, sont aussi mis en examen et ont été écroués plusieurs mois comme organisateurs de ces rencontres, dont ils ont pris en charge les frais.

Cette audition pourrait troubler la campagne présidentielle, dont Dominique Strauss-Kahn, ancien ministre de l''Economie (1997-1999) et directeur général du FMI (2007-2011) fut le favori avant son arrestation à New York en mai dernier pour une présumée agression sexuelle sur une femme de chambre. Il a bénéficié d''un abandon de poursuites en septembre.

Le rôle des services de renseignements français

Le Parti socialiste et son candidat, François Hollande, ont cependant pris leurs distances avec lui, notamment quand il a été à nouveau interrogé par la police à son retour à Paris sur la supposée agression sexuelle de la journaliste Tristane Banon en 2003. Le parquet de Paris a jugé les faits établis mais classé l''affaire sans suite pour cause de prescription.

La radio RTL croit savoir que Dominique Strauss-Kahn entend mettre en cause le rôle à ses yeux ambigu des services de renseignements français, qui auraient eu connaissance de cette enquête et l''auraient exploitée pour lui nuire.

Retiré de la vie publique, Dominique Strauss-Kahn a engagé des poursuites judiciaires contre plusieurs médias et contre Henri Guaino, conseiller spécial de Nicolas Sarkozy, qui avait estimé que le comportement prêté à "DSK" était à la frontière "entre délinquance et vie privée" et pénalement répréhensible.

L''interrogatoire de police intervient alors que le président Nicolas Sarkozy vient de se déclarer candidat et doit se déplacer à Lille jeudi, échéance théorique de l''interrogatoire de Dominique Strauss-Kahn.

(Photo : Le véhicule de Dominique Strauss-Kahn assailli par les médias à son arrivée à Lille). 

(Source : Reuters)

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