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France : 14 à la suite !

19 février 2004, 20:00

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L?équipe de France n?est pas un laboratoire, rappelle Jacques Santini à chaque fois qu?il le peut. Difficile pourtant d?imaginer qu?il aligne la même équipe un jour de match décisif, même si le résultat de sa première rencontre de l?année, une victoire sans bavure en Belgique, 2-0, l?encouragera peut-être dans la voie d?une audace plus importante.

Au coup d?envoi, il y avait quatre défenseurs centraux de métier derrière, avec Silvestre et Gallas sur les côtés, zéro sélection à la pointe de l?attaque avec le duo Saha-Luyindula, et Govou à un poste de milieu droit qu?il revendique. Ainsi montée, la machine a mis du temps à se mettre en route mais, malgré une série de remplacements au contenu parfois osé, a fait parler sa supériorité collective sans vraiment trembler.

<B>Equipe inédite</B>

Après avoir petitement débuté, la soirée fut débloquée par Govou, l?un des tricolores qui jouait le plus gros sur un flanc fréquenté par Wiltord, Giuly et Pires. Ce n?est pas le moindre de ses paradoxes, le Lyonnais ayant été jusqu?ici le moins performant du carré offensif. Mais Govou, alors qu?un 0-0 hivernal se profilait sous le faux rythme, a assommé la Belgique juste avant la mi-temps, en reprenant violemment un ballon amené près du but par une tentative du duo Luyindula-Saha. Le sort du match était plié.

Sans Henry, Trezeguet et Pires en première période, ni latéral spécialiste, cette équipe fut cependant loin du niveau atteint en 2003 contre l?Allemagne, 3-0, ou la Slovénie, 2-0. En soi, ce n?est pas une surprise, ça a le mérite de donner du relief à la priorité rabâchée par le sélectionneur à quatre mois de l?Euro : il faudra aller au Portugal avec les meilleurs, et dans le meilleur état de santé possible, faute de revoir les ambitions à la baisse. Car si les choix défensifs ont apporté une présence impitoyable dans les duels, Silvestre et Gallas n?ont pas montré la même assurance, notamment dans la relance, avec seulement une moitié de terrain dans l?oeil. Devant, il aura surtout fallu la fraîcheur de Zidane et l?aisance de Luyindula dans les petits espaces pour inquiéter la Belgique.

<B>Pas besoin d?Anelka</B>

Jusqu?au deuxième but, inscrit à la 76e minute, la France s?est contentée de dominer son sujet sans jamais se sentir à l?abri, contre une nation moyenne du football européen, non qualifiée pour l?Euro et en pleine reconstruction. Une technique individuelle un cran au-dessus et un engagement sans arrière-pensée ont épargné aux Bleus une désillusion de type République tchèque (0-2, il y a un an), parfaitement envisageable après les premières minutes, marquées par des offrandes de Dacourt et Thuram dans leur moitié de terrain. Pilotée par un Desailly impitoyable, et qu?on devine fort satisfait d?avoir remis les pendules à l?heure, la défense a ensuite donné plus de gages, permettant au revenant Vieira de manoeuvrer comme à l?accoutumée, à Zidane de distribuer et de régaler, et aux attaquants, malgré toute leur jeunesse, de conclure. Les Bleus n?ont pas encaissé de but, pour la septième fois consécutive.

Encore plus expérimentale, la dernière demi-heure a vu la France évoluer en 4-1-3-2 avec le seul Makelele à la récupération pendant que Rothen rejoignait Pires et Zidane à la baguette. Choix curieux alors que la Belgique pressait ? gentiment ? mais choix récompensé par le deuxième but. Marlet, de son côté, rejoignait Saha à la pointe de l?attaque, comme au bon vieux temps où Fulham découvrait la Premier League. La physionomie du match n?en a pas été bouleversée, même si la Belgique s?est alors procuré ses meilleures occasions du match, face à un onze tricolore le pied moins ferme sur le champignon.

Luyindula est sorti tôt, mais sûrement avec l?impression d?en avoir montré beaucoup. Saha vingt-trois minutes plus tard, après avoir converti sans trembler un service de Zidane à un quart-d?heure de la fin. De cette soirée finalement prévisible, Santini conservera le sentiment gratifiant d?avoir fait des expériences qui auront confirmé le bel équilibre d?un groupe concentré. Se dégage aussi ? mais c?est sans doute un hasard ? l?impression que la voie qui pourrait mener à un retour d?Anelka s?est encore rétrécie avec l?entrée réussie de deux nouveaux.

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