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Frédéric Mitterrand nommé directeur de la Villa Médicis

9 juin 2008, 00:00

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Ce sera donc Frédéric Mitterrand. Nicolas Sarkozy, a choisi, mercredi 4 juin, «sur proposition de la ministre de la culture, Christine Albanel», l'écrivain, cinéaste et homme de télévision pour diriger la Villa Médicis.

Frédéric Mitterrand, 60 ans, a été préféré aux deux autres candidats proposés le 28 mai par la commission chargée de présélectionner les postulants à ce poste prestigieux : Sylvain Bellanger, conservateur en chef du patrimoine, et Olivier Poivre d'Arvor, directeur de l'agence CulturesFrance.

Cette procédure inhabituelle avait été lancée à la suite de l'annonce, fin mars, de la nomination du conseiller de Nicolas Sarkozy, Georges-Marc Benamou. Une partie du monde artistique s'était élevée contre cette décision, jugée purement complaisante et indigne de la prestigieuse Académie de France à Rome. Une commission de dix personnalités avait été nommée. Trente-cinq candidatures avaient été reçues. Onze avaient été retenues pour présenter des projets.

Avec Frédéric Mitterrand, Nicolas Sarkozy choisit un proche. Le neveu de François Mitterrand avait encore récemment accompagné le chef de l'Etat lors de sa visite officielle en Tunisie. Interrogé par l'AFP, il a toutefois estimé avoir été «jugé sur (son) travail».

Cette nomination ne devrait en tout cas pas provoquer une nouvelle controverse. L'homme ne manque ni de personnalité, ni d'épaisseur. Comédien éphémère, puis professeur d'histoire, cet amoureux de littérature, de cinéma et de musique a réalisé plusieurs films et documentaires dont Lettres d'amour en Somalie et Madame Butterfly, et publié essais et romans.

Mais c'est surtout l'aventure de la télévision qu'il a accompagnée, souvent avec tumulte, pendant vingt-cinq ans. Depuis «Etoiles et toiles», en 1981, sur la première chaîne, jusqu'aux «Amants du siècle», il a multiplié les émissions, souvent consacrées à la culture. Farouchement hostile à la privatisation de la Une, il avait rejoint le service public en 1988, ce qui ne l'empêchait pas de critiquer régulièrement sa maison. De septembre 2003 à juin 2005, il avait occupé le poste de directeur général délégué chargé des programmes, avant une fois encore, de prendre ses distances.

C'est aussi dans la chronique des têtes couronnées et de la vie des grands de ce monde que Frédéric Mitterrand a acquis sa célébrité. Une connaissance qui ne devrait pas lui être inutile. De la noblesse romaine à la hiérarchie catholique, en passant par les artistes, la villa accueille nombre de personnalités. «Un rêve d'adolescence», a-t-il résumé.

© Le Monde

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