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Forteresse de solitude?

14 août 2006, 00:00

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Dans un peu plus d?une heure, c?est la finale du 200 mètres. Il est 13 h 15. Sur la pelouse d?échauffement, Stéphan Buckland entame la mise en place de la course sous le regard de son coach, Hervé Stéphan.

Quelques mots échangés, et Stéphan Buckland entre dans une forteresse de solitude, songeant certainement uniquement à sa course. Il entame son échauffement, alors que Fabrice Coiffic est, lui, déjà en plein dedans.

A l?autre bout de la pelouse, se trouve le Nigérian Uchenna Emedolu, faisant ses gammes. Avec la superficie de la pelouse, on peut facilement s?éviter?

Toutefois, une fois sur la piste d?échauffement, il est impossible d?éviter de croiser les adversaires, lors des sorties. On se croise, certes, mais les regards s?évitent. Chacun prépare sa course, chacun revit sa course à sa façon? On se concentre, on se motive.

Stéphan Buckland, lui, reste sous l?influence de sa musique, rigide, concentré, sans que rien ne semble le perturber.

Après l?exécution d?une série de gammes, il enfile ses pointes et s?attaque à ses sorties? Là, petit à petit, la machine prend de la puissance. À l?opposé de la piste, Uchenna Emedolu fait de même, les hommes se croisent à plusieurs reprises, mais rien? même pas un regard, même pas un signe de la main. C?est loin d?être un manque de respect ou de la rivalité, on est déjà dans la course.

Chez les Sud-Africains Sherwin Vries et Julius Leigh, l?ambiance est plus décontractée. On discute, on reste ensemble. Et puis, c?est la chambre d?appel, le couloir de la mort, passage obligatoire avant de se rendre sur la piste.

Drôle d?idée que de placer une cérémonie protocolaire à, à peine, quelques minutes du départ du 200 mètres? A l?autre bout du stade, les finalistes du 200 mètres attendent, évitent de croiser les regards, on s?impatiente, on veut en finir avec cette finale. La pression monte à mesure que les secondes s?égrènent. Tels des fauves en cage, les huit hommes font des va-et-vient incessants sur la piste.

Dans les gradins, c?est une ambiance de folie qui règne, le quadricolore est présent partout, et les tap-tap résonnent dans tout le stade. Enfin, le public est au rendez-vous, et Stéphan Buckland tout comme Fabrice Coiffic, ressentent cette présence du public.

Et puis, à quelques secondes du départ, alors que les athlètes sont sous les ordres du starter, c?est le calme plat. En effet, un silence de mort envahit tout le stade Germain-Comarmond et le coup de pistolet retentit, et ce silence est vite rattrapé par un brouhaha pas possible. Vingt secondes et des poussières plus tard, c?est déjà fini?

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