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Flamboyant à surveiller à Grande-Rivière-Nord-Ouest

6 mars 2004, 20:00

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Un vieil homme en haillons crache à même le sol dans la salle 15 de l?hôpital Jeetoo. Son voisin assis sur le lit, au numéro 17, fait semblant de ne pas s?en apercevoir. Il regarde le plafond, scrute le visage des visiteurs qui vont et viennent. Voilà 24 heures qu?il est cloîtré dans cet établissement. Jubraz Kassee, 43 ans, en a plus que marre. Blessé par une branche de flamboyant qui s?est écrasée sur son camion, il regarde les bandages de sa main gauche, sourit tristement et se dit qu?il l?a échappé belle.

Jeudi après-midi, au volant de son camion, il quitte Belle-Etoile pour Crève-C?ur lorsque, arrivé à hauteur du garage Bala, à Grande-Rivière-Nord-Ouest (GRNO), un agent de la circulation le somme de s?arrêter au passage clouté. Bon gré, mal gré, il prend son mal en patience pour laisser traverser les piétons quand soudain une énorme branche de flamboyant qui longe la route s?abat dans un fracas sur son caisson et sa cabine. Jubraz embraye et tente de se défaire de l?encombrant objet. Peine perdue : la branche glisse vers l?avant, défonce le pare-brise, traverse le tableau de bord et lui fracture la main gauche. Cette dernière est une plaie ouverte lorsqu?il est transporté d?urgence à l?hôpital.

« Mo feck fini faire répare mo camion. Mo grate cabine ek caisse à blanc. Sa ine pran trois mois et ine coute mwa ene tas l?argent, sane coup là mone coumance travaye dépi éne semaine et guet malheur couma traverse mo la route », se lamente le chauffeur. Mais heureusement, comme l?observe un policier du poste des Line Barracks, ce n?est pas sur un motocycliste que la branche s?est écrasée. Si tel avait été le cas, il y aurait certainement eu au moins un mort. Mais Jubraz, lui, peste contre la police. Il déplore qu?elle n?ait rien fait quelques heures après l?accident pour déplacer sa Bedford. « Ils m?ont appelé à plusieurs reprises à l?hôpital alors que j?avais la main en charpie. Qu?est-ce que je pouvais bien faire ? J?ai dû parlementer avec les policiers du poste de l?hôpital. Par la suite, j?ai contacté un neveu à Montagne-Longue afin qu?il fasse le nécessaire », s?insurge-t-il.

Pour l?instant, avec les vents violents qui balayent l?île, il serait bon que les autorités tentent de s?assurer que des accidents similaires ne se reproduisent pas. Les arbres de GRNO sont constamment frôlés par des poids lourds et des autobus : il était prévisible qu?une branche tombe sur la tête de quelqu?un?

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