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Finale du 10 000 mètres masculin

4 septembre 2003, 20:00

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On n?arrive toujours pas à y croire ! C?est trop beau ! La finale du 10 000 mètres a été, sans conteste, LA course de cette deuxième journée d?athlétisme. Une victoire ô combien symbolique pour Menon Ramsamy qui vient d?un coup enterrer le mythe malgache. Jamais, avant lui, un Mauricien ne s?était imposé sur cette distance, longtemps restée une exclusivité malgache?

Une course de folie où seule l?intelligence de Menon Ramsamy a fait la différence. Il n?était, sans doute, pas le plus costaud physiquement, mais il était, sans conteste, le plus intelligent.

?Il fallait que, dès le départ de la course, je m?impose psychologiquement. Que je montre à mes adversaires que j?étais là !?, explique Menon Ramsamy.

Caler juste derrière Prosper Randriasoaloza, le super favori de la course, alors que Haja Ramananjatovo a très vite été lâché, Menon Ramsamy ? qui courait avec des training ? a effectué une course d?attente.

?Dans ma tête, je voulais tenir jusqu?à 150 mètres de l?arrivée pour lancer mon sprint. Toutefois, je ne savais pas si je réussirais à rester en contact avec Prosper durant les 9 850 premiers mètres de la course. C?était un risque à prendre?, dévoile Menon Ramsamy.

Et c?est à 120 mètres de l?arrivée, alors que Prosper Randriasoaloza avait entamé son sprint à environ 300 mètres de l?arrivée, que Menon Ramsamy qui est resté dans la foulée du Malgache, met le clignotant et déborde le leader de la course qui explose littéralement.

Dans cette ultime ligne droite, Menon Ramsamy jette un coup d?oeil dans le rétroviseur et sait que la victoire sera sienne. Les bras levés vers le ciel, le regard tourné vers le public, un visage marqué par une rage et une détermination à toute épreuve Menon Ramsamy s?offre le titre suprême en demi-fond. Le maître était Mauricien hier sur la piste du stade de Bambous, c?était Menon Ramsamy.

Dans le camp des demi-fondeurs, c?est l?euphorie. Coup de téléphone, Khemraj Reedoye qui sera en compétition demain sur le 3 000m steeple, fonce vers la zone mixte pour féliciter Menon. Il n?en revient pas, et sur la piste Menon Ramsamy est encore en transe? Est-ce un rêve ?

?Je n?en reviens pas ! Rien n?était en ma faveur avant cette finale, cette blessure au mollet me faisait toujours souffrir. J?avais peur que mon mollet ne tienne pas cette course. Mais c?est le soutien de ce fabuleux public qui m?a permis de terminer cette course, malgré la douleur physique intense que je ressentais à cause de ma blessure?, avoue-t-il.

Le mollet droit en compote. Des semaines à se contenter d?un entraînement léger à cause d?une vilaine blessure qui persiste depuis son stage en France. Le doute, la perte de confiance en soi, la douleur physique et ajouter à cela deux redoutables adversaires en la personne des Malgaches Prosper Randriasoaloza et Haja Ramananjatovo, vainqueur des Jeux de 1998 sur cette même distance.

Bref, Menon Ramsamy a couru cette course dans les pires conditions possibles. Avant le départ, dans sa tête c?était le flou total. Trop d?interrogations !

Mais, il a su trouver les ressources pour faire abstraction de tout cela.

?Cette victoire me fait énormément plaisir, car le demi-fond mauricien souvent critiqué se fait une place dans ces Jeux. Je la dédie à ma mère qui est actuellement hospitalisé, à tout ceux qui ont toujours cru en moi, à mon coach Jean-Claude Tour et à mon sponsor Total?, conclut-il.

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