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Fin des quotas textile : le pays veut s?ajuster

1 octobre 2004, 20:00

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L?abolition des quotas sur le textile-habillement en janvier 2005 est inévitable même si certains avaient souhaité prolonger le système pour trois années encore. Dans la conjoncture, Maurice et plusieurs autres petits pays producteurs de textile réclament des moyens financiers pour s?ajuster au démantèlement de l?Accord multifibre et restructurer leur industrie textile en conséquence.

Telle est la principale proposition que formule Maurice dans un document à l?Organisation mondiale du commerce (OMC) dans le cadre d?une importante réunion sur les implications de l?abolition des quotas qui s?est tenue hier à Genève. Maurice a été rejointe par la République dominicaine, les îles Fidji, Madagascar, le Sri Lanka et l?Ouganda, les autres signataires du document.

Le Council on Trade in Goods (CTG) de l?OMC s?est effectivement réuni hier pour débattre de la question du textile. Le ministre des Affaires étrangères et du Commerce international, Jayen Cuttaree, avait réclamé une réunion spéciale sur le textile. A la suite de l?objection de l?Inde et de la Chine, au lieu d?une réunion spéciale, il avait été agréé que le CTG se penchera spécifiquement sur le dossier du textile à sa prochaine réunion ? celle d?hier.

Dans le papier soumis au CTG, Maurice et les autres signataires rappellent que l?accord sur le textile s?était donné dix ans pour mettre une fin ordonnée et graduelle au système de quotas. L?objectif : intégrer le textile et les pays en développement dans le système multilatéral. Or dix années plus tard, le constat est mitigé. Les études démontrent que l?abolition des quotas crée des gagnants et des perdants.

POUR UNE TRANSITION EN DOUCEUR

En général, il a été établi que l?abolition des quotas provoquera 27 millions de perte d?emplois à travers le monde, en majorité des femmes. Cela engendrera des problèmes sociaux et de la pauvreté. Car outre la contribution directe du textile-habillement dans les économies des pays concernés, ce secteur a également un effet multiplicateur important. L?industrie textile est un gros client pour la banque, le transport, l?assurance et la logistique. Sa disparition dans une économie entraînerait des conséquences dramatiques.

Globalement, on estime que les pays en développement bénéficient de l?abolition des quotas, toutefois il est clair que les difficultés des petites économies vulnérables comme Maurice sont déjà très sérieuses. Le papier soumis fait ressortir que jusqu?ici les études faites se sont appesanties sur les effets globaux de l?abolition des quotas. Ce qui a occulté les difficultés des petites économies vulnérables qui ont en effet tout à perdre sur les plans économique et social.

Leur part de marché a diminué drastiquement au profit d?une poignée de bénéficiaires. Si cette tendance se poursuit, l?objectif de Doha, celui d?assurer une plus grande part aux pays en développement et aux pays pauvres dans la croissance du commerce mondial, ne sera alors que des mots creux.

Aussi, il est urgent de prendre des mesures pour permettre aux pays qui sont les plus grands perdants de s?ajuster et assurer une transition en douceur. Dans ces pays, l?industrie textile devra se restructurer. Mais le manque de moyens et de capacités constitue un sérieux obstacle.

Des solutions globales auront à être trouvées. C?est fort de ce constat que Maurice et les autres pays signataires de la soumission au CTG réclament une étude du secrétariat de l?OMC pour déterminer les problèmes et les coûts financiers liés aux ajustements nécessaires pour survivre à l?abolition des quotas. Le CTG devrait ensuite élaborer un programme de travail.

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