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Fin d?année : les dépenses font craindre l?inflation
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Fin d?année : les dépenses font craindre l?inflation
Le pays termine l?année avec une prévision de l?inflation à 9 %. Les consommations de fin d?année vont-elles encore faire déraper les prix ? Les avis des observateurs sont partagés sur les conséquences du shopping de Noël et de fin d?année.
Décembre, mois de festivités, de fêtes et d?achats à gogo. Les risques de dépenses exagérées de la part du consommateur ne peuvent être sous-estimés. Un accroissement de la demande fait augmenter la vitesse des prix et provoque l?inflation.
Mais il n?y a pas que le climat des fêtes qui peut favoriser les excès. Le 13e mois accordé aux salariés en décembre donne à ces derniers des moyens additionnels pour se payer des largesses. Le bonus de fin d?année vient injecter de la liquidité supplémentaire dans le circuit, soit une condition qui est potentiellement inflationniste.
?Les consommateurs se retrouvent avec un pouvoir d?achat inhabituel avec le 13e mois. Ajouté à cela il y a un mood de festivités. Il y a la pression sociale pour fêter et pour dépenser. Certaines personnes risquent de ne pas agir avec perspicacité dans leurs dépenses. Des fournisseurs pourraient profiter de cette situation pour augmenter les prix?, met en garde l?économiste Pierre Dinan.
Un appel à la prudence et à la vigilance tout en respectant les traditions mauriciennes de partage, de solidarité et de célébration. Le consommateur qui a beaucoup souffert de l?érosion de son pouvoir d?achat au cours de l?année doit se montrer plus perspicace.
Mais il importe aussi de relativiser le shopping de fin d?année comparativement à l?instabilité des prix. La consommation de décembre n?est pas le facteur principal des poussées inflationnistes. Des analystes soutiennent qu?il n?est pas toujours approprié de brandir l?épouvantail de l?inflation pour décourager les ménages à consommer en décembre.
?Je constate d?abord qu?il n?y a pas de frénésie dans les achats cette année-ci, comparée à décembre 2005. Les gens sont beaucoup plus prudents en cette fin d?année. Ils craignent des hausses importantes de prix à partir de janvier. Certains politiciens très en vue alimentent cette anticipation. Il n?y a pas de risque d?inflation si les gens n?achètent pas les produits dont les prix ont augmenté?, comment Eric Ng, directeur du cabinet Pluriconseil.
Les conditions de surenchère des prix sont largement atténuées par les effets de la concurrence ainsi que par certaines pratiques commerciales, tel l?achat à tempérament.
?Si l?offre suit la demande des consommateurs, il n?y a pas de risques d?inflation. Il y a aussi beaucoup d?achats à crédit en ce moment. Le crédit ne crée pas d?inflation?, affirme un analyste. ?Les achats de fin d?année ont une incidence très temporaire. Si l?on fait repartir l?excès de la consommation de décembre sur l?ensemble de l?année, le résultat n?est pas très significatif.?
Pour cet analyste, la compétition dans beaucoup de cas notamment l?ameublement et l?électroménager ne se joue pas sur les prix, mais sur les facilités de paiement qu?offrent les magasins. Plus la période de remboursement est longue, plus cela attire les clients. Le facteur de prix est relégué au deuxième, voire au troisième rang des considérations.
Décembre, c?est aussi la période des grandes promotions et des baisses de prix. Il y a donc un mouvement déflationniste. Même si c?est la grande saison du shopping durant la fin de l?année. Mais le comportement d?achat du consommateur mauricien a aussi beaucoup évolué ces dernières années. Ils n?attendent pas forcément la Noël et le nouvel an pour acheter des produits de luxe. Ils le font tout au long de l?année.
Selon Eric Ng, ce n?est pas le quatrième trimestre qui a vu la plus vive progression de la consommation privée. En 2005, le plus fort taux de croissance réelle de la consommation des ménages a été enregistré au premier trimestre (8 %) ; en 2004, au deuxième trimestre (9,2 %) ; en 2003, au troisième trimestre (7,2 %) ; en 2002, au deuxième trimestre. ?Quand la demande augmente en raison de la baisse des prix, elle stimule une croissance non inflationniste?, indique le directeur de Pluriconseil. Celui-ci avance même qu?il faut encourager cette consommation non inflationniste pour le bénéfice des commerçants et des industries manufacturières locales.
Les Mauriciens ne doivent pas compromettre sur la rigueur face au déferlement des offres promotionnelles, soutient le camp de la ?prudence?. ?Ce n?est pas parce qu?un produit est en promotion qu?il est nécessaire pour le consommateur. Celui-ci doit toujours faire appel à sa perspicacité dans ces situations?, insiste Pierre Dinan.
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