Publicité

Faux amis, vrais pervers

13 juin 2006, 00:00

Par

Partager cet article

Facebook X WhatsApp

lexpress.mu | Toute l'actualité de l'île Maurice en temps réel.

Pour avoir été sous l?emprise d?un abuseur se cachant sous les traits de l?ami modèle, Dylan (prénom fictif), maintenant âgé d?une trentaine d?années, a gâché ses relations familiales et ses chances d?avoir une situation professionnelle de choix. S?il témoigne aujourd?hui, c?est pour mettre en garde les adolescents contre ces amis censés leur vouloir du bien mais qui sont, en fait, la perversité personnifiée.

Au moment des faits, Dylan a 17 ans. Issu d?une cellule familiale disloquée, il a beaucoup de mal à assimiler les matières scolaires. Ce qui cause des frictions répétées entre lui et sa famille. Cette incapacité à retenir les cours ? provenant d?une dyslexie alors insoupçonnée ? l?amène à changer fréquemment d?établissements scolaires. Ce qui le perturbe davantage. Il fait souvent l?école buissonnière. Les rapports familiaux s?en trouvent envenimés. Le dialogue entre les siens et lui devient inexistant.

Dylan n?a personne à qui se confier. C?est à ce moment crucial que surgit dans sa vie un homme d?une dizaine d?années son aîné, connu et respecté dans son milieu professionnel. Ils sympathisent. Un copain le met en garde contre l?homme en question qui serait ?trop collant?. Mais Dylan ne parvient pas à déchiffrer le sens de ces mots. Il est surtout flatté de l?attention que cet homme lui porte. ?J?étais ébahi qu?une personne aussi réputée dans son milieu professionnel puisse s?intéresser à ma petite personne.?

L?ami plus que parfait

Cet homme commence par lui faire découvrir son milieu professionnel, passe le chercher au quotidien après l?école, l?emmène déjeuner, le ramène chez lui, lui téléphone sans cesse, le couvre de cadeaux. ?Dans ma famille, on me donnait l?essentiel mais il y avait des limites. Cet homme était la solution à tous mes problèmes, la clé de ma liberté. Avec lui, je n?avais pas de soucis d?argent car il m?en donnait régulièrement sans jamais le réclamer. Si j?avais besoin de sortir et ce, quelle que soit l?heure du jour ou de la nuit, il était disponible pour me véhiculer. Il me payait mes loisirs, m?achetait des CD originaux, des vêtements etc. C?était l?ami plus que parfait qui vous accepte tel que vous êtes. J?étais obnubilé par lui. Bien vite, il est devenu le centre de ma vie.?

Lorsque Dylan lui parle de ses difficultés scolaires et bien qu?il sache que le mineur s?est déjà acquitté de ses frais d?examens du secondaire, il l?encourage à abandonner l?école. En contre-partie, il lui propose un emploi rétribué avec lui. Il n?en faut pas plus à Dylan, qui ne voit pas plus loin que le bout de son nez, pour tout abandonner.

La situation familiale de Dylan atteignant un point de non-retour, l?ami encourage ce dernier à emménager chez lui. Là, il contrôle l?emploi du temps du garçon. Les rares moments que Dylan passe loin de lui sont vérifiés à travers des appels téléphoniques incessants. ?Cela dépassait la dépendance. Il était devenu mon papa, ma maman, mon tout. Je me sentais redevable envers lui pour tout.?

La prochaine étape vient comme une culmination des choses. L?homme visionne des films à caractère pornographique et insiste pour que Dylan et lui rejouent les scènes visionnées. ?Ce n?est pas une question d?homosexualité mais d?amour sans limites. A ce stade là, on ne se pose plus de questions. On est complètement dans son univers et on trouve cela normal.? Dylan précise qu?il n?y a pas eu de relation sexuelle mais ?énormément d?à-côtés?.

Les problèmes surgissent quand Dylan se sent attiré par les filles. L?homme en question devient méfiant, épie ses faits et gestes, le questionne sur ce qu?il fait avec les filles qu?il fréquente. Il lui téléphone toutes les demi-heures et lui mène la vie dure. Dylan est tellement sous son emprise qu?il songe à mener une double vie. Jusqu?à ce que la fille avec qui il sort à l?époque et à qui il avoue tout lui demande de choisir. Il finit par trancher en sa faveur. De l?homme des griffes desquelles il a échappé, il reçoit des menaces. ?Il m?a menacé de faire du mal à ma copine et même de briser mon avenir. J?ai fait fi de tout cela.?

Dylan avoue avoir dû redoubler d?efforts pour reconstruire des relations avec les siens. Il a certes un emploi correct aujourd?hui mais il est conscient qu?il aurait pu aspirer à mieux s?il avait ses certificats de fin d?études. ?Il m?a barré la route à tout ce qui aurait pu faire de moi une personne stable.?

Dylan demande aux adolescents à problème de se méfier de ces personnes, a priori bien intentionnées, qui cachent leur ?noirceur d?âme? sous le masque de l?ami parfait. ?Il faut se méfier, comme de la peste, de ces personnes qui se disent votre ami et qui progressivement prennent le contrôle absolu de votre vie. En réalité, ce sont des pervers??

Publicité