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Faut-il repousser l’âge de la retraite ?
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Faut-il repousser l’âge de la retraite ?
Oui
Subhas Purgus partenaire au cabinet d’experts-comptables KPMG
Pourquoi faut-il allonger l’âge de la retraite ?
Cette mesure allégera la pression que le vieillissement exerce sur le plan de pension. D’autres facteurs contribuent à exacerber cette situation : les départs précoces à la retraite qui nécessitent le versement d’une pension réduite, le nombre croissant de jeunes qui étudient plus longtemps, le nombre grandissant de retraités qui dépendent des actifs.
L’âge moyen pour un jeune qui commence à travailler a augmenté. Si cette situation persiste, les générations futures ne percevront pas de pension. En maintenant un employé âgé à son poste pendant cinq années supplémentaires, ce dernier pourra contribuer plutôt que de dépendre du plan de pension.
Mais cela ne risque pas de créer plus de problèmes ?
Non, car un employé qui a passé de nombreuses années à un poste possède une expérience professionnelle. Il est dans l’intérêt d’un employeur de maintenir ce salarié en poste si, au moment de partir à la retraite, il peut contribuer à l’amélioration de la productivité. C’est sans aucun doute une des raisons qui explique l’embauche des retraités par le secteur privé ou le gouvernement.
L’allongement de l’âge de la retraite a des répercussions sur l’emploi. Les jeu-nes risquent d’attendre plus longtemps avant d’être embauchés. Le budget 2006-2007 propose des mesures d’accompagnement pour absorber les répercussions d’un report de l’âge de la retraite.
Cette mesure ne pourrait-elle pas être optionnelle ?
C’est peut-être trop tôt pour envisager une telle possibilité. À Maurice, l’âge normal de la retraite est de 60 ans.
Les départs anticipés sont courants. Ce phénomène pèse lourd sur notre plan de pension. Dans des pays comme le Royaume-Uni, l’Allemagne et les États-Unis, l’âge du départ à la retraite est de 65 ans. Le report de l’âge du départ à la retraite semble être l’approche adoptée par de nombreux pays. L’augmentation des charges sociales de même qu’une formule de retraite flexible entre 62 et 65 ans peuvent être envisagées. Cependant, l’allongement de l’espérance de vie fera toujours pression sur notre plan de pension.
NON
Rashid Imrith président de la « Government General Services’ Union »
Pourquoi l’âge de la retraite ne devrait-il pas être allongé de cinq ans ?
Notre régime de pension est confronté à trois grands défis : la détermination de l’âge de départ à la retraite, la pression que le poids du nombre croissant de personnes inactives exercera sur le Plan national de pension, et la détermination de l’âge auquel le régime de pension de vieillesse devrait prendre effet. La solution à ces trois défis ne réside pas dans le maintien des salariés âgés en poste au de-là de l’âge légal de la retraite. Il faut dissocier ces trois facteurs.
Le véritable problème se situe au niveau de la gestion d’un fonds de pension dont la cotisation sera de plus en plus assurée par un nombre décroissant d’actifs. La solution serait de revoir notre système de cotisation. La majorité de salariés a prévu une cessation de leurs activités professionnelles à 60 ans. En allongeant l’âge de la retraite, l’État va unilatéralement retenir cinq ans durant, les primes de pension auxquelles les salariés ont droit. C’est une grosse injustice. L’emploi de personnes âgées comporte de nombreux obstacles dont celui d’un niveau de productivité décroissant dû à une déficience physique.
L’espérance de vie accrue que notre pays a enregistrée ne justifie-t-elle pas cette mesure ?
Si c’est le principe qui devrait justifier l’allongement de l’âge de départ à la retraite, d’autres solutions sont envisageables. Il y a la possibilité d’introduire un régime de retraite flexible et optionnel, disons entre 60 et 65 ans. La formule de Banque d’infirmiers ou de médecins, naguère utilisée par le ministère de la Santé, est une autre option. C’est un réservoir constitué de personnes qui ont déjà pris leur retraite et qui se mettent au service du ministère selon les besoins. Il doit y avoir une formule souple qui tienne à la fois compte des aptitudes des personnes âgées à travailler, de l’impact de leur maintien en poste sur le taux du chômage et enfin des avantages comparatifs de leur maintien en poste et de leur remplacement par des jeunes.
Quelle va être votre stratégie ?
La même qui a prévalu lors de notre lutte pour l’exemption des lump sums de l’impôt, à savoir la recherche du dialogue.
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