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Faut-il mettre fin aux soins gratuits pour éviter la faillite dans la Santé ?
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Faut-il mettre fin aux soins gratuits pour éviter la faillite dans la Santé ?
Les soins gratuits sont en train de ruiner la santé publique. Le système actuel de financement à travers la fiscalité exclusivement n?est pas durable. Face au vieillissement de la population et à la hausse continue du coût de la médecine, le budget de l?Etat montre des signes de faiblesse. Il faut vite trouver des solutions de financement alternatives pour éviter la faillite. Un plan d?assurance santé nationale et l?introduction des soins payants (minimaux) sont des sources de revenus potentielles pour remettre le système à flot.
Pourtant, la réforme du financement de la santé ne semble pas être une priorité des autorités sanitaires nationales. «Le ministère de la Santé passe plus de temps à gérer les problèmes du quotidien et ne s?est pas suffisamment engagé dans des réflexions stratégiques. J?espère que l?introduction du programme-based budgeting va le forcer à entreprendre des réflexions stratégiques et engager des réformes», soutient une aile pro-réforme de l?Hôtel du gouvernement.
Le débat sur le financement de la santé publique remet sur le tapis le principe de la gratuité universelle. «Le gouvernement ne peut pas soutenir le fardeau à lui seul et offrir la gratuité même à ceux qui peuvent payer. Il faut sortir de la gratuité universelle. L?Etat doit payer pour ceux qui n?ont vraiment pas les moyens de se faire soigner», analyse Pierre Dinan, économiste.
Augmenter les taxes n?est pas une option. «Nous avons fait le choix d?une fiscalité légère pour attirer les investisseurs. Nous ne pouvons pas augmenter les taxes parce que les dépenses augmentent», soutient notre interlocuteur au gouvernement.
Comment donc partager ce fardeau financier qui ne cesse de s?alourdir ? Les usagers vont devoir passer à la caisse s?ils souhaitent continuer à recevoir un service convenable à l?hôpital public. D?abord, il faut appliquer une politique de gestion de la demande. «Il faut commencer par introduire un système de services payants à l?hôpital et dans les centres de santé régionaux. Même s?il s?agit d?une somme modique, cela découragerait les gens à venir à l?hôpital pour des problèmes mineurs. Cette formule permettra de décongestionner les hôpitaux tout en offrant une meilleure prestation aux patients qui ont vraiment besoin d?un traitement», suggère Eric Ng, économiste et directeur du cabinet PluriConseil.
La deuxième étape sera la mise en place d?une assurance santé nationale à laquelle les gens seront appelés à cotiser. De manière générale, cette contribution est prélevée (en partie ou entièrement) sur les salaires des employés comme c?est le cas pour le Fonds de pension national.
Les gens sont plus vulnérables aux maladies ? et consomment plus de soins de santé - lorsqu?ils sont vieux. Le vieillissement de la population signifie que l?Etat va devoir débourser plus d?argent pour subvenir aux besoins d?une santé publique qui dépend uniquement de la fiscalité. Une assurance santé nationale permettra aux Mauriciens de prendre en charge une partie de ces dépenses futures en cotisant lorsqu?ils sont encore en activité.
«La croissance économique est au rendez-vous. Les gens auront plus de revenus. Une contribution à un plan d?assurance est plus soutenable que compter sur l?Etat pour financer entièrement le coût de la santé publique», affirme une source du gouvernement.
Plusieurs formules de contribution sont possibles. Les salariés et les employeurs peuvent se partager la cotisation. L?assurance peut aussi couvrir les soins de santé privée, moyennant une prime plus élevée.
En tout cas, il faudra lier la couverture au système de services payants. Eric Ng suggère un mécanisme de pointage. Les contributions donnent droit à des points qui pourront être échangés à l?hôpital selon la complexité du traitement requis. Il s?agit aussi d?une façon de responsabiliser les utilisateurs. L?on ne se rendra pas à l?hôpital pour une blessure mineure, même si on est couvert par une assurance.
Cela donnera à l?Etat la possibilité de mieux agencer son budget. Il pourra déployer plus de ressources au renouvellement et à la maintenance des équipements ainsi qu?à l?achat des médicaments et des accessoires médicaux.
D?autre part, puisque les hôpitaux et les centres de santé régionaux seront décongestionnés avec l?application du user-fee, les patients pourront s?attendre à un meilleur traitement.
La possibilité d?introduire une assurance médicale nationale et des prestations payantes avaient déjà été évoquées sous le gouvernement précédent. Toutefois, l?idée n?a pas eu de suite.
Les dépenses de l?Etat en matière de santé se chiffrent à Rs 4,7 milliards sur un budget total de Rs 60 milliards. Les autres gros postes de dépenses sont le service de la dette (Rs 12 milliards), l?éducation (Rs 7,8 milliards) et la sécurité sociale (Rs 12 milliards).
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