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Faut-il fermer la Development Works Corporation ?
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Faut-il fermer la Development Works Corporation ?
<B>Oui
Jocelyn Purseramen directeur de Mary Jo & Co Ltd, entreprise de construction</B>
Pourquoi faut-il fermer la DWC ?
Une organisation qui n?est ni compétitive ni profitable dans un secteur où de telles performances sont indispensables n?a plus sa raison d?être.
Une restructuration ne serait-elle pas plus appropriée ?
Il existe des risques qu?une restructuration crée les conditions qui favorisent le retour à la formule dont on voudrait se débarrasser. Une privatisation serait plus appropriée.
À quoi attribuez-vous les difficultés de la DWC ?
Les difficultés de la DWC ne sont pas étrangères à son statut d?organisme para-étatique. Elle a été créée pour les personnes frappées par le chômage. Il n?est pas déraisonnable d?imaginer que ceux à qui un emploi a été offert se considèrent comme des fonctionnaires à qui un salaire est garanti, indépendamment de leur productivité. Cette mentalité n?est pas compatible avec les objectifs d?une entreprise évoluant dans un environnement compétitif. On peut penser que le statut de la DWC a une influence directe sur la liberté d?action de ses gestionnaires. Une telle situation ne leur permettra pas de prendre les décisions douloureuses mais indispensables à la survie d?une organisation.
Vu les circonstances qui ont nécessité sa création, n?est-il pas normal que l?État accorde son aide à la DWC ?
Ce lien avec le gouvernement a plutôt fait le malheur de la DWC. Au fil du temps, elle a perdu beaucoup d?employés qualifiés qui ont été mutés dans différents ministères et départements. Ces personnes auraient touché le double de ce qu?ils gagnent dans le secteur privé. Une réduction des subventions du gouvernement n?a pas été compensée par des apports financiers générés par la DWC. Et parmi les débiteurs de la DWC, il y a des ministères et des départements d?État. Et comme la DWC est endettée et n?arrive pas à décrocher la quantité de contrats qui lui sont indispensables, elle doit survivre sans l?aide de l?État. Il y a de fortes chances qu?une privatisation planifiée aboutisse à une transformation totale. Il n?est pas difficile de trouver une formule acceptable pour le redéploiement de la main-d??uvre actuelle dans le respect total de ses droits.
Non
Deepak Benydin
Président de la Fédération des syndicats des corps constitués (FSCC)
Pourquoi la DWC ne doit-elle pas être fermée ?
S?il s?agissait d?une entreprise privée, ce réquisitoire contre son droit d?exister aurait été justifié. La DWC est la réponse du gouvernement de l?époque au chômage. À une allocation, il avait préféré la création d?un organisme. Cette approche est encore valable. Une situation semblable à celle des années 70, avec un taux de chômage élevé, se profile. Ce serait une erreur si après avoir fermé la DWC, on découvre qu?il aurait fallu la réinventer.
Est-il acceptable de maintenir en vie une entreprise qui doit son existence à un filet de protection de l?État ?
Bien sûr que non. Mais la DWC ne doit pas être considérée comme une entreprise privée dont la survie dépend de se rentabilité. Elle a une mission so-ciale. L?application de données purement, sans en mesurer les effets sur les gens peut avoir des conséquences graves. Le gouvernement doit donc aider la DWC.
En quoi peut-elle être encore utile ?
Si la DWC se trouve dans une situation difficile maintenant, il ne faut surtout pas en vouloir aux employés. C?est peut-être l?absence d?une réflexion approfondie sur le rôle de la DWC dans un monde en profonde mutation qui est responsable. Si une telle démarche avait été entreprise, on aurait eu recours à du sang neuf, à un partenariat avec l?IVTB pour la formation théorique d?ouvriers spécialisés dont le pays a besoin. La DWC aurait pu entreprendre des con-trats pour certains projets spécifiques de l?État et des autorités locales tels que la construction de bâtiments, l?aménagement de routes secondaires et de terrains de foot. On aurait pu trouver une formule d?encadrement et de suivi des opérations, ce qui aurait permis à la DWC d?être efficiente, de couvrir ses frais et d?assurer son autosuffisance financière. Par exemple, les syndics éprouvent beaucoup de difficultés à assurer la maintenance des appartements de la NHDC. Voilà un domaine où une DWC redynamisée pourrait être très utile.
Une intervention ne risque-t-elle pas d?embarrasser l?État ?
Pas si elle s?insère dans le souci d?assurer un équilibre entre une formule de développement fondée sur les capitaux et une autre qui favorise l?emploi.
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