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Faut-il accorder le droit syndical aux policiers ?
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Faut-il accorder le droit syndical aux policiers ?
OUI
José Iyanasee Policier en préretraite
Pourquoi le droit syndical devrait-il être accordé aux policiers ?
Il leur aurait permis d?engager des négociations directes avec le gouvernement, leur employeur. Il y aurait eu moins d?ingérence dans l?exercice de leur autorité. Ce syndicat aurait défendu l?intérêt des policiers face à l?arbitraire. Il aurait contribué à rendre la police plus efficiente.
Le droit de se syndiquer devrait-il inclure également le droit de grève ?
L?octroi du droit de se syndiquer ne devrait pas être assorti du droit de déclencher une grève.
De quoi parleront les policiers si ce droit leur est accordé ?
Nous serons en mesure de négocier directement les barèmes de nos salaires et nos conditions de travail.
Cette négociation directe n?existe-t-elle pas déjà dans le cadre des consultations avec le Pay Research Bureau ?
Nous exposons, au même titre que les autres catégories de fonctionnaires, nos griefs et faisons des suggestions au PRB. Contrairement aux autres fonctionnaires, nous ne pouvons pas négocier nos salaires et nos conditions de travail. C?est ce que nous réclamons.
Quelle a été votre réaction lorsque vous avez appris que le droit syndical ne serait pas accordé à la police ?
J?étais déçu. Ce sont vingt années de rêve qui partent en fumée.
Le moment n?est-il pas mal choisi pour accorder le droit syndical à un secteur aussi sensible que la police ?
Un cadre très précis pourrait être conçu afin que l?exercice de ce droit n?entre pas en conflit avec le devoir de la police de maintenir l?ordre et la paix. Je dois saluer Radhakrishna Sadien, le président du Mauritius Trade Unions Council, qui a été toujours constant dans sa défense des droits et de l?intérêt de la police. Il est le seul à réclamer le droit syndical aux policiers.
Si d?autres dirigeants syndicaux en avaient fait autant, cela aurait-il eu une incidence sur la position du gouvernement à ce sujet ?
Définitivement.
N?est-ce pas le fait que le droit de grève soit lié au droit syndical qui fait tiquer l?État ?
Il est possible que le mot syndicat ait contribué à renforcer la réticence de l?État dans la perspective de l?octroi du droit syndical. Puisqu?on ne revendique pas le droit de grève, cette réticence n?a pas sa raison d?être.
Que se passe-t-il si une négociation n?aboutit pas ?
La police est un corps disciplinaire. En toutes circonstances, c?est la discipline qui doit primer. On pourra trouver une formule pour relancer le processus de négociation. Cependant, il ne sera pas question de manifester ou de débrayer en cas de dead-lock.
NON
Roger Lebon Ex-numéro 1 du Central Criminal Investigation Department
Pourquoi le droit syndical ne devrait-il pas être accordé aux policiers ?
La police est un service essentiel. Elle assure la sécurité intérieure du pays. La question de l?octroi du droit syndical ne devrait même pas être posée.
Pourquoi ce qui est autorisé à d?autres fonctionnaires, ne l?est pas pour les policiers ?
La spécificité de la fonction du policier lui confère une responsabilité différente de celle des autres fonctionnaires. Une perversion du mode de fonctionnement de cette fonction peut avoir des conséquences irréparables pour la stabilité et la sécurité du pays. Dans l?absolu, un policier est en fonction 24 heures sur 24.
Que se passe-t-il lorsque les policiers sont confrontés à un problème de relations industrielles ?
La fédération de la police créée aux termes du Police Act de 1974 est une structure qui répond à la spécificité du service de police. Elle ne s?occupe pas uniquement du bien-être de la police mais peut également transmettre au ministre de l?Intérieur, les doléances des policiers en passant par le Commissaire de police.
Le fait que d?autres pays autorisent les policiers à se syndiquer, ne devrait-il pas vous assurer que l?on peut en faire autant à Maurice ?
Permettre aux policiers de notre pays de se syndiquer, c?est comme si on jouait avec le feu.
La formule du droit syndical sans droit de grève ne permet-elle de prévenir tout risque de débordement ?
Les policiers sont des humains. La ligne de démarcation entre le droit syndical et le droit de grève est si mince, qu?il ne faut pas prendre pour acquis que des policiers syndiqués ne la franchiront pas.
Quel serait l?impact sur la société au cas où le droit syndical serait accordé ?
Son application créera un désordre indescriptible. En cas de manifestation, il est peu probable que les policiers syndiqués puissent éviter la récupération de leur action par des éléments étrangers.
Un policier qui revendique ce droit est-il moins policier qu?un autre ?
Aucun policier ne peut invoquer l?ignorance des articles du Police Act de 1974 concernant l?interdiction de s?engager dans un mouvement syndical ou autre ayant pour objectif de contrôler et d?influencer la politique salariale, les pensions et les conditions de service. Il y est clairement stipulé que quiconque viole ces articles, sont est passible de poursuite judiciaire. C?est une des contraintes attachées à la profession. Un policier, qui la trouve incompatible, doit sérieusement envisager de changer de métier.
Le moment n?est-il pas venu pour revoir un texte de loi qui a trente ans ?
Je suis convaincu que les articles concernant l?interdiction de s?engager dans le mouvement syndical ne doivent pas être changés.
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