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Faiseurs de miracle
?There?s only one Steven Gerrard.? On en convient. West Ham et ses valeureux supporters le maudiront longtemps celui-là. Le capitaine des Reds a encore une fois été monstrueux samedi en finale de la FA Cup, menant son équipe à bout de bras et marquant deux buts fantastiques (égalisant à 2-2 puis à 3-3).
Avec lui, les exploits les plus fous deviennent subitement réalisables. L?exceptionnel devient la norme. Avec Thierry Henry, il est sans rival en Angleterre et au top de sa carrière. Son missile de près de 30 mètres à la 90e minute est entrée dans la légende de la Cup. On en reparlera pendant plusieurs décennies.
Et dire qu?il ne restait que 40 secondes avant que l?ultime lueur d?espoir qui animait les fans de Liverpool ne s?éteigne? Que ça faisait aussi 47 ans qu?un club mené 2-0 en finale de Cup n?avait pas inversé le score pour s?imposer dans une finale (depuis qu?Everton ait battu Sheffield Wednesday 3-2 en 1966)?
Mais c?était mal connaître le fighting spirit ?made in Liverpool? et cette fâcheuse habitude à jouer avec l?histoire et contrecarrer les scénarii qui leur sont défavorables en finale ! Souvenez-vous, le doublé de Michael Owen face à Arsenal en finale de Cup 2001 (2-1) en fin de match ou encore le retour fantastique contre Milan, l?an dernier en finale de la Ligue des champions, après avoir été mené 3-0 à la pause.
D?Istanbul à Cardiff, on retrouve les mêmes facteurs. Une équipe dos au mur qui accumule les bourdes défensives. Un homme touché par la grâce qui joue les messies : Gerrard. Un gardien de but insolent de réussite. Jerzy Dudek en 2005, Claudio Reina cette année.
L?ancien portier de Villareal, qui avait accumulé 30 ?clean sheets? avec les Merseysiders cette saison au cours du championnat (et battu le record du club de Ray Clemence), a été méconnaissable durant la partie jusqu?à la fin des prolongations, lorsqu?il sauve les siens sur une claquette après une action chaude signée Benayoun et Reo-Coker. Une action similaire au sauvetage miraculeux de Dudek face à Shevchenko, un an plus tôt au stade Ataturk?
C?est ce même Reina qui va stopper trois penalties et offrir la Cup à Liverpool. Ce septième succès de l?histoire est, ainsi, la deuxième d?affilée à se terminer aux tirs au but après la victoire d?Arsenal contre Manchester Utd l?an dernier.
?C?était la plus grande finale de toutes? clamait, hier, le Sunday Express, alors que la presse anglaise a, unanimement, qualifié cette finale de fantastique. Les 71 140 spectateurs du Millenium ne diront pas le contraire, eux qui ont passé une soirée magique à chanter trois heures durant. Si les fans des Hammers pleurent à chaudes larmes à la fin, le football anglais sort grandi de cette partie épique.
Alan Pardew, dans le rôle du perdant magnifique a souligné que c?était un grand match que les deux équipes méritaient de gagner, alors que Rafael Benitez estime que son équipe a beaucoup progressé et doit maintenant pouvoir disputer la course au titre à armes égales, tout en espérant que ce match servira de référence pour l?an prochain : ?rien n?est impossible, on peut toujours gagner si on le veut??
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