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F.A. René : Les relations bilatérales avant la COI
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F.A. René : Les relations bilatérales avant la COI
France Albert René, en visite à Maurice, visite écourtée d?ailleurs de deux heures afin de permettre à son avion personnel d?atterrir à Mahé avant le coucher du soleil, se déclare convaincu qu?à l?avenir les relations interîles, dans le sud-ouest de l?océan Indien, passeront à travers une Commission de l?océan Indien à créer, en espérant qu?elle pourra matérialiser et concrétiser toutes les promesses initiales, dont ses pères fondateurs la veulent porteuse, surtout en matière de rapprochement entre les différents peuples insulaires concernés.
L?accouchement de cette COI prendra un certain temps mais France Albert René veut battre le fer quand il est chaud et surtout ne pas perdre l?élan créé par sa brève visite à Maurice, à la mi-juillet 1982. En attendant donc que la Coi soit portée sur les fonts baptismaux et fasse ses premiers pas, il insiste pour privilégier les contacts bilatéraux immédiats entre les Seychelles et Maurice. Il propose donc que Mahé comme Port Louis nomment chacun des responsables chargés d?inventorier les immédiates possibilités de coopération entre les deux îles. (Il serait intéressant de vérifier si Port Louis s?empresse de nommer ce responsable. Et si oui, quel bilan peut-on faire de ses activités ?).
France Albert René donne quelques exemples d?incongruité dans le manque de relations fraternelles et cordiales entre deux îles, ayant en partage pratiquement le même créole. Quand les dalons seychellois et mauriciens veulent communiquer par téléphone, ils doivent passer par Londres. En matière de promotion touristique, des préposés s?évertuent à convaincre leurs clients que l?une de ces îles l?emporte et de beaucoup sur l?autre ou l?inverse. Il aurait été tellement plus simple de partager la même campagne promotionnelle, en invitant les touristes à visiter les deux destinations. Y a-t-il aussi vraiment besoin que les Seychelles et Maurice entretiennent, à grands frais, dans des capitales étrangères, chacune une ambassade alors qu?une chancellerie commune pourrait tout aussi bien défendre leurs intérêts ? Autre aberration : les Seychelles et Maurice ont-elles besoin de deux fabriques de clous alors qu?une seule peut très bien faire l?affaire ?
Les Seychelles et Maurice doivent éviter de gaspiller temps, ressources humaines et financières, à concevoir, à mettre sur pied et à assurer le bon fonctionnement d?organismes similaires. Il donne, en exemple, les institutions de formation agricole de Maurice et le centre de formation à la pêche en haute mer des Seychelles. Le bon sens veut que les Seychellois en quête de formation agricole se rendent à Maurice et les Mauriciens à la recherche de formation pélagique l?obtiennent aux Seychelles. D?autres avenues de coopération existent entre les deux îles, notamment en matière d?investissement. Seychelles et Maurice ont intérêt à privilégier la mise sur pied d?entreprises à risques partagés (joint venture). Cela suppose, bien sûr, une libre circulation de fonds entre les deux pays.
France Albert René se déclare favorable à un plan de développement commun aux différentes îles de l?océan Indien. Cela ne se fera pas du jour au lendemain. Il faut cependant tendre vers cet objectif. Et tout de suite de préférence.
La visite du président France Albert René des Seychelles s?achève donc sur la promesse d?une prochaine réunion des ministres des Affaires étrangères de l?océan Indien. Au cours de cette visite, il y a la signature de plusieurs accords de coopération bilatérale entre les Seychelles et Maurice. Celle-ci se fera dans le respect absolu de la souveraineté nationale des deux pays. Il a été notamment question du banc de pêche de Saya de Malla et de la souveraineté de ces deux pays sur cette zone riche en ressources pélagiques. Il est de même question de la surveillance de la zone économique de 200 milles.
Vingt-cinq ans après, il convient de noter que les relations interîles sont loin de s?être améliorées dans le sud-ouest de l?océan Indien. Il ne s?agit nullement de faire le procès de qui que ce soit en tant que responsable de cet état de choses. A coup sûr, les torts doivent se partager entre les différentes îles. L?heure a peut-être sonné de nous interroger sur l?avenir que nous voulons donner aux relations interîles dans l?océan Indien.
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