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Extraits du carnet de Ravee Chunurmun
?SSMT. uttered the following words to me : Chunurmun ou fine deja mange aloe vera, mo pou faire to la vie vine kumsa. Mo pu faire guard marse lor ou ledos.? Ces mots, inscrits soigneusement dans le carnet de Ravee Chunurmun, en date du 8 novembre à 15 h 32, entendent témoigner des harcèlements dont aurait été victime ce jeune officier de 22 ans de la Special Mobile Force (SMF).
Le policier y évoque, outre ses tâches quotidiennes, les quolibets et les insultes qui auraient été proférés à son encontre par ses supérieurs hiérarchiques. C?est dans un des tiroirs du bureau de son fils que Meetrawtee Chunurmun a retrouvé ce carnet. Elle l?a remis aux enquêteurs du Central Criminal Investigation Department (C CID) vendredi.
Ce carnet, nous explique t-elle d?une voix cassée, ne quittait jamais son fils. ?Il le gardait toujours dans sa poche ou alors dans son sac de travail.? Il y consignait tout ce qui concernait son emploi du temps au travail, mais aussi ses occupations pendant ses jours de congé.
Ravee Chunurmun a mis fin à ses jours dans la soirée du 23 février, en avalant des antidépresseurs. Sa mère l?a retrouvé dans son lit le lendemain matin. Quand nous lui demandons pourquoi avoir attendu pratiquement un mois avant de remettre ce carnet à la police, Meetrawtee explique ne l?avoir découvert que très récemment. ?Au lendemain de sa mort, beaucoup de proches sont venus m?aider à organiser les obsèques. Comme son corps avait été retrouvé dans sa chambre, il a fallu y mettre de l?ordre?, explique-t-elle en sanglotant.
C?est ce jour là, poursuit-elle, que le carnet, qui se trouvait probablement sur le lit ou sur le bureau de Ravee, a été déplacé. En jetant un coup d??il aux affaires de ce dernier elle tombe par hasard sur ce document qui avait été rangé dans un tiroir.
Son fils, se souvient-elle, lui parlait souvent de ce ?précieux? carnet qu?il qualifiait de ?très important?. Il lui disait notamment : ?To cone ma, ena gran gran points ladan.? Meetrawtee affirme qu?elle lui a alors demandé de s?expliquer. Ce à quoi il a répondu : ?Twa pa necessair pou to cone. Si enn zour arriv enn kitsoz, to donn li enn la main ki koncerne.?
Consciente de l?importance de ce document, Meetrawtee n?hésite pas et décide de le remettre à la police. Une enquête est en cours.
Dans sa lettre d?adieu, écrite juste avant sa mort, Ravee explique que son uniforme et ses équipements de travail, qui se trouvaient dans son casier, avaient été volés. Il avait noté ce vol en reprenant le travail le 11 janvier, après deux semaines de congé de maladie. A cette date justement, est inscrit dans le carnet : ?Requested Sgt G. to insert a DB entry concerning lost of equipment but he refused to do so saying : Mo gagne ou tracas moi ??
Les harcèlements ainsi que les insultes à son encontre auraient fini par rendre Ravee dépressif. Il avait peu après, sur les conseils de ses supérieurs, accepté de suivre un traitement à l?hôpital Brown Séquard. Certains d?entre eux faire de son état de santé un sujet de moquerie.
Ravee écrit en date du 17 février, à 7 h 40 : ?SSM T. uttered the following words whilst being in the staircases: Ene fou dans bureau, lot lala sick. Bizin guette ministre b? f? zot m?? Ces accumulations de quolibets et d?insultes ?humiliantes?, laissent entendre les proches de la victime, auraient eu raison de Ravee. ?Zot finn byen bwar disan mo zanfan?, lâche Meetrawtee tout en réclamant que les ?tortionnaires? de son fils répondent de leurs actes.
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