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Explosion mystérieuse en Corée du Nord
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Explosion mystérieuse en Corée du Nord
Une explosion de grande puissance a secoué jeudi une région de Corée du Nord proche de la frontière chinoise, mais Séoul et Washington jugeaient hier peu probable qu’un essai nucléaire en soit à l’origine malgré le nuage suspect repéré au-dessus de la zone.
Selon l’agence sud-coréenne Yonhap, l’explosion s’est produite dans le secteur de Kimhyungjik (province de Ryanggang), dans le nord-est du pays, et semble avoir été beaucoup plus importante que celle survenue en avril dans une gare, qui avait fait au moins 170 morts.
L’agence précise qu’un nuage en forme de champignon s’est formé après l’explosion sur quatre kilomètres, et un responsable sud-coréen a déclaré à Reuters qu’un satellite d’observation avait détecté un “nuage particulier” au-dessus de la Corée du Nord. Il a ajouté qu’il était trop tôt encore pour dire s’il a été provoqué par l’explosion d’une bombe.
Le ministre sud-coréen de l’Unification, Chung Dong-young, a minimisé l’hypothèse d’une déflagration nucléaire. Il a présidé hier une réunion du Conseil de la sécurité nationale.
D’après les données recueillies par la Nuclear Threat Initiative (NTI), un organisme privé luttant contre le risque de prolifération nucléaire, la zone de la déflagration abrite une base souterraine de missiles formée d’une dizaine de tunnels de stockage, de déploiement et de lancement.
NTI cite un défecteur nord-coréen selon lequel 12 tunnels de la base pourraient abriter 36 missiles. L’organisme précise que la construction de la base a été achevée ces dernières années.
Le New York Times écrit pour sa part dans son édition d’hier que l’administration Bush dispose de récents rapports du renseignement suggérant que Pyongyang s’apprêterait à procéder à son premier test de l’arme nucléaire.
Parmi les autres explications recensées par un diplomate occidental en poste à Séoul figure la thèse d’une explosion accidentelle lors de l’essai d’un propulseur de missiles.
“Cela s’est déjà produit en 2002, lorsque tout le pas de tir avait sauté”, rappelle ce diplomate, qui évoque également l’hypothèse d’une nouvelle catastrophe industrielle.
Les premières analyses des données fournies par le satellite d’observation suggèrent qu’une explosion s’est produite entre mercredi soir et hier matin. Mais des examens complémentaires seront nécessaires avant de pouvoir en déterminer l’origine.
Les USA sceptiques
A Washington on semblait sceptique quant à l’hypothèse d’une explosion nucléaire.
“Nous ne disposons d’aucune indication attestant qu’une telle chose s’est produite. Nous pensons que ces informations (NdlR, l’expérimentation de l’arme atomique) sont totalement infondées”, a déclaré un responsable du département américain d’Etat.
Hajime Izumi, un expert de la Corée du Nord à l’université de Shizuoka, a déclaré de son côté à la chaîne de télévision publique NHK qu’il ne s’agissait probablement pas d’un essai nucléaire. Il a estimé que Pyongyang ne voudrait vraisemblablement pas irriter la Chine peu avant l’arrivée d’une délégation chinoise de haut niveau.
Le dirigeant nord-coréen Kim Jong-il s’est en effet entretenu hier avec des hauts responsables chinois à Pyongyang, sa première rencontre avec des responsables étrangers depuis sa visite en Chine, en avril dernier, rapporte l’agence de presse nord-coréenne KCNA.
Les services météorologiques sud-coréens disent n’avoir détecté aucune secousse de type sismique, d’origine naturelle ou artificielle (comme dans le cas d’un essai nucléaire).
Un géophysicien américain du Centre d’études géophysiques de Golden (Colorado), John Bellini, a souligné que son organisation n’avait détecté aucune explosion suffisamment importante pour trahir une déflagration nucléaire.
“Si cela avait été une bombe nucléaire, elle aurait été détectée par le monde entier”, a-t-il dit.
La Chine, principale alliée de la Corée du Nord, n’a pas réagi dans l’immédiat.
Le 22 avril dernier, l’explosion de wagons transportant des produits pétroliers et chimiques en gare de Ryongchon avait fait 170 morts et quelque 1 300 blessés.
Les informations sur l’explosion interviennent au moment où la Corée du Sud, le Japon, la Chine, les Etats-Unis et la Russie tentent de persuader la Corée du Nord de revenir à la table de négociations pour discuter de ses objectifs nucléaires.
Pyongyang, qui a menacé de tester une arme atomique lors de pourparlers précédents, a exprimé des doutes quant à l’utilité de nouvelles négociations.
Kim MIYOUNG Paul ECKERT
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