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Exploit médical en Inde sur un bébé mauricien
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Exploit médical en Inde sur un bébé mauricien
Rentrés d?Inde depuis deux semaines, Marie et Roshan Gopeechand n?ont d?yeux que pour leur fils. Shivaram, âgé de deux mois et atteint d?une malformation cardiaque rare, a subi une opération très délicate. Il en est revenu.
Tout débute le 25 juin. Cette journée, qui devait être la plus belle de leur vie, leur réserve une bien triste nouvelle. Marie, 21 ans, est admise vers sept heures à l?hôpital de Rose-Belle pour accoucher de son premier enfant. Roshan, mécanicien de profession, est tout excité. ?On voulait fonder une famille et voilà que le jour était venu?, explique-t-il, la voix chevrotante. L?accouchement se passe sans encombre et la jeune mère met au monde un fils.
La joie sera toutefois de courte durée. ?Le médecin est venu nous voir dans l?après-midi et nous a annoncé que notre fils n?arrivait pas à respirer normalement?, se rappelle la jeune femme. Le petit est aussitôt placé sous respiration artificielle. Décision est prise de le transférer d?urgence à Candos. D?autres examens plus poussés s?avèrent nécessaires pour établir un diagnostic. Il est donc transféré au Cardiac Centre de l?hôpital du Nord pour d?autres examens. Le couperet tombe après seulement quelques jours. Une malformation cardiaque : les artères du c?ur du petit Shivaram ne se trouvent pas là où elles devraient normalement être.
Pour le couple, c?est le drame. ?J?étais effondrée. Je ne voulais pas croire que cela était arrivé à mon fils?, confie Marie. Les médecins, relate-t-elle, leur expliquent que la seule chance de survie pour le petit Shivaram est de le faire opérer au Manipal Heart Foundation de Bangalore. ?Nous n?avons pas hésité une seconde et avons entrepris les démarches auprès du gouvernement pour obtenir de l?aide.?Le départ est prévu une semaine plus tard.
Le voyage, explique le jeune couple, a été très éprouvant pour leur fils. ?Il n?allait vraiment pas l?air bien et nous avions peur qu?il lui arrive quelque chose en vol?, se rappelle Roshan. A peine sorti de l?avion, la petite famille embarque à bord d?un hélicoptère, dépêché par l?hôpital.
Le petit Shivaram est pris en charge par l?équipe soignante avant de subir une batterie de tests. Une nouvelle épreuve attend les Gopeechand : l?opération, trop délicate, ne peut se faire avant une semaine. ?Le docteur qui s?occupait de mon fils nous a expliqué qu?il était encore trop faible et qu?il fallait attendre.? Alors que Marie occupe une chambre à l?hôpital, Roshan prend une chambre dans un hôtel proche. Les journées suivantes sont éprouvantes. Un va-et-vient incessant entre le service de pédiatrie cardiaque et la chambre, les nuits blanches et l?incertitude.
Onze heures d?attente
Le jour de l?opération approche mais les médecins préviennent les parents que ce genre d?opération pour replacer les artères comporte de gros risques. L?histoire de la médecine compte très peu de réussites pour ces opérations très complexes. Les chances de survie restent faibles à cause des possibles complications postopératoires. ?Nous étions terrorisés mais il fallait aller jusqu?au bout?, lâche Marie.
Le jour de l?opération, le 17 août, restera dans leur mémoire comme l?un des moments les plus horribles de leur vie. ?Nous devions attendre, toujours attendre sans pouvoir faire quoi que ce soit pour aider notre fils?, fait ressortir le père du nourrisson. Assis dans la salle d?attente, le couple ne peut s?empêcher de fixer la porte du bloc opératoire. ?Nous nous attendions à voir sortir le chirurgien à chaque instant pour connaître l?issue de l?opération?, confie Marie. L?attente durera 11 interminables heures.
La porte s?ouvre enfin et laisse entrevoir un visage familier, celui du médecin. Ses mots sonnent comme une délivrance. Marie, soulagée, ne peut contenir sa joie et fond en larmes dans les bras de son époux. Le long calvaire est fini. Le petit Shivaram est placé en réanimation sous constante observation. Il faudra deux jours au nourrisson pour reprendre conscience et respirer tout seul.
De retour à Maurice, c?est toujours un va-et-vient incessant. Mais cette fois, il s?agit d?amis et de proches venus prendre des nouvelles du petit Shivaram. ?On ne dirait pas qu?il vient de subir une opération complexe. Il est joyeux et sourit tout le temps?, assure un proche. Toutefois, les premiers jours sont difficiles. ?Il ne semblait pas très à l?aise parce que sa cicatrice lui faisait encore mal. Mais maintenant ca va beaucoup mieux.?
Le petit Shivaram fait cependant l?objet d?un suivi médical pour s?assurer que tout se passe bien. Les moments de détresse ont fait place à un amour débordant et une tendresse émouvante. Le couple a des projets pleins la tête pour leur petit bout de chou, revenu de loin.
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