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Etat d?urgence économique : entre ?bom lor latet? et ?amateurisme?
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Etat d?urgence économique : entre ?bom lor latet? et ?amateurisme?
Le Premier ministre Paul Bérenger et le leader de l?opposition Navin Ramgoolam sont pour une fois d?accord : Maurice se trouve dans un état d?urgence économique.
Les différences tangibles commencent à se faire sentir sur le président de l?Independent Broadcasting Authority (IBA). Bérenger évoque l?absence de consensus autour de l?extension de son contrat, alors que Ramgoolam réitère son manque de confiance en Ashok Radhakissoon.
Au sujet de Grand-Baie cependant, les deux camps restent sur leur position. Accusations d?amateurisme d?une part et assurances teintées de lassitude d?autre part.
Le Premier ministre et le leader de l?opposition ont tous deux réunis la presse samedi pour donner leur appréciation de l?actualité.
Notre économie se porte mal. Et ce n?est pas de notre faute dit Bérenger. ?Ce sont des coups, des bombes, qui viennent de l?extérieur. Bom pe tom lor nou latet?, affirme un Premier ministre qui exhorte les Mauriciens à être solidaires puisque ?nou tou dan mem bato.?
Le leader de l?opposition est d?accord sur le principe, même s?il pense que tout est de la faute du gouvernement : ?Depuis septembre 2000, nous disions que tous les indicateurs viraient au rouge. Bérenger, comme toujours, ne voulait pas le reconnaître et aujourd?hui, il vient lui-même dire que l?économie est en miettes.?
Le Premier ministre dresse une liste d?éléments qui ont contribué à aggraver la situation économique du pays : l?augmentation des exportations du textile en provenance de la Chine et d?autre pays qui produisent à des coûts moindres que Maurice, la hausse du prix du pétrole avec d?éventuelles répercussions néfastes sur Air Mauritius et le tourisme, la fin de l?accord multifibre prévue pour l?année prochaine, le rapport Fischler.
Il en conclut que, puisque Maurice fait face à une concurrence internationale sans pitié, le gouvernement, le secteur privé, les syndicalistes et la population en général, doivent faire preuve de solidarité.
Mais, estime Paul Bérenger, ?le plus grave est derrière nous. 2003 ti pli move, 2004 moin move ek 2005 krisyal.? Il ajoute que si son gouvernement avait fait comme ?les travaillistes? et n?avait pas enclenché les réformes dans l?industrie sucrière, ?lindistri disik ti pou mor enn sel kou.?
Divergences
Navin Ramgoolam n?est pas du même avis. ?L?incapacité de Maurice à obtenir le Third Country Fabric démontre encore une fois l?amateurisme de ce gouvernement sur un dossier d?une telle importance pour notre textile (?) Ce gouvernement ne fait que participer à de grandes conférences mais en fin de compte, il n?y a pas de résultat positif.?
Le dossier de l?IBA également évoqué par les deux hommes est venu éclaircir une situation quelque peu confuse, du moins au niveau de la position du Premier ministre. Alors que des sources avaient fait état du mécontentement de Bérenger concernant Ashok Radhakissoon, le Premier ministre a démenti ces rumeurs. Il a expliqué qu?il avait donné son ?feu vert pour que Radhakissoon reste à la tête de l?IBA. Mais il n?y a pas eu consensus alors que le président (de la République) veut qu?il y ait consensus?. Puisque le président nomme le patron de l?IBA en consultation avec le Premier ministre et le leader de l?opposition, les propos de Bérenger peuvent sous-entendre qu?Ashok Radhakissoon part à cause de Ramgoolam.
Ce dernier confirme ces soupçons et ne cache pas ses sentiments envers le président de l?IBA. Il estime que Radhakissoon n?est pas ?aussi indépendant qu?il le prétend.?
L?explosion de Grand-Baie a une nouvelle fois été évoquée par le Premier ministre et le leader de l?opposition. Alors que Paul Bérenger invite la population à un peu de patience et de retenue, Ramgoolam dit détenir des informations stipulant que d?autres substances ont été détectées sur le site et que ?le gouvernement dit des faussetés?. Le Premier ministre s?est voulu modéré : ?Les deux rapports ? du Foreign Bureau of Investigation et du Forensic Science Laboratory ? sont contradictoires. Des experts sud-africains vont trancher.? Bérenger a tenu à expliquer que l?aide sud-africaine a été retenue parce que Maurice utilise souvent les services de ce pays pour des tests d?ADN.
Bérenger en a aussi profité pour faire un appel aux journalistes et éditorialistes pour qu?ils vérifient leurs informations avant de ?over react.? ?Defwa zot met bann zafer ent gime, zot bizin make sure it?s the correct word.? Le Premier ministre n?a pas non plus été tendre envers un hebdomadaire qu?il a traité de ?pseudo journal manipulé par le parti Travailliste et qui n?a aucune crédibilité.? Après cette sortie en règle il a cependant assuré que le gouvernement qui ?croit en la liberté d?expression, garantie par la Constitution, ne cherche en aucune façon de la remettre en question.?
Le Premier ministre a également évoqué sa rencontre avec le ministre de la Pêche, Sylvio Michel. ?Nous avons discuté d?homme à homme, puisque Sylvio est un ami de longue date. Pravind et moi-même souhaitons continuer à gouverner avec lui. Nous espérons que nous allons tomber d?accord.?
Le mot de la fin revient sans conteste à Navin Ramgoolam qui a souhaité que le Premier ministre s?occupe plus des priorités économiques au lieu ?de présider un comité pour célébrer la fête de Divali??
CONTRAT NON RENOUVELÉ DE RADHAKISSOON
Faits et effets
■ Les apparences sont parfois trompeuses. Comme l?a expliqué Paul Bérenger, ci-dessus, ce n?est pas lui qui est derrière la non-reconduction d?Ashok Radhakissoon au poste de président de l?IBA, mais le leader de l?opposition qui y aurait mis son veto.
En fait depuis l?année dernière, Ashok Radhakissoon avait commencé à négocier avec le gouvernement pour renouveler son mandat à l?IBA, qui devait expirer en avril dernier. En janvier 2004, une demande écrite officielle a été envoyé au Bureau du Premier ministre. Ashok Radhakissoon y proposait d?être reconduit en tant que président de l?Information & Communication Technologies Authority (ICTA) mais en faisant aussi provision pour une éventuelle nomination à la tête de l?IBA et à plein temps cette fois-ci.
Les discussions s?avérèrent positives entre le chef du gouvernement et Ashok Radhakissoon et parvinrent à un stade très avancé. Après plusieurs réunions tripartites entre Paul Bérenger, Ashok Radhakissoon et Pradeep Jeeha, ministre des Technologies d?information et de la télécommunication, les termes du nouveau contrat, à la tête des deux organismes et d?une durée de trois ans, furent presque conclus.
Mais comme stipulé par l??IBA Act?, la nomination du président de l?IBA nécessite un consensus entre le Premier ministre, le leader de l?opposition et le président de la République. Le mois dernier donc, la candidature d?Ashok Radhakissoon est envoyée par le Bureau du Premier ministre à la Présidence.
Surprise : le Président tombe sur le refus du leader de l?opposition concernant la nomination d?Ashok Radhakissoon à l?IBA. Depuis, les autorités sont en quête d?un nouveau candidat.
Entre-temps Ashok Radhakissoon a été bel et bien reconduit à l?ICTA pour une période de trois ans. Il occupe également le poste de président de la Postal Authority. A partir de ce jeudi, il assure aussi la présidence de la ?Telecommunication Regulators Association of Southern Africa?, qui regroupe les instances régulatrices des pays de la SADC.
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